J'ai vu
Topdog/underdog de Susan-Lori Parks mis en scène par Philip Boulay à l'Athénée-Théâtre Louis Jouvet en fin octobre.
Une mauvaise critique lue dans
La Terrasse dont vous trouverez le site
ici me faisait craindre le pire.
J'ai été plutôt agréablement surprise par la qualité du spectacle. Deux frères noirs vivent dans la même chambre à New York et parlent du métier de l'un , jouant Abraham Lincoln dans une fête foraine, des histoires d'amour de l'autre et de leur abandon par leurs parents.
Je vous mets le texte paru sur le site de l'Athénée et qui me semble bien présenter la pièce :
Citation:
C’est à une découverte que l’Athénée vous convie : celle de Suzan-Lori Parks, issue de la génération montante des auteurs de théâtre américains, reconnue aux États-Unis, pour l’instant inconnue en France, qui signe ce texte poétique et nécessaire.
Dans une chambre miteuse, deux frères noirs américains vivotent en ressassant de vagues souvenirs familiaux. L’aîné, Lincoln, travaille dans un stand de foire: grimé en Abraham Lincoln (dont le nom est associé à l’abolition de l’esclavage), il met en scène son fameux assassinat et les gens tirent à blanc sur lui. Étrange jeu dans le jeu, étrange symbole! Le cadet, Booth (du nom du meurtrier de Lincoln) veut devenir indépendant et enfin gagner sa vie: il sera joueur de bonneteau et demande à son frère de lui enseigner les secrets de ce jeu interdit. Jeu de dupes… Ce huis clos fraternel est une féroce et violente analyse politique des structures du pouvoir. À partir de la dualité des deux frères, Suzan-Lori Parks explore les nombreuses facettes du système mutuel d’oppression et d’asservissemen : Topdog/Underdog = dominant/dominé = Blanc/Noir = joueur/vaincu = ce qui est joué/ce qui se joue… Elle invente pour cela un langage, mélange de réalisme et de lyrisme, donnant naissance à une poétique très musicale et rythmique. En mettant en scène ce drame social et urbain, Philip Boulay nous convie à dépasser le strict aspect afro-américain et à interroger nos rapports à l’Autre
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Je ne pense pas que cela soit un grand théâtre dans la veine de ceux qui vous chamboulent, tant au niveau du texte que de la mise en scène. Le décor est minimaliste quoique réaliste (les bouts de carton figurant la pauvreté auraient pu être enlevés), le texte est plaisant mais sans innovation majeure, enfin c'est mon avis.
Le plus frappant reste l'excellent jeu des acteurs qui font preuve de baeucoup de présence, de justesse, de maîtrise et d'émotions. Le spectacle dure plus de trois heures mais on n'en perd pas une miette et on reste bouche bée devant tant de maîtrise.
En conclusion, je dirais que j'ai passé un très bon moment mais que je garde cette pièce en mémoire davantage comme un excellent numéro d'acteur que comme un grand moment de théâtre. Le nom des comédiens, Moanda Daddy Kamono et Toto Kisaku Mbengana (surtout le premier en fait... qui d'ailleurs a joué dernièrement dans
Electre mis en scène par Nordey) est donc à retenir.
Je tiens aussi à souligner le clin d'oeil de la direction de l'Athénée qui a choisi de programmer cette pièce en même temps que
Les Nègres....