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#1 (permalink) |
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visiteur
Messages: n/a
Mon Humeur
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"Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Warlikowski met fin au « silence des hétérosexuels » lors du Festival d’Avignon.
La cour du lycée Saint-Joseph accueille Krzysztof Warlikowski, pour « Angels in América I et II ». Ce metteur en scène polonais, habitué du festival d’Avignon, est un réconciliateur. En 2005, au cœur de la tourmente provoquée par l’artiste associé de l’époque (Jan Fabre), « Kroum » avait fait l’effet d’un baume apaisant. Aujourd’hui, il revient pour nous conter le roman de Tony Kushner sur les années sida dans l’Amérique de Reagan. Cette tragédie fait trembler les murs et les gradins, réveille le mistral glacial, et résonne dans cette France décidément bien trop calme. En juin dernier, le Festival Montpellier Danse s’interrogeait et commémorait les victimes: comment le sida a-t-il influencé la danse ? Quel rôle joue-t-il aujourd’hui ? Comment alerter l’opinion publique sur le drame qui secoue l’Afrique ? Avignon prolonge le débat en inscrivant l’épidémie à l’articulation du politique et de l’intime. Curieuse coïncidence tout de même au moment où l’équipe de Sarkosy, néolibérale et puritaine, brouille les cartes, abat les cloisons pour clore les controverses et marginaliser un peu plus ceux qui pensent différemment. Le théâtre de Warlikowski est donc une bouffée d’oxygène qui repositionne la marginalité au cœur du progrès social, du processus créatif et invite les hétérosexuels (majoritaires) à cesser de considérer l’homosexualité à partir de leur moralité, qu’ils reconnaissent au Sida sa dimension sociale, politique et culturelle. Ces 5h30 donnent à cette tragédie les images d’un film de David Lynch, les métamorphoses d’un Roméo Castellucci, les rythmes d’un Joël Pommerat. Warlikowski réunit mes références théâtrales, incarne mon histoire face au sida dans le jeu exceptionnel des acteurs pour la restituer en fresque vivante. Deux hommes s’aiment ; l’un est atteint du sida, l’autre pas. Plus loin dans la ville, un couple se déchire : l’un est attiré par les ballades dans les parcs pour y observer les hommes, l’une prend des cachets dans l’attente d’avoir un enfant. À côté de ces amoureux transits, un avocat, proche de l’équipe Reagan, a le sida qu’il dissimule en cancer, hanté d’avoir plaidé la peine de mort pour Ethel Rosemberg. Tous les acteurs de cette tragédie sont reliés, mais profondément isolés dans leur souffrance. Ils sont des marionnettes manipulées par les oligarchies religieuses, enfermés dans les jeux de leur caste professionnelle, prisonnier de leur idéologie. Qui tient les fils ? Comment s’en échapper ? C’est là que Warlikowski démontre toute la puissance de son art : guérir du « sid’amour », c’est ouvrir les espaces de dialogue, libérer les peurs, tisser des liens de solidarité, laisser la place à l’inconscient pour qu’il fasse son travail d’introspection et de réparation. A l’image de l’unité de lieu (grande pièce aux murs argentés, au mobilier d’un ancien pays communiste, à la fois salle d’église et de réunion du parti) qu’il transforme en chambre d’hôpital, en pays imaginaire de l’Antartique, en coulisse de la mort pour mieux relier, élargir là où le sida enferme, cloisonne, tue à petit feu. La mise en scène de Warlikowski est une approche politique face à une maladie réduite par les hétérosexuels à la sphère de l’intime. Elle met en mouvement le lien que les malades ont tissé avec leurs proches: dire, mais pas tout, suggérer pour éviter le voyeurisme, donner du sens à l’inacceptable pour préserver la vie. Warlikowski a tout compris de cette maladie, de sa complexité, mais aussi des enjeux sociétaux : ce sont les minorités qui enclenchent le changement. Il ne simplifie rien, mais ouvre en permanence jusqu’à la scène finale où tous les acteurs assis face à nous, dissertent sur le sens de la vie, nous aident à nous réapproprier la question du sida, facilitent le passage de la fiction à la réalité (l’histoire est toujours en œuvre avec ce virus). Deux jours après, une spectatrice me confiera : « il ne faudrait pas réduire « Angels in América » à une pièce sur les homosexuels ». Qui lui parle de réduire ? http://www.festivalier.net |
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#2 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Eh oui.... Il semblerait que j'aie raté la meilleure pièce du Festival... snif...
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina |
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#3 (permalink) |
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Public invité
Date d'inscription: février 2007
Localisation: Nanterre (92)
Messages: 21
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Angels in América passe à Paris au théâtre du rond point en mai!! (j'y retourne!!
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J'ai des facilités en dissimulation..... |
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#4 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Ah ben en mai je risque fort de ne pas être en état d'y aller... dommage !
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina |
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#6 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
J'y retournerais volontiers. Mon avis présent (et un peu lointain) sur ce spectacle n'est pas aussi élogieux que la moyenne. C'est super émouvant, très fort, mise en scène cohérente, jeu solide et tout et tout, mais j'ai eu l'impression qu'une part trop grande de la force du spectacle reposait sur le cinéma et les musiques de David Lynch. Les citations de ce cinéaste sont trop présentes, prennent trop de places... Mais il y a eu une conférence avec le metteur en scène où il parlait de son rapport à Lynch où je n'ai pu aller, peut-être aurais-je entendu de quoi me dissuader d'une telle opinion.
Dans tous les cas je conseille très vivement ce spectacle, c'est aussi le meilleur de ce que j'ai pu voir à Avignon cet été, avec le Novarina (enfin, je ne l'ai vu qu'à la télévision).
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«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie |
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#7 (permalink) |
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Adhérent
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Pourquoi est ce que ça t'a gener les référence a Lynch? Moi au contraire, ça m'a permis de m'y retrouvé, car je perdais vraiment tous mes reperes dans ce spectacle. En tout cas c'est magnifique, allez y. C'est un voyage tragique et délirant (comme a chaque fois chez Warlikovsky) et franchement, ça fait du bien d'entendre parler d'un sujet assez récurent au theatre (l'homosexualité et le sida) de maniere si diiférente et nouvelle. C'est une bouffée d'humanité qu'il ne faut pas ratée.
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je te vomirais de ma bouche car tu n'es ni chaud ni froid tu es tiede |
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#8 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Parce que, dans mon souvenir, ce ne sont plus des références mais des citations un peu encombrantes... Je n'irais pas jusqu'à dire «*faciles*», mais parfois j'avais une impression de «*sauce*». Je pense que ce rapport à l'esthétique de Lynch aurait pu se faire avec davantage de finesse... Autre point : je n'ai pas vu énormément de films de Lynch, et je n'ai pas vraiment saisi le rapport à son univers. Peut-être pourrais-tu m'éclairer ?
Je ne suis pas vraiment d'accord avec «*tragique*»... Je ne sais pas quel qualificatif on pourrait poser sur ce spectacle : une sorte de délire sombre et glacial ? Mais avec aussi un certain humour (j'ai adoré : "j'aimerais être une putain de pieuvre", quand le mec du début doit répondre à plusieurs téléphones portables ).Tiens, petite question : tu te souviens sans doutes de l'excellente actrice blonde. A la fin du spectacle elle pleurait dans la représentation que j'ai vu, est-ce que c'était le cas aussi lorsque tu l'as vu ? Elle était vraiment magnifique cette actrice, à la fin elle semblait vraiment déborder d'émotion.
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#9 (permalink) |
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Adhérent
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
le rapport entre l'univers Lynch et Angels in America? Tu le dis toi meme: une sorte de délire sombre et glacial. C'est ça. Des histoires qui partent de situations en apparences assez réalistes, et dans lequel le délire va venir s'installer juste la ou on ne l'attends pas: dans la douleur, il nous déstabillisea chaque fois, ce qui fait que quand on est sur le point de fondre en sanglot, on éclate de rire.
Sinon, je me rappelle bien sur de cette actrice magnifique (et de cette femme magnifique.......) mais je ne peux pas te dire si elle pleurait, j'étais pas tres bien plassé et j'avoue que si s'était le cas, je ne l'ai pas vu. Quoi qu'il en soit, elle avait une préstance, une largeur, une énérgie qui étaient d'une singularité et d'une générosité tout a fait étonnantes.
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#10 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : "Angels In America", Krzysztof Warlikowski
Oui, c’est vrai, ce déphasage des situations et des personnages, c’est sans doutes ça le rapport à Lynch. N’empêche, ça ne retire pas cette sensation de surcharge que j’ai. Vraiment, il faudrait que je le vois à nouveau… J’ai de plus en plus la manie de changer d’avis des mois après les représentations, j’exploite un souvenir plus qu’un spectacle.
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