Comme promis, même si je n'arrive plus à me connecter (problème de mot de passe que je n'arrive pas à régler), je vous fait part de mon compte rendu de "Tartuffe"...
Et merci encore à Vanille, tes conseils m'ont aidée et surtout encouragée

!!
Avec une pointe de nostalgie, car c'était la dernière fois que je me rendais au TNS cette année avec le lycée, je suis allée voir « Tartuffe » vendredi 2 mai 2008. Mis en scène par Stéphane Braunschweig, directeur du TNS, le fameux « Tartuffe » de Molière s'actualise...
Mais tout d'abord voici un petit résumé de cette pièce: Orgon, mari d'Elmire et fils de Madame Pernelle , un bourgeois moyen est tombé sous la coupe de Tartuffe. Manipulateur, faux dévot, Orgon est le seul ( avec sa mère ) à être aveuglé par l'hypocrisie de Tartuffe. Ainsi, Tartuffe réussit à devenir son directeur de conscience à tel point qu' Orgon lui propose la main de sa fille, Marianne, sans savoir que le mari qu'il veut donner à sa fille a en fait jeté son dévolu sur sa propre femme. Démasqué par un piège tendu par Elmire ayant pour but d'enfin convaincre Orgon de l'hypocrisie de Tartuffe, ce dernier veut chasser Orgon de chez lui grâce à une donation inconsidérée que celui-çi a faite de ses biens. En se servant de papiers compromettants qu'Orgon lui a remis, Tartuffe va le dénoncer au roi. Cette démarche se révèle fatale à son projet. En effet, le roi a conservé son affection envers Orgon qui l'avait autrefois bien servi. Il lui pardonne son erreur : la justice est rendue, c'est Tartuffe qui est arrêté (pour un crime qu'il avait commis avant le temps de la pièce, cependant).
Dés le début de la représentation, le metteur en scène veut surprendre le public, voire le choquer. En effet, on voit des couples s'enlacer, s'embrasser, se parler , un homme dans un fauteuil avec une femme à côté accompagnés d'un écran de télévision montrant un film pornographique en codé. On entendait comme le bruit du vent, un vent inquiétant, comme si quelque chose de terrible se tramait puis, après un surprenant baisser de rideau, le premier acte a débuté dévoilant des personnages aux costumes contemporains ( baskets, tee-shirts ), un décor comportant des fenêtres avec des barreaux qui laissaient passer la lumière du jour, et des portes ( dont la principale avec un crucifix) qui permettaient de matérialiser les entrées et les sorties. Ce qui est très intéressant de remarquer, c'est que le décor suivait la progression dramatique de la pièce. En effet, le décor montait au fur et à mesure, symbolisant de plus en plus l'enfermement ou l'aveuglement d'Orgon. Les murs du décor étaient de plus en plus décrépis et ternes (même blafards) et les ouvertures des fenêtres étaient de plus en plus éloignés. Ce qui permet une richesse dans le jeu parce qu'au moment où Damis voit Tartuffe séduire sa mère Elmire, il va sauter de la fenêtre pour essayer de faire éclater la vérité à son père. Pour mieux matérialiser l'atmosphère religieuse qui plane avec la fausse dévotion de Tartuffe, la bande sonore a joué son rôle. Effectivement il y avait tour à tour des musiques religieuses (Bach) et des musiques plus inquiétantes symbolisant les mauvaises intentions de Tartuffe. Enfin, il était astucieux, de mon point de vue, de réutiliser l'écran de télévision pour faire apparaître le Roi quand il pardonne à Orgon et punit Tartuffe. Et faire sortir ce dernier par la trappe était aussi bien pensé.
Cette représentation de Tartuffe m'a plu car, tout en restant fidèle au texte, elle a su capter l'attention du spectateur avec les trouvailles de mise en scène et surtout le jeu des acteurs qui était vraiment prenant (le rôle de Dorine la servante de Mariane était particulièrement bien maîtrisé à mon goût). Et Molière reste encore plus que jamais d'actualité avec ses thèmes de l'hypocrisie, de la manipulation, de la religion qui sont présents dans « Tartuffe » comme dans nos sociétés...