Les Barbares et le fantôme de Platonov.
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« Les Barbares », mise en scène Eric Lacascade, le 17 juillet 2006, Cour d?Honneur du Palais des Papes.
La soirée débutait de façon agitée : journée d?actions des intermittents qui « défonçaient » les barrières à l?entrée de la cour du Palais des Papes, puis envahissaient le plateau, et le public reprenant en c?ur « dehors le ministre ! »?Puis à 22h30 intervention de toute l?équipe des Barbares avant de se lancer dans cette première représentation?
« Les Barbares, ce pourrait être Platonov vingt ans après » nous avait-on dit. Effectivement, les fantômes sont là : plateau noirci, mur en friche, fenêtres cloitrées, nous retrouvons l?univers de Platonov vieilli. Tut commence avec Bob Dylan, puis Noir Désir en anglais. Premiers rires dans le public, cette scène fait son effet. On peut noter ceci comme une performance d?ailleurs, un comédien chanteur seul avec sa guitare arrive à envahir toute la cour. C?est la première bonne surprise des barbares?Et malheureusement la seule?Certes, nous retrouvons les comédiens, toujours excellents, très présents sur cette immense scène de la cour. Christophe Grégoire en petite rouquin est très mignon. On entend le texte. La mise en scène est bien réglée? Mais rien ne se passe? Rien au sens de la magie? On regarde, on apprécie?Mais on n?admire pas et on n?est pas ému?Certaines scènes nous rappelle amèrement Platonov?Certaines images?Mais la magie n?est pas là?C?est dommage, car tout est là et ce pourrait être extrêmement beau, extrêmement grand?Mais on a toujours la sensation qu?il manque quelque chose?L?équipe n?a visiblement pas trouvé cette petite flamme qui créé l?émotion? Manque de temps ? Ou bien est-ce encore une fois cette Cour d?Honneur qui joue de mauvais tours ? Nous verrons bien avec la tournée qui va suivre, il n?est pas impossible que « Les Barbares » se trouvent enfin. Cela dit, nous sommes bien dans ce festival d?Avignon 2006 : une fois de plus, tout coule et s?écoule, tout se regarde?Sans passion, sans émotions, sans vie. Et puis peut-être que tout ce qu?on peut reprocher à Eric Lacascade, c?est de nous avoir fait tant rêver avec Platonov.
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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