[AFP] Le Festival d'automne à Paris, la belle saison de la création depuis 35 ans
|
|
Le Festival d'automne à Paris célèbre dès jeudi et jusqu'au 22 décembre ses 35 ans avec une cinquantaine de propositions formant une grande saison de la création contemporaine dans tous les domaines (arts plastiques, musique, théâtre, danse, performances, poésie et cinéma). Fondée en 1972 par Michel Guy -- secrétaire d'Etat à la Culture de 1974 à 1976 --, cette manifestation permet à une trentaine de grandes institutions en Ile-de-France (Louvre, Opéra, Odéon...) de lancer leurs saisons sous le signe de la nouveauté, par le jeu des coproductions ou coréalisations. Connu pour ses amours européennes (le compositeur français Pierre Boulez) et américaines (le metteur en scène et plasticien Bob Wilson), le Festival d'automne a choisi cette année de "témoigner de la richesse artistique du Moyen-Orient", selon son directeur général Alain Crombecque. Ainsi le cinéaste iranien Abbas Kiarostami, Palme d'or à Cannes en 1996 pour "Le goût de la cerise", présentera au Centre Pompidou (19-22 septembre) une installation vidéo-scénique sur le tazieh, seule forme de tragédie traditionnelle du monde musulman. Le poète palestinien Mahmoud Darwich sera fêté à la Maison de la poésie, notamment lors de deux soirées (4 et 5 octobre). Quant au jeune danseur et chorégraphe israélien Emanuel Gat, il donnera un spectacle en première française à la Maison des arts de Créteil (25 et 26 octobre). En dehors de sa thématique moyen-orientale, le festival ne sera pas inactif. La Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière recevra une oeuvre de l'artiste russe Alexandre Ponomarev, "Verticale Parallèle" (13 septembre-14 octobre). Le peintre allemand Anselm Kiefer sera lui l'invité du Louvre du 25 octobre au 7 décembre. Le musée fera encore l'événement en novembre (20, 22, 24) en créant une pièce chorégraphique de l'Américain Bill T. Jones, "Walking The Line", déambulation entre les "Esclaves" de Michel-Ange et l'escalier de la "Victoire de Samothrace". Parmi les grandes lignes de cette 36e édition, on relèvera aussi la création à l'Odéon-ateliers Berthier par Claude Régy d'une pièce du dramaturge norvégien Arne Lygre (27 septembre-10 novembre), un marivaudage du Suisse Luc Bondy aux Amandiers à Nanterre (10 novembre-28 décembre) et la présence de plusieurs compagnies de l'innovante scène flamande (Tim Etchells, tg STAN...), sans oublier les projets de chorégraphes comme Raimund Hogue ou Rachid Ouramdane. Plusieurs habitués de la manifestation seront à l'honneur, tels le vieux maître de la danse américaine Merce Cunningham (88 ans) au Théâtre de la Ville (4-8 décembre) ou l'iconoclaste homme de théâtre suisse Christoph Marthaler à Chaillot (4-6 octobre). Dans le domaine musical sont prévues notamment des exécutions d'oeuvres des compositeurs contemporains Morton Feldman, Helmut Lachenmann, Franco Donatoni, Jérôme Combier et Hugues Dufourt. Le Festival d'automne à Paris, doté d'un budget d'environ 3,5 millions d'euros, a enregistré quelque 140.000 entrées en 2006.
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance.
|