![]() |
|
|||||||
| S'inscrire | FAQ | Membres | Calendrier | Recherche | Messages du jour | Marquer les forums comme lus |
| Les spectacles Théâtre, danse, cirque, arts de la rue, opéra, concerts...Tous les spectacles à voir, à revoir, ou à fuir, et surtout pourquoi ? |
![]() |
|
|
LinkBack | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
|
#21 (permalink) |
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Non non je ne suis pas d'accord du tout sur la critique de Faust Nocturne!! Elle n'est pas élogieuse comme les critiques habituelles concernant Py mais elle n'est pas TRES mauvaise! Faut arrêter là! Allo on est pas chez les bisounours là!
|
|
|
|
|
|
#22 (permalink) |
|
Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
Localisation: Paris
Messages: 50
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Voilà, voilà. Cette fois c’est fait : après avoir raté Cannibales, je suis allé voir Fées, dans l’espoir de tromper les désagréables impressions que j’avais ressenties à la lecture du journal de Cannibales sur le site.
OUI, il y a une démarche esthétique affirmée, travaillée et dans un certain sens aboutie. OUI, il y a théâtralité, entendez par là que la spécificité du théâtre est ici clairement affirmée, dans ce qu’elle a de plus moderne ; on est ici dans le domaine d’une « expérience » proposée au spectateur. OUI, la scénographie reproduit un espace intime (la salle de bain) qui devient espace de tous les fantasmes, un terrain glissant dans tous les sens du terme (avec autant d’eau et de savon, c’est un peu normal). MAIS… Désolé Arcadyan, je sais que tu as adoré ce spectacle (je le respecte), et qu’une fois de plus nous ne serons pas d’accord. Mais il faut quand même que je le dise : je n’ai pas accroché ! Argumentation. LE TEXTE Du nombrilisme Braxel, si tu m’entends… Nous avions échangé quelques messages au moment du journal sur Cannibales, à propos des post de Ronan Chéneau, et je t’avais dit combien son nombrilisme m’agaçait. Je conviens que j’ai probablement un problème avec tout ce qui relève de l’autofiction. Ou plutôt tout ce qui, sous prétexte d’autofiction, permet à un auteur de se mettre en scène lui-même sans proposer de réelle « médiation » avec la partie du public qui serait différente de lui… Mon soupçon « d’abus de position nombrilique » a été renforcé par un détail de mon après-spectacle. Ayant aperçu pour la première fois Ronan Chéneau en chair et en os après la représentation (a-t-il entendu tout le mal que je disais de son travail ?), J’ai été frappé par la ressemblance, impossiblement fortuite, entre l’acteur et lui. En effet, l’acteur apparaît clairement comme un double fantasmé de l’auteur, en plus athlétique. Remarquez, sur ce dernier point c’est peut-être lui qui a raison, finalement : je devrais faire pareil dans ma prochaine création, ça me consolerait peut-être un peu de mon embonpoint… Sérieusement, ce détail qui n’en est pas un marque clairement cette absence de distance entre l’auteur et le sujet qu’il traite ; je dirais même plus, il EST le sujet qu’il traite et c’est ce qui me pose problème. Certes on met forcément de soi et de son regard dans ce qu’on crée, mais dans ce cas précis, on est quasiment dans la sphère privée et individuelle de Ronan Chéneau, dans ce qu’elle a de moins transmissible : une psychanalyse ne serait-elle pas dans ce cas plus indiquée que le théâtre ? De l’intérêt d’un propos générationnel Ce qui m’amène à parler du principe thématique de la pièce, qui pose lui aussi question de la même manière. Pour la deuxième fois si j’ai bien compris, Ronan Chéneau parle des enfants des années 70, coupables selon le texte de présentation « de ne pas savoir refaire le monde que leur parents leur ont laissé. Un spectacle où tout participe du théâtre [C’est vrai, il faut le reconnaître] – le texte partition, la lumière qui lui donne sa couleur, le images qui lui répondent – pour dire le mal de vivre et la lucidité d’une génération ». Soit. Que l’auteur prenne comme personnages des gens de sa génération, pourquoi pas ? Que la pièce prenne comme « cadre » le mal-être d’une génération, là encore, pourquoi pas ? Après tout, un récit n’est pas un discours, et doit prendre comme support des personnages incarnés (encore que la notion d’incarnation puisse être soumise à discussion, la notion même de personnage n’étant pas, on le sait maintenant, un horizon indépassable. Mais c’est un autre sujet, je m’égare). Le vrai souci à mon sens, tient au fait que le sujet de la pièce n’est QUE cela. Et que par conséquent, le monde des enfants des 70’s n’étant pas un espace autonome séparé du reste, j’ai envie de dire, certes avec un brin d’agressivité, qu’on s’en fout. Et pourtant, je fais partie de cette génération (si, si, de justesse, à l’autre bout de la décennie, ce qui tendrait peut-être à prouver que la plage de gens à qui ça parle dans la pyramide des âges se limite au maximum à une demi-décennie, ce qui ferait peu. Mais en même temps, cet avis n’engage que moi ; je suis bien conscient pour ma part de ne pas être l’année 70 à moi tout seul) ! Donc, ce n’est même pas un propos de « vieux con » : je comprends en filigrane les problématiques que soulève Ronan Chéneau, puisque j’ai vécu et vis encore parfois ce sentiment d’impuissance auquel les trentenaires de maintenant peuvent être confrontés (et non soumis, la différence est cruciale). Mais ça ne suffit pas, ça ne s’arrête pas là, et surtout ce n’est pas une raison suffisante pour se plaindre. Car c’est ça le fond du problème de cette pièce : la longue plainte douloureuse qui constitue le spectacle est parfaitement dérisoire au regard du monde comme il va. Franchement, faire un spectacle sur l’impuissance des trentenaires, ça donne envie de conseiller un petit coup de viagra cérébral ! Je n’aurais qu’un conseil à donner à l’auteur : sortir du théâtre et regarder comment ça se passe dehors, dans la vraie vie ! De l’écriture elle-même Bon, j’arrête avec le fond, parlons de la forme. C’est peut-être ce qui m’a agacé le plus. Puisqu’on parle de génération, on sent bien ici qu’on a affaire à un auteur de la première génération à avoir grandie avec l’ordinateur. Si je devais faire un raccourci cruel pour définir le style d’écriture de la pièce, je parlerais de copié/collé. Ronan Chéneau lui-même ne me démentirait peut-être pas, et c’est bien ce qui m’ennuie. copié/collé de tout ce qu’on entend, slogans, phrases toutes faites : ça encore, c’est ce qui est le moins critiquable puisque c’est volontaire, et réaffirmé par la mise en scène. Encore faudrait-il en faire autre chose qu’une simple critique frontale où l’on ne fait qu’envoyer la matière à la face des spectateurs. Parce qu’exposer une liste de lieux communs qui traînent, énoncés comme une litanie par le personnage... Malgré la volonté d’évoquer tout un tas de choses (la politique, la consommation, les Etats-Unis, …) à travers le personnage et ses fées, on n’apprend rien ici qu’on ne saurait déjà. Ca ne peut édifier en définitive que des personnes qui ne lisent et n’écoutent rien de l’actualité. J’en veux pour exemple la dénonciation, frontale de Sarkozy : c’est sûr, ça fait toujours du bien d’entendre critiquer le petit candidat crypto-fasciste : c’est potentiellement jouissif quelque part, mais totalement inefficace. Tant de naïveté dans la dénonciation confine presque au politiquement correct. En définitive, ça ne prêche que les convaincus (en un mot ou deux ? Vu la tendance du personnage à s’auto-flageller dans un sentiment général de défaite, on pourrait se poser la question). C’est d’ailleurs là qu’on voit poindre un hiatus gênant entre l’esthétique positivement agressive de la mise en scène (on y reviendra) et l’innocuité du texte. Un peu de mauvais esprit et de subtilité n’auraient pas fait de mal. Plus amusant, l’habitué d’un air de théâtre pourrait avoir parfois l’impression, dans les moments où le personnage s’auto-flagelle, d’un copié/collé de tout ce qui a pu être écrit sur le forum au sujet de Ronan. Je comprends mieux ce que Braxel disait, à propos de la capacité de Ronan Chéneau à récupérer tout ce qui est dit. C’est vrai, c’est une qualité de savoir enregistrer les choses. Encore faut-il les transformer en une matière nouvelle : amener tel quel sur scène le bruit du monde n’a aucun intérêt, surtout qu’on n’est pas ici dans une démarche iconoclaste du type Fluxus. Ce qui fait qu’il y a travail d’auteur, c’est justement la capacité d’icelui à distiller la matière brute pour la recracher, éventuellement sous une forme toute aussi brute, mais transformée et inscrite dans un univers qui n’est pas la vie… C’est pour cela que, par exemple, les répliques qui dénigrantes sur le statut d’artiste (« … au lieu d’être une comédienne à la con » je cite de mémoire) tombent à plat : cette pseudo-défense du statut des artistes dans la société est maladroite. Ca passe comme une revendication catégorielle, un zoom de plus sur le nombril. Désolé, mais les artistes ne sont pas les plus à plaindre dans cette société… De la structure. Certes, je conçois, pour le pratiquer moi-même, qu’on puisse envisager le texte de théâtre comme une matière se mélangeant avec les autres ingrédients scéniques, au même titre que le corps, la lumière, la vidéo, la scéno, en s’affranchissant des obligations de la narration … Là où le bât blesse, c’est qu’il faut bien que la structure dramaturgique du spectacle repose sur quelque chose. le texte se veut déstructuré, à l’image de la structure mentale du personnage, soit ; mais faute d’avoir le moindre porteur de continuité dans la mise en scène ou le jeu, tout cela paraît brouillon. Or même la forme la plus déconstruite repose sur une structure, Fût-elle hors de toute convention apparente. LA MISE EN SCENE Puisqu’on parle de ce qu’on voit, parlons de la mise en scène. Ceux qui passent un mauvais moment en lisant mon post vont pouvoir se reposer : je suis nettement moins sévère avec la mise en scène. En premier lieu, et comme je l’ai dit en introduction, il y a là une véritable affirmation théâtrale, avec une proposition esthétique plutôt aboutie et évocatrice. Oui pour l’idée de la salle de bain : la dimension allégorique, s’ajoutant sans peine à la dimension concrète, est filée dans les moindres détails (le terrain glissant, toutes les références nourricières liées à l’eau, …) : ça ne m’intéresse pas plus que ça mais ça fonctionne très bien, donc rien à dire. Il y a une très bonne utilisation des éléments mis à disposition par la scénographie. La proposition de jeu est tout à fait intéressante, dans son mélange de parole, de mouvement (« danse » ne serait pas le terme approprié) et tout à fait bien menée par les comédiens. Au passage, j’ai tout de même bien ri sur le massacre de la chanson de Dylan… Sur l’utilisation de la vidéo, rien d’abusif : la vidéo, complètement en temps réel, est bien intégrée au dispositif et ne paraît pas superflue. Mais comme j’ai eu l’occasion de le dire, le problème réside d’une part dans le hiatus entre le propos du texte et la mise en scène, et d’autre part dans une impression qu’on ne choisit pas entre un propos critique sur les vices de la société moderne (délitement et spectacularisation du politique, consommation, …) et un propos plus nombriliste sur la misère d’UN individu, renforcée par un rapport au miroir qui finit par être agaçant. Au final, et principalement pour cette raison, la mise en scène laisse une impression d’être hypertrophiée au regard du propos. Ce qui fait que j’ai été gêné par les moyens déployés qui ne me semblent pas en rapport avec l’ambition du propos. Le bon test serait peut-être de demander à David Bobbée de remonter Fées avec 1500€ ! Par ailleurs, je pense que ses qualités de metteur en scène se développeront d’autant mieux qu’il s’affranchira de références esthétiques trop visibles pour aller vers son propre style. Laissons le temps au temps. CONCLUSION « Je suis individualiste, je suis [je ne me rappelle plus du texte exact]... Voilà, c’est tout ce que j’ai trouvé ». C’est bien. Mais était-ce bien la peine de prendre 1h1/2 pour si peu ? Ce n’est pas ici le constat d’échec qui est problématique, mais bien la faiblesse de ce qui a été tenté. Je fais a priori crédit à messieurs Bobbée et Chéneau de leur jeunesse ; la maturité amènera peut-être dans l’avenir des problématiques un peu plus consistantes. Enfin bon voilà, tout ça n’est que mon avis… Après tout, Libé a adoré, et tout le monde sait que ces gens ne se trompent jamais… P.S : sur la critique de la société occidentale moderne vue par d’autre créateurs, eux aussi de moyenne d’âge trentenaire, je conseille à tous les spectateurs de Fées (qu’ils aient aimé ou non) de s’intéresser au travail du collectif MxM de Cyril Teste, dont j’ai déjà parlé dans l’un ou l’autre post. Ils joueront une sorte de pièce-concert, Paradiscount le 21 avril à la Ferme du Buisson dans le cadre de la nuit curieuse de Birdy Nam Nam. |
|
|
|
|
|
#23 (permalink) |
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Pour le paragraphe sur l'acteur-sosie-de-Ronan-en-mieux ... Rappelons que c'est David Bobée le metteur en scène! Le choix des acteurs provient donc de lui et non de Ronan!
Je pense que cette trilogie et la façon dont elle est mise en scène n'est pas destinée à une tranche d'âge en particulier, mais qu'elle accroche des sensibilités différentes. "Ca nous parle" ou "ça ne nous parle pas", c'est tout. Pour ce qui est de la mise en scène avec 1500 euros... C'est quoi l'intérêt? Dans ce cas ce n'est plus du Bobée! Pour ce qui est de Cannibales j'avais plus apprécié la lecture que j'avais pu voir à Avignon, intimiste, minimale, que la représentation finale. Donc OUI les textes passent aisément l'épreuve du sans le sou, personnellement je préfère même ça, mais ce serait nier l'esthétique développée par Bobée! Je n'y suis pas sensible, beaucoup de choses me gênent, mais au moins il assume à fond son propos. Quitte à déplaire... Il y a certaines mises en scène où ça pue le fric dont on ne savait pas quoi faire à plein nez, là je ne trouve pas que ce soit du clinquant inutile, en veux-tu en voilà. |
|
|
|
|
|
#24 (permalink) |
|
Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
Localisation: Paris
Messages: 50
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Pour l'acteur, mettons que ça soit D.B qui l'ait choisi : c'est un drôle de hasard tout de même (mais encore une fois, l'acteur en lui-même est excellent, je serais ravi de le voir dans un spectacle qui me botterait plus que Fées).
Avec 1500€, ce ne serait plus du Bobbé ? Drôle de raisonnement... Un bon metteur en scène devrait être capable de s'exprimer quels que soient ses moyens ! C'est pour ça que bien des metteurs en scène gagneraient à être vus dans des formes à 1500€. Que serait Braunschweig, par exemple, sans ses scénographies sur vérins ? C'est un metteur qui a toujours eu du fric, et ça se voit... Concernant le propos générationnel, ce n'est pas moi qui le dit, c'est dans le texte de présentation. Une chose encore sur la pièce elle-même : je trouve tout de même que pour une pièce où il est question d'ennui, d'impuissance, etc. le tempo est mal adapté : on ne s'arrête pas une seconde, là où normalement on devrait faire la part de l'ennui et du vide. Cette forme trop efficace est à l'opposé de la temporalité qu'imposerait le thème de la pièce. Je pense que, quelque part, ce problème "rythmique" est pour beaucoup dans le fait que ce spectacle ne soit pas très parlant... On est trop dans l'affirmation arbitraire, et pas assez dans l'expérience : en somme, cette pièce est une sorte de vrai-faux happening, et cache en réalité une démarche plutôt conventionnelle. |
|
|
|
|
|
#25 (permalink) | ||
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Citation:
Sans rire, j'ai eu le plaisir de voir plusieurs fois Ronan, et je n'ai à aucun moment fait le rapprochement avec lui quand l'acteur était devant moi! Citation:
Je faisais un constat, non une répétition de ce que la trilogie revendique ouvertement. |
||
|
|
|
|
|
#26 (permalink) |
|
Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
Localisation: Paris
Messages: 50
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Non, je ne pense pas faire une obsession sur Ronan Chéneau: mais vie n'est pas aussi vide que celle du personnage de la pièce, ce qui fait que j'ai des obsessions un peu plus consistantes, tout de même !
Pour les 1500€, ce n'était pas une règle à suivre, c'était juste une façon de recadrer les choses : je dis juste que la contrainte étant un excellent stimulant, c'est dans les cas de contraintes extrêmes que l'on distingue le talent et l'inventivité. Il est plus facile de faire de la poudre aux yeux quand on a des budgets pharaoniques, c'est tout ce que je dis ! Soit dit en passant, Lacascade fait pour moi partie de ces metteurs en scène là, même s'il est loin d'être le pire (simple question de budget à mon avis : c'est la seule chose qui l'empêche d'égaler Nordey, Braunschweig et consorts) ![]() Pour ma part, au cours de mes différentes créations, j'ai connu des budgets de création entre 550€ et 60 000€. Et je peux t'assurer que la pièce avec 60 000€ (la dernière en date) relevait d'un parti pris esthétique tout à fait en rapport avec celui de ma première pièce, l'expérience en plus. Je mets toujours un point d'honneur à ce que le fric soit invisible dans mes créations. Et soit dit en passant, si être pauvre ne donne aucune vertu en soi, il existe des artistes qui choisissent une forme de pauvreté économique qui fait partie intégrante de leur démarche de travail. Regarde un peu le travail de plasticiens comme Giuseppe Penonne ou encore Ernest Pignon Ernest : il y a là une humilité intéressante... Et donc effectivement, je persiste à penser que Fées, c'est la mise en oeuvre de beaucoup de moyens pour ne pas dire grand-chose... Et plus j'y pense, plus je suis énervé par cette façon de se vouloir rock n' roll sur la forme alors que le fond ne décoifferait pas une mèche sur le crane d'un jeune de l'UMP... Enfin bon, moi je dis ça, en même temps je ne dis rien... Et puis Arcadyan et toi, vous cotoyez la troupe, ça rend forcément moins objectif... |
|
|
|
|
|
#27 (permalink) |
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Ai-je contredit le reste de ta critique? Non! Car j'y adhère en partie!
Mais il y a des choses que tu dis (et qui pourraient être sur un autre spectacle) qui m'horripilent! Obligée de réagir. Mon objectivité est effectivement mise à mal, comme c'est quasiment le cas pour les spectacles auxquels j'assiste, par un contexte. Pour Cannibales et Fées en l'occurence je suis au contraire bien plus critique à cause des attentes que j'avais. Normal. |
|
|
|
|
|
#28 (permalink) |
|
Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Bon, moi je n'ai rien dit car je savais que Pidji allait faire un long post et je voulais d'abord voir ce qu'il allait écrire et les échanges qui allaient suivre avant d'y ajouter ma petite touche. Aussi ai-je peu à rajouter, si ce n'est quelques remarques personnelles :
-qu'en temps que trentenaire précisément je ne me reconnais pas du tout dans le cri de désespoir générationnel qui semble lancé dans ce spectacle... J'y retrouve même des attitudes que j'ai souvent constatées dans certains milieux de mon entourage et cherché à fuir... Récemment une de mes amies (trentenaire elle aussi) s'etonnait de voir comme les gens de notre âge sont (au contraire !) plein d'idées, de volonté, de désir de prendre en main le cours de leur vie comme bon leur semble, de changer les codes de la société, bref, pleins de créativité et d'enthousiasme ( j'ai ainsi bon nombre d'exemples de trentenaires aussi positifs, originaux et créatifs dans mon entourage, et je préfère sentir cette "poussée" de vie là à mon âge, plutôt qu'une lente passivité individualiste et légèrement glauque...). Comme dit c'est mon avis personnel sur la question générationnelle (très mise en avant par le spectacle et la présentation de celui-ci, je confirme). - que j'ai vu dans ce spectacle beaucoup de marques esthétiques qui me semblaient plutôt relever des années 70 : de pâles jeune fille dans une ambiance verte façon "Virgin Suicide"; de "floues" jeunes filles toutes mouillées s'amusant dans la beignoire façon images érotiques des années 70 ; l'environnement musical aussi (Bob Dylan par exemple)....Je n'a rien contre les années 70, au contraire : mais cela ne montre-t-il pas en un sens que le spectacle ne parle pas spécialement de notre monde et qu'en ce sens il ne s'agit pas tant de la réfléxion d'une "génération" donnée, qu'un propos qu'auraient pu tenir n'importe quels jeunes artistes un peu perdus dans leur travail à n'importe quelle époque, même au XIXe siècle.... C'est en tout cas ainsi que je le perçois..Plutôt une sorte d'introspection intemporelle et personnelle d'un couple auteur/metteur en scène qui cherchent leurs marques, plutôt qu'un spectacle qui aurait une actualité ou une réelle réflexion sur le monde d'aujourd'hui.... Je comprends donc pourquoi cela énerve Pidji ou tous ceux dont la quête est de chercher un sens profond au théâtre, un ancrage important dans notre monde....Ce spectacle est joli à voir, mais il n'interroge rien et ne remet rien en cause, n'offre rien non plus....un peu nihiliste peut-être ?......
__________________
Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina |
|
|
|
|
|
#29 (permalink) |
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Comme d'habitude j'arrive après tout le monde, mais j'imagine que vous commencez à vous faire à mon esprit d'escalier.
J'ai beaucoup aimé Fées, comme ça ça plante le décor. J'espère ne pas être accusée de faire partie de la secte Cannibales : c'est vrai qu'à ce stade sur le forum, ça paraîtrait parfois presque suspect d'aimer un spectacle de Bobée... Donc Pidji aimerait savoir ce que David Bobée aurait fait avec 1500€. En tant que future gestionnaire qui s'apprête à être psychorigide sur les budgets, je suis bien obligée de reconnaître que là, vraiment, je m'en fous. Bien sûr, je me suis déjà énervée devant beaucoup de mises en scène en voyant le luxe de certains décors. Mais ce qui m'énervait précisément, c'est que ces décors coûteux ne servaient à rien à part rassurer les bons bourgeois en mal de dorures. Je pense en particulier à un magnifique escalier dans La Danse de mort monté par Lassalle dont j'espérais qu'il serait un élément primordial de la pièce, pour finalement découvrir qu'il n'était qu'un élément décoratif. Je suis sortie de cette pièce particulièrement énervée. Question utilité, pertinence et utilisation du décor face aux contraintes budgétaires imposées à d'autres, j'ai donc tendance à être particulièrement intraitable. C'est pourquoi je ne comprends pas la remarque de Pidji qui ne me semble pas justifiée en plus de s'engager sur le terrain glissant du léger populisme qui déplore le soi-disant gaspillage de l'argent public par les artistes. Dans Fées, chaque élément de décor est justifié et surtout pleinement exploité. La baignoire n'est pas là pour rien, les miroirs et caméras non plus. Chaque élément semble avoir sa place et son utilité dans la mise en scène et le propos. Je n'ai rien vu de parasite. Je fais confiance en la capacité de David Bobée à être créatif avec 1000 euros et ne comprends pas bien en quoi un tel débat vient à émerger ici. Concernant les attaques contre le texte de Ronan Chéneau et même contre sa personne même (ce que je trouve assez gratuit voire un peu déplacé), je trouve qu'elles relèvent du procès d'intention. Vous allez me dire que je ne comprends rien, mais encore une fois je ne saisis pas ce qui sous-tend de tels reproches, si virulents qu'ils en deviendraient presque suspects. Ronan serait donc accusé de nombrilisme, de trop parler de lui. Déjà, que sait-on de Ronan pour décréter qu'il parle de lui? Vous aviez déjà critiqué le journal de Cannibales pour son côté trop intime, et c'est le même reproche qui se répercute ici. J'ai l'impression que vous avez regardé Fées à travers le prisme de ce qui s'est passé ici sur le forum et je trouve cela dommage. Juste un détail : je ne trouve absolument pas que l'acteur ressemble à Ronan. D'autre part, en quoi est-ce si dérangeant qu'un artiste parle de lui? Je n'ai absolument pas l'impression que Fées confine au nombrilisme, d'autant plus lorsqu'on connaît les procédés d'écriture de Ronan qui se font en lien avec ce qui se passe sur le plateau. Je ne suis qu'une comédienne amateur ("à la con?"), mais à mon modeste niveau, j'ai l'impression que l'on crée toujours à partir de ce que l'on est soi. Pourquoi nier cette personnalisation de la création? Qu'il y a t-il de si gênant? D'ailleurs, en relisant l'un des posts de Pidji, quelque chose me surprend car j'ai l'impression que tu te contredis précisément sur ce point lorsque tu affirmes que le spectacle manque d'expérience. Mais peut-être ai-je mal interprété tes propos. Ensuite, je remarque, et cela me surprend, que le débat porte essentiellement sur le fond et non la forme du spectacle, ce qui est franchement rare. D'habitude, se préoccupe-t-on vraiment du sens politique ou social de l'oeuvre? Pas vraiment. On cherche à y trouver une essence certes, mais plutôt de l'ordre de l'esthétique. A lire Pidji et Amandine, on a un peu l'impression que Fées serait un plaidoyer pessimiste sur la génération trentenaire, comme une sorte de sermon apocalyptique à la Raël. Et si moi je n'avais rien vu de tout cela? Si moi j'avais seulement vu un mec qui essaie de naître et qui ne se relève pas, tourmenté par des Erynies? Depuis quand juge-t-on la qualité d'un spectacle à la vision du monde qu'il véhicule? Prenons par exemple Base 11/19 de Guy Alloucherie : comment oserais-je dire que je n'ai pas aimé juste parce que je ne vote pas à l'extrême-gauche? Pour moi il s'agit d'un déplacement du débat. Bien entendu que le propos d'une oeuvre est important, je ne suis pas en train de prôner l'avènement d'une coquille vide uniquement formelle, mais je suis sincèrement frappée qu'on parle de la génération trentenaire et non du spectacle lui-même. Le spectacle n'a rien à dire, dites-vous? Il a à montrer une vision du monde, pessimiste, nihiliste, hallucinatoire. J'ai 21 ans et j'ai l'impression d'appartenir à une génération sacrifiée : en cela cette tentation du vide, je la ressens souvent et je sais que Bobée a touché dans toute cette eau, cette lenteur, cette difficulté à naître et à être au monde, ce cauchemar inquiétant, quelque chose qui me concerne moi. Donc, à moi, Fées avait quelque chose à dire et à me donner. Ce n'est pas pour autant que je suis suicidaire, et je trouve que Fées est finalement assez positif également : l'homme est tout de même vivant après avoir franchi de nombreux obstacles. Enfin, Pidji, tu trouves que la forme ne colle pas au fond : j'ai envie de te faire une réponse un peu mesquine en te disant que, si tu veux de la lenteur, tu peux aller voir du Claude Régy (je sais c'est facile ^^). Non seulement j'ai trouvé l'inertie très présente (sans être pesante) dans Fées, mais de toutes façons je ne comprends pas pourquoi la forme devrait coller au fond. Disons que cela me semble être un postulat, un parti-pris singulier qui fait d'une oeuvre un truc homogène et peut-être un lisse, sans aspérité. En tout cas je trouve qu'il s'agit d'une projection de tes schémas et idées de mise en scène. Et puisque tu aimes que la forme s'adapte au fond, alors je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas aimé la structure brouillonne du spectacle, qui, pour le coup, colle complètement à son sujet. Il y aurait encore tant de choses à dire.... J'ai trouvé la critique de Pidji particulièrement stimulante, j'aurais aimé pouvoir y répondre systématiquement point par point, mais je ne peux pas. Peut-être que j'ai la flemme. En fait, comme pour Cannibales, je remarque que j'ai beaucoup de mal à parler de Fées. Cela reste pour moi des spectacles un peu à part sur lesquels j'ai laissé la place à mes émotions sans pouvoir établir une analyse froide et distanciée. Vous ne pouvez pas m'accuser d'être à la fois juge et partie : contrairement à Arcadyan et Elliania, je n'ai aucun lien personnel avec Ronan Chéneau ou David Bobée. Mais j'ai juste envie de leur dire de continuer.
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage |
|
|
|
|
|
#30 (permalink) | |
|
Adhérent
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Au coin de la lippe de la France.
Messages: 313
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Citation:
Bon je n'ai pas vu Fées mais j'ai bien envie de créer un sujet sur Base 11/19... Je suis très mitigée sur ce spectacle, notamment sur ce dont tu parles, alors si ya matière à ouvrir un débat.... J'essaierai de faire ça ce soir si j'ai le temps.
__________________
"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez." André Durupt, peut-être. |
|
|
|
|
|
|
#31 (permalink) | |
|
Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
Citation:
Donc tu vois Vanille tu admets toi-même que la "vision du monde" que véhicule un spectacle est importante ! Puique c'est cela qui nous touche dans un spectacle ! Et donc un spectacle nous apparaît comme "fort" quand on lui trouve un sens. ! et pas seulement quand c'est joliment fait... La "vision du monde", je dirais même la conception du monde, n'est pas réduite à la politique (au politique à la rigueur) : c'est à prendre en un sens plus philosophique, plus existentiel...On en a déjà parlé ailleurs il me semble : on aime un spectacle aussi pour ce qu'il nous dit et ce qu'il nous montre, profondément, sur nous-même et sur le monde...pas seulement pour l'agréable moment esthétique qu'il procure (car en ce cas, oui, Fées, est un joli moment esthétique... mais ensuite ?? pourqoi on fait du théâtre ? pour voir de jolies choses ?). Or le propos générationnel, les réflexions sur le statut d'artiste, le spectacle ne fait qu'en parler pendant plus d'une heure ! Comment ne pas l'entendre ?.... comment faire comme si on n'avait pas évoqué le sujet ?... et en ce cas, si on est pas du tout d'accord avec ce propos, comment "accrocher" davantage au spectacle ?.... En ce qui concerne le budget du spectacle, je laisse répondre Pidji puisqu'il en a parlé : mais ce n'est pas parce qu'une scénographie est effectivement utilisée complétement dans un spectacle qu'elle est intéressante, si ? Et si c'est raconter quelque chose dont on a besoin, et non épater par des trouvailles scénographiques, la question du budget me semble en ce cas pertinente... elle pourrait se reformuler ainsi : a-t-on besoin d'une scénographie aussi complexe (et, du même coup, coûteuse, mais ce n'est qu'une conséquence), pour exprimer ce que Ronan Chéneau et David Bobbée cherchaient à exprimer dans ce spectacle ?....La question est entièrement ouverte de ma part....
__________________
Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina Dernière modification par Amandine ; 13/04/2007 à 23h09. |
|
|
|
|
|
|
#32 (permalink) |
|
Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
Localisation: Paris
Messages: 50
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
En effet, ça stimule, ça stimule... Question flemme, je prends ma part, en ne répondant pas à nouveau sur certains points auquels j'ai déjà répondu : le propos générationnel (ce n'est pas moi qui le dis, c'est les artistes eux-mêmes), et l'explication du propos sur la pauvreté.
Je ne m'étendrai pas sur l'histoire de la ressemblance du comédien avec Ronan Chéneau; ça saute aux yeux, mais après tout on s'en fout ! Sur la personnalisation, tu interprètes mal mes propos, en effet. Je ne vois pas où je me contredis. Je redis clairement : bien sûr qu'un auteur, comme un acteur ou un metteur en scène, met de lui-même et part de lui-même. Autrement, le travail d'auteur se résumerait à un travail technique. Mais la "distillation" est un peu limitée, voilà tout; si écrire est juste recracher tout ce qu'on sent... Je devrais faire ça, j'écrirais plus vite... Je suis plus perplexe sur la division entre forme et fond. La forme est ce qui transforme, entre autres par l'intermédiaire du texte, le propos du spectacle (le discours) en objet comestible par les cinq sens du spectateur. La forme est donc intimement liée au fond. Autrement, il y a hiatus; et pour moi, c'est le cas. La mise en scène est inventive, mais invente à mon sens dans le (quasi) vide. Mais bon, je ne comprends peut-être rien à l'art de Ronan Chéneau. Tu sais Vanille, j'en vois des spectacles aux formes déroutantes, apparemment sans queue ni tête. Je pourrais parler par exemple de Martine j'ai un groupe, chantier présenté par Mélanie Martinez Llense dans le dernier festival Labomatic de la Ferme du Buisson. Un truc incroyable, mélangeant rock n'roll, vidéo, et plein d'autres choses... Le spectacle n'était qu'une forme, mais dégageant un vrai propos, un vrai regard sur le monde. Ce petit machin, fruit d'un mois de travail à peine, était vraiment déroutant. Le problème de Fées, c'est que ça ne m'a pas dérouté une seule seconde (malgré la qualité des comédiens). Il ne suffit pas d'être brouillon et de partir dans tous les sens pour être moderne et original... Par ailleurs, je n'ai jamais parlé de lenteur, simplement de l'ennui : ce n'est vraiment pas la même chose. Et si on va par là, il est effectivement facile, et risqué, de parler de Régy, surtout dans un post sur Bobbée et Chéneau; ce n'est pas leur faire injure que de dire qu'ils ne jouent pas tout à fait dans la même cour, il me semble. Pour finir, je reviens finalement sur l'aspect le plus mal compris de mes posts : le FRIC ! Je n'ai jamais dit que les spectacles ne devaient pas couter trop d'argent ! S'il vous plaît pas de procès d'intention sur un éventuel poujadisme concernant les artistes qui gaspillent : j'ai créé presques toutes mes pièces avec un budget en grande partie public (Ministère, conseils régionaux, Départements et villes) ! Ce que je dis simplement, c'est que je déteste quand les moyens sont apparents !!! C'est quand on ne se pose même pas la question que c'est réussi : effectivement, je ne me la pose que sur les spectacles que je trouve mauvais ! On s'en fout du prix dans l'absolu ! Le fric de Braunschweig n'est insupportable que parce que son théâtre est mortifère ! D'ailleurs, je n'aurais pas du attaquer ça sous l'angle du fric, mais plutôt parler d'un spectacle qui affiche sa sophistication (qui effectivement, suppose des moyens). Dans Flux, de Cyril Teste, qui est mon contre-exemple de référence, la complexité technique est beaucoup plus grande, les moyens financiers sont là, mais ça ne se voit pas : la forme à laquelle on assiste est évidente, ne vaut que par ce qu'elle communique. On se fout de savoir combien il y a de caméra, et on se fout aussi de sa "robinetterie" à lui. J'aurais pu dire pareil pour Wajdi Mouawad, et bien d'autres. En fait, je trouve que ce spectacle manque d'épure (la encore, il y a malgré tout des leçons à prendre du côté de Régy. Il est peut-être chiant, le vieux, mais le sens qu'il parvient à créer avec rien a quelque chose de prodigieux. A méditer, même quand on est jeune et dans des formes qui se veulent rock n'roll). Bon voilà, je pense que j'en ai fini avec ce spectacle. J'ai déjà trop parlé... |
|
|
|
|
|
#33 (permalink) |
|
Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
Localisation: Paris
Messages: 50
|
Le ministre de l'ntérieur vient de m'appeler sur mon portable...
Il était en train de lire notre passionnant échange sur Fées, quand tout à coup, toute une partie de la discussion s'est envolée. François "Harry Potter" Baroin ayant renoncé à la sorcellerie depuis son arrivée place Beauvau, il a cherché la cause de ce tour de magie. Je l'ai pleinement rassuré : il pourrait retrouver les fameux échanges dans un recoin du forum où nul googlien ne pourrait s'aventurer par mégarde.
Un peu limite, le coup du "Off Topic", non ? S'il y a des paroles interdites, il faut le dire tout de suite. |
|
|
|
|
|
#34 (permalink) |
|
C'est qui l'chef???
|
Re : Le ministre de l'ntérieur vient de m'appeler sur mon portable...
Bah faut pas se sentir persécuté...on va donc m'accuser de censurer maintenant? off topic ou censure, ca dégage, là ce n'est pas le cas, c'est uniquement déplacé ici : http://www.unairdetheatre.com/forum/...dget-t748.html
ca permet au googlien de ne pas s'aventurer par mégarde, et de pouvoir avoir l'intégrale de la discussion...et comme je l'ai dit, si n'importe qui trouve que ce déplacement modifie les propos tenus dans le topic original, bah je ferai les rectifications...
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance. |
|
|
|
|
|
#35 (permalink) |
|
Administratrice
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
La Biennale Internationale de la Danse Universitaire (BIDU pour les intimes), rencontres autour de la danse organisées par l'Ecole de Danse des universités de Grenoble et sa figure de proue Yves Riazanoff, présentait, dans la semaine du 23 au 27 Avril, deux productions d'après Ronan Chéneau. Vous vous doutez bien que je me suis empressée de m'y rendre, curieuse de découvrir ce qu'une matière théâtrale pouvait donner en danse.
Avec le groupe chorégraphique de l'université de Tours, Véronique Solé est à l'origine de deux chorégraphies, fidèlement intitulées Fées et Cannibales, d'après les pièces du même nom. Les deux univers développés sur scène sont assez différents, et marqués par une danse contemporaine à l'esthétique forte. Des petits détails me rappellent d'autres démarches d'artistes contemporains (Christian Rizzo, Seb Martel/Thomas Lebrun, ou Pascal Rambert). Je ne sais pas si ce sont des références conscientes ou si c'était seulement des connexions qui s'établissaient dans mon esprit. Pour Fées les danseurs viennent installer leurs "petits coins de vie" en collant de l'adhésif orange au sol. Chacun son espace, seul ou en couple. Mis à part: un grand garçon dégingandé qui créera la musique en direct avec sa guitare et son micro. Des bruitages et des sons distordus qui achèvent de créer une atmosphère étrange. Les projecteurs éclairent violemment les danseurs quand ils ne sont pas avalés par la pénombre. Jeans et torse nu pour les garçons, jeans et brassière noire pour les filles. Les corps s'agitent et transpirent, se débattent contre cette solitude. Une danseuse arrache l'adhésif avec les dents, en avale une bonne partie puis le recrache. Les interprètes ont beaucoup de présence sur scène et ils s'approchent tout près du bord de la scène, près de nous, prêts à franchir la limite. Non... ils restent seuls. Autant Fées m'a plue par tout l'univers visuel et on pourrait dire par la mise en scène presque, autant Cannibales m'a absolument subjuguée par la chorégraphie! Malgré une salle qui n'était pas adaptée à des réprésentations de danse, les jeunes universitaires s'en sont admirablement sortis. Ils ont une maîtrise corporelle impressionnante que, je l'avoue, je ne m'attendais pas à trouver lors de ces soirées-là. Un duo tout en portés atteignait pour moi un très haut niveau, digne de mes chorégraphes belges préférés. Techniquement et émotionnellement magnifique! En revanche le choix musical m'a gâché mon plaisir et tranché beaucoup avec l'univers sonore de Fées. Il s'agissait de chansons qui s'enchainaient, avec certes un écho entre les danses et les paroles, mais musicalement pas follichon. En tout cas j'espère que les textes de Ronan Chéneau nourriront d'autres créations d'artistes en devenir, car il semblerait qu'ils constituent une mine inspiratrice de bien beaux projets. |
|
|
|
|
|
#36 (permalink) |
|
visiteur
Messages: n/a
Mon Humeur
|
petite question^_^
Bonjour à tous...
J'aimerai savoir si quelqu'un sait si il existe une trace vidéo de la pièce "Fées"? Je suis allée la voir 2 fois, j'aime bcp!!! Savez vous également si il est possible de joindre David Bobée ( mail ou tel )? Merci d'avance Laura. |
|
|
|
#37 (permalink) |
|
C'est qui l'chef???
|
Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
bonjour
Pour des traces vidéos, il doit y en avoir, tout du moins quelques extraits, reste à savoir s'ils peuvent être rendus public ou pas... Pour ce qui est d'un contact avec David Bobée, Vous pouvez nous envoyer un email à equipe@unairdetheatre.com, et nous lui ferons suivre.
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance. |
|
|
|