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#1 | |||||
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Date d'inscription: août 2008
Localisation: Cergy ou Puteaux, c'est selon
Messages: 1
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Nouvelle sur ce site et membre d'une association étudiante de théâtre, je voulais vous communiquer la critique que j'ai écrite d'une pièce vue courant Juillet, un peu par hasard, et qui m'a vraiment marquée... SHHH Une pièce d’Abraham Gomez Rosales Mise en scène, adaptation, traduction : Alexandre Blazy Avec Baptiste Caillaud, Angélique Zaini, Florian Jamey, Yasmin Berber, Maëlia Gentil, Alexandre Blazy, Leopold Hedengren Dans une société où tout est interdit, et où ce qui n’est pas interdit est obligatoire… Dans une société où il faut payer pour rire, pleurer, discuter, se disputer, désirer … Dans une société peuplée de socialiezuses, d’arrestador.com, de machines à café… Dans une société où un Chinois a ouvert clandestinement un Petit Coin de Défoulement Emotionnel… Dana et Romen se rencontrent, se regardent, tombent amoureux. Le nom de la pièce suffit à attirer l’attention. « Shhh ». Bizarre. Déjà, comment ça se prononce ce truc ? Comme le bruit qu’on fait pour demander le silence, un long sifflement qui frotte contre le palais, lèvre du haut retroussée, bouche en cul de poule ? Pas très pratique dans les conversations. « - Tu es allé voir [long sifflement intimant le silence] ? - Mais j’ai rien dit..... ?!? ...Voir quoi ? - Ben [long sifflement intimant le silence] ! »… En fait, ça se prononce [Chu]. Maintenant qu’on sait le prononcer, on peut en parler. On se dit qu’une pièce dont le nom soulève à lui seul tant d’interrogations doit être vraiment… spéciale. Oui mais il y a deux types de « spécial ». Le « spécial » que l’on déclare d’une voix hésitante, les sourcils levés, la bouche déformée par une grimace indiquant clairement que seule la politesse nous fait éviter le « vraiment naze ». Et le « spécial » accompagné du regard qui brille, du ton excité et qui signifie «enfin un truc qui change dans cette routine morose, enfin quelque chose d’hors norme ! ». Eh bien coup de chance, Shhh appartient à la deuxième catégorie. On pourrait également la qualifier de « décalée », « originale », « vivante », « déjantée », « burlesque » ou si comme moi on a tendance à s’emporter, d’« absolument géniale ». La pièce décrit une société qui ressemble un peu à la notre, mais poussée à l’extrême. Dans la lignée de 1984 ou du Meilleur des Mondes, on observe avec beaucoup d’amusement (et aussi un peu d’effroi tant il ne semble pas si loin du notre) ce monde où tout n’est que lois, formulaires, règlements. Sur scène seulement 7 acteurs, qui interprètent en tout 28 personnages : humains ou machines, drôles ou pathétiques, attachants ou odieux, souvent un peu de chaque à la fois… A l’image du mélange de genres que constitue la pièce. Ce qui est sûr, c’est qu’on a devant nous 7 acteurs talentueux, qui nous entraînent dès les premières minutes dans un univers de douce folie. Le texte n’a pas une structure linéaire. Les scènes ne sont pas dans l’ordre chronologique. Le spectateur comprend petit à petit l’univers de Shhh et la recherche désespérée de Romen, à la croisée des trajectoires des personnages de la pièce. Mais cette pièce, d’où sort-elle ? Ecrite par Abraham Gomez Rosales, un jeune auteur espagnol qui est pour le moment, osons le dire, un illustre inconnu, elle a été traduite et mise en scène par Alexandre Blazy, diplômé de l’ESCP. Encore une preuve que les écoles de commerce regorgent de talents ! Car pour l’une de ses premières pièces, on peut dire qu’Alexandre fait fort. Durant toute la pièce, chaque mouvement, chaque déplacement est parfaitement chorégraphié, créant au final une sorte de ballet mécanique très esthétique. Une bande son est utilisée, alternant voix off, jingles, musique, ce qui renforce l’aspect « vivant » de la pièce. Entre le glauque, le démodé et le coloré, les costumes font ressortir l’absurdité et donnent plus à imaginer qu’à voir. L’idée est de représenter le futur avec une technologie dépassée : effet comique assuré ! A chaque minute, notre attention est sollicitée par un élément nouveau : absolument IMPOSSIBLE de s’ennuyer, d’autant plus que la pièce ne dure qu’1h30. Le théâtre choisi pour les représentations, l’Espace Comédia, colle parfaitement à la pièce : une centaine de places aux fauteuils confortables dans une salle petite, intime, qui implique une grande proximité avec les acteurs et permet donc au spectateur de plonger encore plus facilement dans la pièce. Vous l’aurez compris, une pièce à voir sans faute : VUE ET VIVEMENT CONSEILLEE PAR COMEDIA DELL ESSEC! Infos pratiques Tous les lundis à partir du 22 septembre 2008 (sauf le 29 septembre) à 21h04 Espace La Comedia 6 impasse Lamier - 75011 Paris (angle 8 rue Mont Louis) Métro Philippe Auguste Réservations : 01 43 67 20 47 ou resa@la-comedia.com Tarifs : Plein 15 € - Réduit : 12 € Pour toute info, contactez alice : alice.chasseriaud@essec.fr |
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