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#1 (permalink) |
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Adhérent
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Au coin de la lippe de la France.
Messages: 315
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Base 11/19
Base 11/19
Mise en scène de Guy Alloucherie Plus d'infos ici. ![]() (Là Zoé vient de se rendre compte qu'elle va devoir se lancer dans une petite description du spectacle pour introduire sa "critique"; elle se tape déjà la tête contre les murs) Base 11/19 fait partie de ces spectacles qui se veulent déroutant, qui brouillent les frontières entre les arts, qui hésitent entre la performance, le théâtre, le cirque et la danse contemporaine. La scéno? Une scène recouverte de terre. Légère, et lourde d'humidité à la fois. Des échaffaudages, des cintres, des grils, comme si la scène nous était montrée à l'envers (du décor). Des tables en bois massifs; panneaux que l'on tourne et retourne. Un vieux fauteuil miteux. Sur l'échaffaudage. Une régie à vue, sur scène. Des boîtes transparentes. Transportables. Des échelles de chantier. De la peinture. De l'eau. Un chantier de couleur et de matière. Et dans cet espace, des corps dansent. S'agitent. Jouent avec les matières précitées. Les explorent. Et dans cet espace, des corps volent. Sur une corde. Sur une poutre. Adossés à d'autres corps. Le risque du cirque qui tient le spectateur en haleine. Et parfois, des ponctuations. Un acteur (Guy Alloucherie) qui vient nous parler de cette Base 11/19, qui n'est rien d'autre qu'une cité ouvrière, qui a dû fermer et mettre au chômage bon nombre de gens... Textes mâtinés de militantisme communisme, que viennent appuyer des vidéos des personnes touchées par ce type de fermeture d'usine... ![]() De ce spectacle... J'en suis sortie... Très mitigée. J'pense qu'il y avait là un beau potentiel... Mais qu'il a été réduit en miettes par de simples détails. Ce qui était chouette dans ce spectacle, c'était la recherche plastique et chorégraphique qu'il proposait, le jeu avec les matières, les couleurs; et les types de relation que cet espace très fort esthétiquement entretenait avec les corps des circassiens. Cela suffisait amplement à faire de ce spectacle quelque chose de bouleversant, dans le sens où il nous emmène ailleurs, tout en proposant une réflexion plastique plus qu'intéressante. Mais (faut bien qu'il y ait un mais...) Il y a un truc qui nous fait occulter tout le reste. Ce sont ces espèces de textes qui se disent engagés, mais qui ne le sont pas vraiment. Je n'y ai vu qu'un regard bourgeois et condescendant sur la misère, un genre de populisme assez mal placé. Surtout j'ai le sentiment que ce "militantisme" n'était là que pour donner une justification au spectacle, qui à mon avis n'a pas lieu d'être... Faut-il à tout prix trouver un propos à un spectacle, un message à faire passer, quelque chose d'intelligible et de concret? La réflexion esthétique me suffisait amplement. Et au lieu d'enrichir celle-ci, le propos sur le communisme ne fait que l'appauvrir de son sens, d'autant que celui-ci est illustré lourdement par des images très clichées, où l'on voit une femme habillée de façon luxueuse confrontée à des personnages plus misérables se faisant "enterrer"... Ce manque de subtilité ponctuelle alourdit le spectacle dans son entier... Et voilà quelque chose qui aurait pu être vraiment intéressant... Mais qui, à cause de quelques détails récurrents, devient assez minable.
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"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez." André Durupt, peut-être. |
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#2 (permalink) |
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Administratrice
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Re : Base 11/19
Je ne sais pas pour Base 11/19, mais sur plusieurs spectacles j'ai déjà eu cette impression qu'un metteur en scène ne faisait pas assez confiance à l'univers visuel, aux corps, pour pouvoir faire passer son message. Comme si les signes distillés n'étaient pas clairs et qu'il fallait en remettre une couche avec un texte explicite au cas où quelques spectateurs n'auraient pas compris.
Déjà eu la sensation que la surcharge de moyens (danse + texte + vidéo + scéno...) pour véhiculer un propos, souvent plus que louable et c'est bien là ce qui est dommage, confinait au final à un martèlement propagandiste! |
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#3 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 510
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Re : Base 11/19
Assez d'accord avec ces propos, sans connaître ce spectacle précisément...
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina |
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#4 (permalink) |
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Abonné
Date d'inscription: février 2007
Messages: 83
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Re : Base 11/19
Pas tout à fait d'accord avec Bigorzaz'
Pour moi, les premieres questions pour apprécier un spectacle c'est : Est-ce que cette recherche est sincère et est-ce que j'adhère ou non à l'idéologie mise en oeuvre dans cette recherche? Alors moi je me oui à ces deux questions quand je regarde "Base 11/19". Je suis d'ac quand tu remarques la volonté du metteur en scène de faire dialoguer, se croiser les disciplines acrobatiques, chorégraphiques et théâtrales. On retrouve là la démarche que Guy Alloucherie a démarré avec le spectacle "C'est pour toi que j'fais ça" puis plus récemment avec "Les sublimes". Les sublimes se passaient d'ailleurs dans le même espace : terre + échaffaudages dans lesquels s'intègrent les agrés des circassiens. Parcontre pas d'ac sur tes réflexions sur le regard condescendant et bourgeois... Même si parfois certaines supperpositions texte/performances manquent d'harmonie, il n'en reste pas moins que le propos est important, idéologiquement nécessaire et absolument honnête. Ce qu'il faut savoir et que Guy Alloucherie (qui n'est pas un acteur) nous dis dans les premières minutes c'est que la "base 11/19" correspond effectivement aux carreaux d'exploitation minière 11 et 19 à Loos-en-Gohelle aujourd'hui fermés mais que c'est aussi le lieu de création dans lequel guy alloucherie et la compagnie Henrick Van der Zee sont en résidence. Pour Alloucherie, lui même fils de mineur originaire du Nord, son histoire humaine, intime et sa démarche artistique sont intimement liées : Indiscociables. La création de ses spectacle et l'histoire du lieu dans lequel il les crées : indiscociables. Nul autre regard bourgeois et condencendant dans ce spectacle que celui du spectateur refusant la coloration politique du propos... Ce que je veux dire c'est que le propos pris en charge par le metteur en scène lui même avec toute sa fragilité de non-acteur était tout à fait sincère. Le propos est communiste ! oui mais ce n'est pas un propos sur le communisme. Le militantisme présent ici est lié à la conscience politique des créateurs de ce spectacle. J'ai conscience que ce genre de propos est devenu tellement rare sur une scène de théâtre, comme sur la scène médiatique... Je peux comprendre que cela puisse paraître suspect... Et svp, elliania et amandine, pas de généralité sur la surcharge de moyens... Il y a des choses qui fonctionnent et d'autres pas, certaines qui sont nécessaires et d'autres pas, des trucs qui nous touchent et d'autres pas. Vous savez bien que ça n'a rien à voir avec les média utilisés, rien à voir avec une telle généralité sur la pluridisciplinarité... |
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#5 (permalink) | ||
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Administratrice
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Re : Base 11/19
Citation:
Cela signifie t-il qu'à partir du moment où tu adhères à l'idéologie (et que c'est sincère), tu apprécies le spectacle? C'est suffisant? Que deviennent les moyens pour l'exprimer, l'esthétique, la recherche artistique? Citation:
Et ce n'est pas le fait d'utiliser la pluridisciplinarité qui me dérange (bien au contraire), mais le ratage du résultat final. |
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#6 (permalink) |
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Abonné
Date d'inscription: février 2007
Messages: 83
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Re : Base 11/19
Pour ouam, oui. Adhérer à l'idéologie d'un spectacle me fait accepter presque n'importe quelle forme. L'esthétique déployée qu'elle soit épurée, foisonnante, contemporaine, de facture classique, bordélique, baroque, crado, maniérée et peut être même réussie ou ratée est pour moi totalement seccondaire au propos idéologique. C'est l'idéologie (ouvertement politique ou pas) à l'oeuvre dans un spectacle, dans sa comception comme dans son discours final qui porte l'esthétique qui elle n'est qu'un moyen, un moyen de transport. J'aime le théâtre dans toute sa diversité parceque les moyens sont multiples pour générer de la pensée. Cela n'empêche pas de réfléchir à l'esthétique mais je ne pourrais jamais y réfléchir sans le vis à vis du sens.
Par exemple je ne suis pas du tout à priori sensible à l'esthétique théââââtrâââle dévelopée dans "elle" de genet mes par O. Balazuc et D. Bigourdan par contre en réfléchissant au propos anti-clérical, un peu grossier voire outrancier, d'un coup j'accepte cette esthétique carricaturale en totale adéquation avec la violence nécessaire du discours. |
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#7 (permalink) |
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Administratrice
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Re : Base 11/19
Eh bien justement! Esthétique et propos sont liés et l'un renforce l'autre. Et on peut imaginer que dans un travail préparatoire, un metteur en scène ou chorégraphe doit déterminer quelle est la forme, le jeu etc... qui servira le mieux son propos.
Pour adhérer (ou au minimum être amené à réfléchir) à un propos que développe un artiste, il faut déjà qu'il arrive à l'exprimer au spectateur par le biais des formes choisies. C'est un premier obstacle à franchir. Le propos peut passer aux oubliettes si le choix de représentation scénique n'est pas adéquat ou mal réalisé. |
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#8 (permalink) |
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Adhérent
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Au coin de la lippe de la France.
Messages: 315
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Re : Base 11/19
Ce n'est pas le propos en lui-même que je critique.
C'est la façon dont il est mis en oeuvre. Je le trouve simplement trop caricatural, pas assez subtil, à côté de la plaque. Un peu trop dans cette optique de ce qu'on appelle souvent injustement "théâtre engagé", qui est là pour "faire passer un message". Et puis ce que tu dis sur le fait d'adhérer au propos d'un spectacle pour apprécier le spectacle... Là non plus je ne suis pas d'accord. Alors qu'est-ce que le "théâtre engagé" (je n'aime vraiment pas ce terme)? Une paroisse qui prêche les convaincus? Ca n'a pas vraiment de sens... Il n'y a pas de bouleversement qui se produit, parce que le spectacle s'attache trop à faire "passer ce message"... Résultat, le message en question, il nous passe complètement au-dessus de la tête. Dans le genre spectacle autobiographique par un metteur en scène fils de mineur, je préfère Intimae... Plus sensible, plus poètique, plus proche du théâtre, et de la vérité. Le rapport aux régions minières n'est ici pas du tout avoué... Pourtant, il parvient à en recréer l'ambiance essentielle, dans un tout autre lieu, un lieu rêvé, un lieu théâtral. Base 11/19, je l'ai vu comme une simple illustration de propos assez lourdingue et de ce fait pauvre. Ce genre de spectacles m'énervent, et je trouve qu'il y en a beaucoup trop en ce moment... D'où mes mots de plus en plus vindicatifs.
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"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez." André Durupt, peut-être. |
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#9 (permalink) |
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Date d'inscription: février 2007
Messages: 2
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Re : Base 11/19
Bonsoir à tous,
j'ai vu ce spectacle il y'a quelques mois au théâtre d'Angoulême et franchement en sortant je me suis dit : il y a vraiment trop de choses dans celui-ci : le propos est plus qu'intéressant (et de ce fait les vidéos) mais j'ai vraiment eu du mal avec quelques choix : pourquoi une jeune femme se retrouve-t-elle à se balancer quelques mètres au dessus du sol pendant des minutes qui m'ont paru sincérement interminables et de ce fait pourquoi ces applaudissements irrémédiables dans la salle ? Y a t-il une beauté dans l'univers minier, les miniers faisaient ils du trapèze ? Pourquoi faire venir sauter pendant plusieurs minutes en avant-scène un jeune homme sur une planche ? Pour ma part, j'ai trouvé toutes ces acrobaties en trop ; une chose plus que dommage puisque par ailleurs j'ai vraiment apprécié le travail gestuel et corporel quend il était au sol ou épuré et j'avais trouvé les idées de mise en scène et de scénographie très intéressantes... J'aurais peut être dû m'arrêter au propos comme certains, je n'ai pas pu, bilan mitigé... |
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#10 (permalink) |
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Adhérent
Date d'inscription: juillet 2007
Messages: 167
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Guy Alloucherie mine La France avec son passé. Fatigue.
Le Théâtre des Salins de Martigues est quasiment complet. Le public des écoles et des collèges est en nombre, autant dire que notre avenir se joue aussi là.
J’aurais aimé les entendre à l’issue de Base 11/19 par la Compagnie Hendrick Van Der Zee, mise en scène par Guy Alloucherie. Que peuvent-ils bien penser d’un futur qu’on ne leur promet pas ? Depuis quelques jours, une phrase revient en boucle dans mon environnement professionnel. À chaque idée d’ouverture visant à créer de l’intelligence collective (croyez-moi, ce n’est pas un concept flou, mais un enjeu vital pour nous tous), toujours la même réponse : « non, ce n’est pas possible », « si cela ne vient pas du politique, je ne l’initierais pas », « sans moyen, rien n’est envisageable ». C’est ainsi que les murs s’érigent, pour se protéger, en dehors de tout espace relationnel où la créativité pourrait émerger par la communication. Le repli prend forme, les cases s’agrandissent, l’émiettage peut perdurer. Et la France continue de s’isoler en Europe. Inutile de compter sur Guy Alloucherie pour délivrer un message d’espoir. Inutile. Cet homme ne fait pas le deuil d’une certaine France (celle des mines du Nord) où le patriarcat patronal et le syndicalisme de masse figeaient les relations sociales dans le marbre. Où la vie, c’était la mine. Où le rapport de force, l’unique manière d’entrer en interaction. Il n’a pas fait le deuil de sa séparation avec le metteur en scène Éric Lacascade, avec qui il co-anima dans les années 80 la compagnie Ballatum Théâtre. Base 11/19 s’appuie sur un groupe de jeunes danseurs, trapézistes débordants d’énergie, mais qui sont plombés par une scénographie et un propos scandaleux. La terre recouvre tout le plateau et les empêche de s’élever, de donner toute la mesure de leur puissance malgré une chorégraphie aussi pauvre qu’un tract. Elle les enterre, métaphore q’une France qui s’emmure dans une nostalgie, à la recherche de sa gloire perdue pour cloîtrer sa jeunesse dans une vision du progrès d’une autre époque. Les interventions de Guy Alloucherie ne cessent, tout au long du spectacle, de nous plomber : ses anecdotes et son sourire en coin nous replie toujours au temps triomphant de la mine comme pour s’excuser d’occuper un terrain minier où est installée sa compagnie. Des extraits de textes sociologiques et politiques sont lus avec un débit de mitraillette, à l’image des discours de l’extrême gauche où le ton empêche l’émergence du moindre espace de dialogue. Dans Base 11/19, on me parle comme si je ne pensais pas, comme si le corps des danseurs ne suffisait pas. On me bombarde, pour que cela entre. Cela doit entrer. C’est ainsi que tout se noie dans une orgie de messages illisibles positionnant le spectateur dans une incapacité à relier par lui-même ! Base 11/19 n’assume rien et le dernier tableau me fige radicalement. Subitement, ils sont trois à occuper la scène pour quelques exercices de sauts. C’est un joli numéro, au demeurant. L’avenir pour Guy Alloucherie est-il là ? Il promet à cette jeunesse déboussolée, une société du spectacle où le sens se perd à partir de la performance physique, valeur du capitalisme triomphant. C’est ainsi que les spectateurs (piégés ?) applaudissent cette pièce sans propos et sans perspectives. Je repense aux Ballets C. de la B. qui, une semaine auparavant, avec Import Export donnait au public d’Arles les clefs pour comprendre le monde qui nous attend. Nous étions loin d’une vision passéiste, égocentrée. Les jeunes de Martigues auraient mérité de rencontrer ce collectif flamand pour avoir le courage plus tard d’abattre les murs pour se promener sur les passerelles créées par les liens humains. Pascal Bély www.festivalier.net Base 11/19 de Guy Alloucherie a été joué le 27 novembre 2007 au Théâtre des Salins de Martigues. Pour en lire plus... |
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