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#1 | ||
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C'est qui l'chef???
Date d'inscription: octobre 2005
Localisation: Rouen
Messages: 2 521
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« Colère ! », du Groupe Merci, mise en jeu de Solange Oswald sur une installation de Joël Fesel, textes de Ronan Chéneau, Eric Arlix et Jean-Paul Quéinnec. La Chartreuse le 10 juillet 2006.
Page 88 du programme. Dans le In sans vraiment y être, mais en y étant quand même?L?histoire est compliquée, mais en gros, les inconvénients du In (le prix), sans les avantages ( une bonne vision dans le programme). Bref, Ronan (Chéneau) m?avait dit d?y aller, compte tenu de son investissement sur le site, je ne pouvais pas passer outre. Alors tant pis pour le prix. J?y vais. Alors comment ça va ? Suis-je motivé ? J?arrive donc à la Chartreuse, je prends mon billet. Et j?attends. Et j?entre. Dans une petite rue, un comédien est là. Il nous demande si « ça va ? », « si on est motivé ? » ? Et ça commence mal. Bien entendu, on peut s?attendre à des réponses du public. Mais un spectateur, visiblement très en colère, commence à monologuer, à intervenir. C?est gênant, très gênant, on n?entend plus le texte, plusieurs rires, le comédien m?a l?air gêné? Et puis vu qu?un spectateur prend la parole, pourquoi d?autres n?en feraient pas autant ??? C?est lourd? Cela dit, ça me met en colère, finalement, je suis dans le ton? Tant bien que mal, le comédien finit son discours d?accueil, et nous sommes entraînés dans le Grand Cloître de la Chartreuse. Ciel ouvert, quelques étoiles, lieu de recueillement. Un grand mur rouge avec quelques « judas » et des écouteurs. On nous encourage à aller voir et entendre ce qui se passe. Bien entendu, je ne vous dirai rien. L?attente est longue, les gens me passent devant, de quel droit, je n?en sais rien?Ca m?énerve. Je passe enfin derrière le mur. Là, trois tapis roulants, et une sorte de tour rouge au fond. Bien entendu, le spectateur qui s?était précédemment fait remarquer se met sur un des tapis. Un technicien intervient. Ca a l?air de le calmer. Ouf. Des échelles sont installées sur le mur et la tour, on nous invite à monter et à regarder à l?intérieur de ces deux « objets ». Le public déambule dans une atmosphère rouge, une sorte de colère latente qui contraste énormément avec le lieu. Puis peu à peu, des corps arrivent sur les tapis. On les regarde. Ils nous regardent. Fixement. On s?amuse à essayer de tenir leur regard. Sans succès finalement, je détourne les yeux, je me dis que « je vais m?en prendre une si ça continue ». « Ca va ? », j?esquisse un oui de la tête. D?habitude, cette question anodine appelle un « oui » finalement tout aussi anodin. Et là on se demande si « ça va » vraiment. Le public se déplace toujours. Les textes sont de plus en plus longs, présents, tout en restant fragmentés. La colère est là, mais jamais dans l?excès. Elle n?a jamais le temps de devenir violente. Comme si, dans notre société, nous n?avions pas le droit de montrer tout le temps nos colères. La colère est intime, personnelle, on la sent, elle est là elle nous entoure?mais elle n?a droit de s?exprimer que sur ces tapis. Sur ces tapis elle vient, elle monte, elle se dit, s?éprouve?Et s?arrête violement quand les comédiens sont « en bout de course ». Elle s?arrête le temps de trouver une autre place, un autre tapis?Il semble que des choses se passent dans les murs et dans la tour, on retourne voir. Des tabourets sont distribués, la déambulation s?arrête, on se pose et on assiste au défilé des colères, façon défilé de mode?A la fin, un dernier corps nous dit « Ca ira ». Ce travail est intelligent (pas dans le sens prise de tête). Il évite soigneusement et tout en finesse les écueils d?une facilité qui consisterait à prendre la colère avec excès, avec des cris et des larmes. Il s?agit là d?une colère intérieure, et bien plus violente que ce qu?on pourrait imaginer. La lumière crée du sens, elle n?est pas là uniquement pour éclairer ce qu?il se passe. Oui, ça peut paraître évident ce que je dis, mais c?est rare quand cette théorie fonctionne. Là, c?est le cas. L?installation est troublante, et plonge le spectateur dans son propre imaginaire. Alors est-ce que ça va ?... Ca ira. Ca ira. Et après ? Je tiens en effet à parler de l?après pièce, de la générosité du groupe, enfin de la Troupe « Merci ». Bien entendu, j?ai rejoint Ronan après la pièce. J?ai pu profiter du cocktail au bar, discuter avec les comédiens, l?administratrice, le plasticien et la metteur en jeu de la compagnie. Je ne suis en général pas du tout à l?aise dans ce genre de réunion. Je ne suis que spectateur et on est forcé de constater, tout particulièrement dans cette édition In du festival, qu?il y a une frontière entre les gens sur scène et le public. Là, tous sont très accueillants, attentifs, à l?écoute. Les discussions sont riches?et peu à peu alcoolisées, il faut l?avouer. Beaucoup s?excusent. J?ai payé ma place 25?. Ils n?y sont pour rien, je leur dis qu?il n?y a pas de problème (en plus, j?ai plus qu?apprécié leur travail). Mais ils sont gênés. Ils me proposent de revenir gratuitement et me disent que si je connais des gens, il faut que je les prévienne, on aura des tarifs. Je n?en demande pas tant. Le bar ferme. On me donne rendez vous cellule D. Là, il n?y a que la compagnie. Pour certains je suis l?ami de Ronan, pour d?autres je suis Yann. En tout cas, je ne suis pas invisible et me sens complètement accueilli. « Bienvenue dans le Groupe Merci, tu es des nôtres » me dira Fred, un des comédiens. Musique disco, puis cabaret improvisé. La petite fiesta se terminera vers 4 heures. Je tiens à les remercier pour cette soirée plus qu?agréable et étonnante. Cette soirée riche. Et si certains sont en Avignon et me lisent, allez les voir, et discutez si vous le souhaitez avec eux après (je pense qu?ils sont très accessibles). Vous passerez un moment dont vous vous souviendrez. Encore Merci Pour Tout.
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Et la mort est pour nous la dernière créance. |
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#4 | ||
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 524
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Alors je trouve ça dommage...
Si on fait un spectacle sur la colère, et qu'on "cherche" ainsi le public, on devrait pouvoir intégrer aussi les colères du public (et même d'un public frustré !) au spectacle.... non ? Sinon, est-ce qu'on ne risque pas de rester dans le discours superficiel ? Est-ce que les "accidents" au théâtre ne devraient pas faire partir du spectacle (puisque justement Arcadyan tu as tellement aimé la pluie imprévue sur les danseurs de Nadj) ?.... ce sont des questions ouvertes évidemment, puisque je n'ai pas vu ce spectacle sur la "colère".... |
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#5 | ||
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Administratrice
Date d'inscription: novembre 2005
Messages: 2 036
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Certes c'est le boulot des comédiens d'être prêt à jouer avec n'importe quelle situation, mais un spectateur qui est déjà énervé après quelques minutes seulement de spectacle, c'est lui qui doit se calmer!
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#6 | ||
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 524
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oui mais alors pourquoi faire un spectacle sur la "colère" si on accepte même pas la vraie "colère" des gens ??? Ca sert à quoi ??
peut-être que ce gugus est venu là justement parce que le titre l'a atttiré, lui qui était tellement en colère ! |
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