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Période de l'édition
Hors série Février 2008
Titre d'édition
Le bilan 2007 du Tadorne
Description de l'édition
Le bilan 2007 de Pascal Bély, festivalier blogueur du tadorne - http://www.festivalier.net
Publié le 25 février 2008

Vieux 03/01/2008, 23h51

Bilan 2007 (3/5): dix œuvres d’une drôle d’époque.


 
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"Génèse n°2", Galin Stoev

Ils se sont donc emparés de notre époque pour nous en offrir une lecture décalée, parfois drôle, souvent émouvante.

Ariane Mouchnkine a fait l’événement l’été dernier au Festival d’Avignon, avec Les éphémères. Plus de six heures trente d’un voyage au cœur d’un lien social, de plus en plus invisible médiatiquement, mais mis en lumière par le Théâtre du Soleil avec poésie. Sans aucun doute, le spectacle le plus authentique, car le plus résonant. Inoubliable.

D’autres créateurs ont décrit notre époque avec des angles inattendus, telle Éléonore Weber qui s’est penché avec tact sur les sombres humeurs des trentenaires avec Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine ou Galin Stoev avec Genèse nº 2 posant la question du religieux avec une belle insolence.

Quant au chorégraphe Alain Buffard, Not a love song résonne particulièrement en ces temps de peopolisation de la vie publique. Bien vu !
Quant à Aurélien Bory et Pierre Rigal, ils nous ont offert un regard décalé et intelligent sur le football, sport omniprésent médiatiquement, mais subitement vulnérable avec Arrêts de jeu. Bien joué ! Notre époque invente peu dès qu’il s’agit des jeux de pouvoir. François Rancillac l’a subtilement restitué avec la pièce de Jean-Luc Lagarce, Retour à la citadelle. Moments inoubliables où fonctionnaires et politiques jouent les mêmes jeux, mais dans une « cour » différente !

Le pouvoir fut d’ailleurs au cœur de L’acte inconnu de Valère Novarina joué dans le Cour d’Honneur au Festival d’Avignon. Scènes d’anthologie où les mots déconstruits célèbrent le pouvoir du théâtre sur l’éphémère rationalité de la culture médiatique. Jubilatoire !

Les mots peuvent tuer surtout s’ils sont mis en mouvement par les chorégraphes et performeuses Brigitte Seth et Roser Montllo ! En s’inspirant des textes de Max Aub sur le crime dans Epilogos, confessions sans importance, elles ont traduit le climat quelque peu délétère d’une époque ou tuer serait peut-être l’une des activités les plus répandues…
Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier avec Hedda Gabler, roman du norvégien Henrik Isben écrit en 1870, a subtilement adapté cette tragédie où la concurrence entre les acteurs trouve une résonance particulière dans nos sociétés où le culte du chacun-pour-soi envahit la sphère politique, économique et sociale.

Mais la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin est revenue en France pour nous rappeler la fragilité de nos sociétés tant que le sida continuera à décimer l’Afrique. Lors de Montpellier Danse, elle engagea avec le public, un marathon chorégraphique pour réveiller notre attention sur l’épidémie. Sid’amour à mort.

Pascal Bély Tadorne, le blog du spectacle vivant.

Bilan 2007 (3/5): 10 œuvres d’une drôle d’époque.
1- Théâtre du Soleil. Les Ephémères. Festival d'Avignon. France/ Théâtre.
2- Alain Buffard. Not a love song. Montpellier Danse. France / Théâtre – Danse.
3- François Rancillac. Retour à la citadelle. Théâtre de Cavaillon. France / Théâtre.
4- Thomas Ostermeier. Hedda Gabler. Théâtre de la Criée de Marseille. Allemagne / Théâtre.
5- Valère Novarina. L’acte inconnu. Festival d'Avignon. France/ Théâtre.
6- Brigitte Seth et Roser Montllo. Epilogos, confessions sans importance. Festival Faits d’Hiver. France / Théâtre – Danse.
7- Robyn Orlin. We must eat our suckers with the wrappers on…. Montpellier Danse. Afrique du Sud / Théâtre – Danse.
8- Pierre Rigal et Aurélien Bory. Arrêts de jeu. Festival de Marseille. France / Danse.
9- Galin Stoev. Genèse n°2. Festival d’Avignon. Belgique / Théâtre.
10- Eléonore Weber. Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine. Festival d’Avignon. France / Théâtre.

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Pascal Bély
Pascal Bély Pascal Bély est déconnecté

Mon métier de consultant auprès des Services Publics me conduit à accompagner les équipes des secteurs éducatifs et sociaux dans la conduite de projets transversaux, où le lien social est pensé à partir d’articulations inédites reliées au collectif. Je développe une pensée qui, loin d’être cloisonnée à des champs spécifiques, s’ouvre à partir de modalités relationnelles qui relient professionnels de terrain, cadres et citoyens, dans la pluridisciplinarité. Ce positionnement rejoint celui de certains chorégraphes et metteurs en scène qui font également le même pari (les Ballets C. de la B. en Belgique, Jérôme Bel, Maguy Marin, Gildas Milin,…). Mon cabinet TRIGONE inscrit toute action dans une dynamique de co-construction qui me différencie d’une posture d’expert. Je développe des projets globaux (par exemple, relier la petite enfance, l’éducation, l’animation à la culture) en aidant les acteurs (direction, cadres et professionnels de terrain) à communiquer par le sens, alors qu’ils sont enfermés dans des dispositifs rationalisants et des organisations pyramidales. J'ai 43 ans, je vis à Aix en Provence où j’ai installé mon cabinet de consultant depuis 1994. Enfant d’ouvriers, ce sont les enseignants qui m’ont transmis par la culture les valeurs républicaines (mention spéciale à Monsieur Delbouys, professeur de français à Castelsarrasin). Adolescent, j’ai joué dans un court métrage puis au théâtre avec le metteur en scène montalbanais François-Henri Soulié. Cette expérience initiatique a profondément marqué mon rapport à l’art en y ancrant les émotions de l’enfance. C’est tardivement, à 36 ans, que j’ai découvert mon premier spectacle de danse avec les Ballets Preljocaj (« Paysage après la bataille »). Cette révélation fut le début d’un parcours de « spectateur consommateur » jusqu’en 2005, où le chorégraphe Jérôme Bel provoqua la rupture avec « The Show must go on ». En interrogeant avec provocation, humour et respect, la place du spectateur, cette œuvre fut à l’origine du blog « LE TADORNE », www.festivalier.net .
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