Triskel par le Cirque Baroque, au théâtre du Chien qui Fume, le 8 Juillet à 22h45
Le titre nous annonce la couleur : ce sont les influences celtiques que les trois interprètes du Cirque Baroque ont choisies comme ligne directrice.
Fraîchement repeint et décoré par de magnifiques photos, le Chien qui Fume est d?abord un lieu agréable. On se sent dans un vrai théâtre (non pas dans un garage aménagé comme c?est parfois le cas à Avignon), avec en prime un charme irrésistible dû aux poutres en bois et aux vestiges apparents de l?ancienne maison que devait être le Chien qui fume avant sa reconversion.
Une structure assez conséquente orne le plateau : du métal à l?avant-scène, une sorte de butte angulaire au fond, le tout encadré dans un triangle.
Les trois artistes nous offriront une belle démonstration physique à travers des numéros d?échasses, de funambulisme, de cordes, de trapèze triangulaire? Des classiques du cirque en somme ! Classique, c?est le reproche qu?on peut formuler face au sourire consciencieux de la demoiselle, et aux pointes rigoureusement tendues de nos athlètes. Si la scénographie amène une nouvelle approche de numéros séculaires, cela ne suffit pas encore à nous faire oublier l?aspect académique de cette représentation. Même si le thème original semble respecté, on s?égare parfois dans des transitions et remplissages douteux, des claquettes en clôture par exemple ! Alors que la maîtrise et la grâce des trois athlètes suffiraient largement à nous maintenir en haleine, on regrette qu?ils s?éparpillent dans des registres où ils semblent moins à l?aise (l?utilisation des masques, des tentatives clownesques, ?). On remarque particulièrement le jeune homme aux cheveux tressés qui se meut tel un animal, entre le félin et le Mowgli acrobatique. Les numéros impressionnent, des bravos et des « ooooh » d?admiration (ou de frayeur) retentissent. La performance est remarquable, mais ce n?est pas tout, le Cirque Baroque nous tire quelques larmes lorsqu?un circassien s?enroule et se déroule dans les airs, tourbillonne sur une chanson de Denez Prigent et Lisa Gerrard, extraite de la BO La chute du faucon noir. Choix judicieux, l?air vibre sous le vent breton. Outre un rythme entrainant (de Riverdance ?), les autres morceaux seront plus confus, mélangeant le tribal au celtique. Les costumes, élaborés par la femme du trio, tournent limite au ridicule lors du dernier numéro dans les airs, mais les combinaisons sables ultra moulantes disparaissent vite lorsque les corps des trois athlètes suspendus s?organisent en un ballet aérien.
Ces anglais méritent de poursuivre encore longtemps leurs explorations artistiques et physiques, sait-on jamais jusqu?où ils pourraient nous mener ?
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