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Claire Diterzi
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La chanteuse Claire Diterzi investit pour la deuxième fois la Scène Nationale de Cavaillon. À l’automne dernier, elle y était en résidence pour préparer son spectacle. Son album “Tableau de chasse”, sorti en début d’année, est une traversée féerique au milieu d’œuvres d’art, repérées ici ou là dans les musées (de Rodin à Fragonard en passant par Allen Jones). Ce concert, très attendu, renouvelle le genre et ouvre la musique vers la vidéo où fusionne l’œuvre d’art avec l’univers loufoque et tourmenté de Claire Diterzi. Habillé en peau de vache (!), elle débarque sur scène, déterminée à en découdre, entourée de deux superbes choristes échappées d'un gospel, d’une bassiste au regard transperçant, d’une violoniste rêveuse et d’un batteur, icône d’une publicité de Jean-Paul Gaultier. Ensemble, ils forment un aréopage de féministes avec la ferme intention de moderniser un musée archéologique! Si les guitares sont brandies comme des phallus triomphants chez les hommes, elles sont ici des instruments portées comme des bijoux, à l’image d’une musique qui brille par son ingéniosité et ses sonorités inattendues.
Nous sommes dans une Scène Nationale et Claire Diterzi regrette l’apathie d'un public bien callé sur son fauteuil. Elle n’a peur de rien quand elle nous apostrophe à la limite de l’insulte. “Cavaillon, vous êtes mous!” dit-elle, droit dans les yeux.
Sauf votre respect Claire, je suis au théâtre…Et il me plaît de ne pas me trémousser devant vous. Bien au contraire. Je vous ressens comédienne chez Martial Di Fonzo Bo quand vous faîtes la “bimbo”, chanteuse et danseuse provocante chez Alain Buffard lorsque vous dansez lumineuse dans ce décor tout blanc, choriste bulgare quand vous le suppliez de pouvoir “garder le chien” après la rupture.
Claire, il me plaît de vous voir au Théâtre, dans votre décor en carton-pâte meublé de canapés Ikéa et d’une table restée trop longtemps au grenier. Car vous dépoussiérez tout sur votre passage même quand vous imitez la “vieille chanteuse” pour en faire la “Nouvelle Star” de M6! Je suis heureux d’être avec vous, dans ce théâtre, lieu du rassemblement où “la musique adoucit les mœurs”. Vous nous faites un bien fou quand vous titillez notre oreille avec cette voix dont on se demande si elle ne vient pas des profondeurs de notre imaginaire! Car je vous vois même en profiter, lors des “repas de famille”, pour monter sur la table et chanter les secrets enfouis sous des tonnes d’album photos jaunies.
Claire, gardez-vous d’investir les Zenith ou d’autres salles aux relents de tabac froid. Faîtes comme Barbara, chantez “Oh! Mes théâtres!” et vous verrez, nous serons “votre plus belle histoire d’amour”, votre plus beau “tableau de chasse”.
Nous sommes si doux. Comme des agneaux.
Claire Diterzi, théâtrale. - Tadorne, le blog du spectacle vivant.