La Damnation de Faust de Robert Lepage
|
|
[align=justify:fc4b9be25f]J'avais beaucoup entendu parler du canadien Robert Lepage, je n'ai pas été déçue en allant voir sa dernière mise en scène le 28 juin. Passons sur le prix de mes places à l'Opéra Bastille couplé à un placement rédhibitoire dans la salle et à des programmes payants.
Lepage n'était pas gâté par l'opéra de Berlioz : des longueurs, des passages musicaux sans chant, peu d'action... Il en a fait une oeuvre magnifique.
Ici c'est la vidéo qui fait le décor. Et là où Braunschweig qui avait tenté le même pari dans La Flûte enchantée en 2002 s'enlisait dans l'anecdotique, Lepage parvient à créer des décors tactiles donnant l'impression qu'il y a une véritable matière alors que ce ne sont finalement que des écrans... Les projections se font sur les acteurs/chanteurs/danseurs comme sur la scène et ses murs, créant ainsi une ambiance et un décor.
Très impressionnante également, la capacité de Lepage à "remplir" des moments uniquement musicaux où il est censé ne rien se passer... Plusieurs fois, nous verrons ainsi une action répétée à l'infini dans différents endroits de la scène et par différents comédiens sans que cela paraisse manquer d'inventivité. De même, il a totalement utilisé l'espace de la scène, horizontalement et verticalement : Lepage a le sens de l'image, sur scène comme sur écran.
Les costumes sont très réussis, à la fois kitsch et beaux, même si l'on aurait que l'écueil du diable en rouge avec des cornes soit évité...
Seul bémol, si l'on peut dire : la partie musicale était moins convaincante, avec des chanteurs peinant à remplir l'espace de l'Opéra Bastille : d'où j'étais, les voix portaient peu et manquaient de présence.
Au final, un très bel opéra et une envie de suivre le travail de Robert Lepage...[/align:fc4b9be25f]
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
|