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C'est qui l'chef???
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Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
La ministre de la Culture, Christine Albanel, ne veut pas se contenter de "signer des chèques", et attend des "engagements" en retour de la part des scènes subventionnées, notamment sur la diffusion et l'audience des oeuvres, a-t-elle prévenu jeudi dans un entretien à l'AFP. "La question des publics n'est pas taboue", même si "ce n'est pas du tout le seul critère" en matière de subvention des spectacles, a poursuivi Mme Albanel. La ministre était interrogée sur un passage de la lettre de mission de Nicolas Sarkozy, rendue publique le mois dernier. Le président y demande à Mme Albanel "d'exiger de chaque structure subventionnée qu'elle rende compte de son action et de la popularité de ses interventions", et "de fixer (à ces structures) des obligations de résultats". "On ne s'attend pas à ce qu'un politique fasse des choix, on demande qu'il paye, sachant que tout ce qui existe a vocation à se poursuivre. Eh bien peut-être pas !", a commenté Mme Albanel. "Il faut essayer de retrouver des marges, de relancer une cohésion d'ensemble, pas seulement d'être dans un coin et de signer des chèques", a-t-elle ajouté. "L'effort public en France -- 350 millions d'euros pour les spectacles vivants, 1.200 compagnies subventionnées -- n'a rien de comparable dans toute l'Europe, et cela doit faire l'objet d'une sorte d'engagement réciproque", a commenté Mme Albanel. La ministre a dénoncé "le procès d'intention de ceux qui y voient une culture de l'audimat", et estimé que qualité et succès public n'étaient pas antinomiques, citant les exemples de Jacques Nichet, directeur du Centre dramatique national (CDN) de Toulouse (TNT), d'Arthur Nauzyciel, nouveau patron du CDN d'Orléans, et d'Angelin Preljocaj, directeur du Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence. Christine Albanel a par ailleurs estimé que "les problématiques du cinéma et du spectacle vivant n'étaient pas les mêmes". La piste a été évoquée par M. Sarkozy, qui demandait dans sa lettre de mission à Mme Albanel "d'examiner dans quelle mesure le dispositif d'aide à la production cinématographique, qui repose en partie sur le succès public des oeuvres subventionnées, pourrait être appliqué au théâtre".
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Et la mort est pour nous la dernière créance. |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
eh ben, ça continue....
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina |
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#3 (permalink) |
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Adhérent
Date d'inscription: septembre 2007
Messages: 131
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
C'est donc oublier que toutes structures subventionées à des obligations de résultats d'un point de vue de la réalisation de leur projet, de leur programmation etc...
Que l'on exige que les structures de spectacles s'efforcent de faire venir plus de monde dans leur lieux ne me paraît pas vraiment un scandale mais cela dépend dans quel sens cela s'oriente... La démocratisation de la Culture, oui mais pas sans quelques précisions ! ( et ne confondons pas Culture et Loisir - ou le "Loi du sir" lol) Or, si on lit en parralèle la lettre d'orientation à Albanel, il me semble que le problème est qu'on ne donne aucun sens, aucune direction, aucune vision d'avenir. On ne pense pas la Culture et la démocratisation de celle-ci dans le bon sens. On aura beau demander aux structures de faire des efforts, si le public n'est pas un petit peu former à prendre de la Culture ( et non recevoir ) on ne peut pas demander aux structures de faire du chiffre. Ce que l'on pourrait faire c'est donner des moyens pour qu'à la fois les publics aient l'idée et l'envie d'aller prendre de la Culture ( ça passe aussi et surtout par l'éducation à la Culture, sur le long terme... ) et quand même temps les structures aillent à la rencontre de ces publics ( par des spectacles Hors-les-murs etc... ) et qu'on donne les moyens qui vont avec ! Je suis pas sur de bien m'exprimer alors ne montez pas directement au crénau si vous comprenez pas ce que j'ai voulu dire ! |
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Adhérent
Date d'inscription: août 2007
Localisation: Paris
Messages: 309
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Si, c'est trés clair. C'est dans l'éducation que se trouve une grande partie des solutions. Mais il me semble qu'il y a un gouffre entre ce que produisent les scènes subventionnées et ce que un public scolaire, pour commencer par là l'effort éducatif, est prét à recevoir. Entre un théatre privé trés couteux qui monte des créations et des classiques en style "bourgeois" et un théatre subventionné qui valorise avant tout la liberté du metteur en scène (celui là même qui horripille Julliard), il n'y a pas grand chose (sauf le T.N.O.). J'ai adoré un Don Juan radicalement réinventé au Théatre du Lierre, mais les scolaires présents ont manifesté bruyamment leur incompréhension et leur ennui (sauf lors de la scène de nu au milieu). J.M Rabeux s'indigne, ou feint de s'indigner, que les profs aient boudé son "Songe d'une nuit d'été" assez glauque. Ne faudrait il pas mieux proposer à des publics débutants du Shakespeare un peu classique, afin qu'il l'assimille et puisse ensuite seulement apprécier les déviations de Rabeux?
Mais je ne suis pas sur que l'Educnat travaille dans ce sens. J'ai eu l'opportunité de faire travailler à la maison un de mes sur des programmes officiels d'éducation à distance. Le premier cours de musique commençait par l'exercice suivant: créer une composition sonore spontannée en s'inspirant d'un tableau de Stravinsky. J'ai trouvé le concept passionnant. Mais n'etait ce pas un brin déroutant pour un enfant de CE1? |
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#5 (permalink) |
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C'est qui l'chef???
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Je n'ai malheureusement pas le temps de rentrer dans les détails. Mais je pense qu'il y a un problème à soulever : Ce sont des profs de francais qui emmenent les élèves au théâtre. Et bien souvent, pour une partie de ces profs, le théâtre, ce n'est que le texte. Et q'on parle de cp, ce1, ou 2nde ou terminales, le pb sera le même : étudier le texte ne suffit pas pour préparer les élèves. Imaginez une expo au palais de la découverte sur Galilée. Et que des profs de francais emmenent leurs élèves là bas sous pretexte qu'ils ont étudié la langue, la poésie dont galilée fait preuve dans ses écrits : il y a de grandes chancent que les dits élèves soient completement largués...
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Sur le plan artistique, l’éducation craint dans tous les domaines. Il y a le théâtre, mais aussi le cinéma (Bergman ? C’est qui ?), la musique (ah ouais la lettre à Elise tout ça), l'opéra (bouark c'est pour les homos ça), la peinture / sculpture (bah heu en art contemporain j’aimes bien Picasso)… Même la littérature, parce qu’on ne voit pratiquement que des classiques jusqu’au lycée, et pas de contemporain.
Encore le théâtre s'en sort pas trop mal : arrivé au bac une petite partie des élèves à été au théâtre dans le cadre scolaire, mais à un concert de musique contemporaine ? a l'opéra ? M'ai avis que ça doit frôler les 1%...
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#7 (permalink) |
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Adhérent
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Tout ça est vrai, mais je pense que ça évolu dans le bon sens. Pas vite c'est vrai ("l'éducation n nationale est un mamouth"), mais on a par exemplebonnefoy au programme officiel en terminal, et c'est ça qui tombe au bac. Et puis quand je parle a ma grand mere qui été prof il a 20 ans, elle me dit qu'elle expliquat aux autres prof que le theatre ne s'arrétait pas au XVIIIeme, et qu'il n'existait pas que en grece en france en angletterre et en russie. Aujourd'hui il arrive qu'en cours de français on nous parle de koltes ou Cherreau...
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#8 (permalink) | |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Citation:
Tu as raison de relativiser, mais bon en 2007 c'est étrange d'en être encore là. En troisième on étudiait Cyrano de Bergerac à travers le film avec Depardieu, nous n'avons pas vu une seule représentation filmée, sauf un extrait immonde : une mise en scène baroqueuse kitsch à souhait qui donne vraiment pas envie d'aller au théâtre. La prof ne devait pas être une fana de théâtre. Elle a peut-être briser dans son sillage des vocations potentielles. Après, nous pouvons aussi nous interroger : n'est-ce pas utopique que de vouloir amener une majorité des gens vers certains pans de la culture ? Je ne suis pas sûr que même avec l'éducation, nous pourrions faire apprécier Novarina ou Bonnefoy à une majorité de la population.
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#9 (permalink) |
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Adhérent
Date d'inscription: septembre 2007
Messages: 131
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Mais je vous arrête tout de suite !!! NOUS avons eu droit à une certaine éducation qui n'est qu'un embryon de ce qu'on aimerait voir et pourquoi ?!!!
Parce que nous avons fait L !!! Point de Bonnefoy pour les S et les Es ni les filières Technologiques !!! Point ou très peu de Koltès pour eux !!! |
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#10 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
En passant, point de vrais maths et de sciences pour nous les L.
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#11 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Ne soyez pas trop sévères envers les profs s'il vous plaît : il y en a qui précisément font un réel travail d'ouverture sur la culture contemporaine et/ ou étrangère (en slalommant avec les textes officiels !!), et grâce à qui, même, les élèves peuvent découvrir ces univers inconnus jusque là. Il ya des profs qui sont de réels passeurs de culture, et l'Education Nationale permet parfois de très belles inititations !!
Maintenant il faut préciser : -qu'il en est des profs comme des élèves : il y en a des curieux, des passionnés, des originaux, et d'autres qui ne pensent qu'à faire le minimum de ce qu'on leur demande parce qu'ils ne voient pas l'intérêt d'en faire plus (un prof qui s'investit davantage dans sa matière n'est hélas ni mieux payé ni mieux noté ! et parfois même c'est lui qui est critiqué !!), ou qui ont leur certitudes toutes acquises, ou qui sont fatigués de leur métier, etc... Donc le parcours scolaire de chacun est une affaire de rencontres et donc de hasard...On peut très bien tomber, on peut tomber plus mal... ne généralisons pas, donc !... -que les programmes officiels sont déjà extrêmement chargés pour faire acquérir aux élèves ce qu'on considère comme des "bases" en quelques années de secondaire.... Donc le prof qui trouve encore le moyen et le temps d'amener quelques extraits de Novarina ou de Bonnefoy en cours (quand celui-ci n'est pas au programme : mais savez-vous que Bonnefoy lui-même n'apprécie pas tant que ça d'être au programme ??...) est un prof bien méritant. Les autres ne sont pas plus mauvais pour autant : ils font ce qu'on leur demande de faire, tout simplement (et c'est déjà beaucoup) !! -parfois ce n'est pas la volonté qui manque de la part du prof, mais les occasions et les moyens !! Sylvain, tu reproches à ton prof de 3e de ne pas vous avoir emmenés voir une bonne mise en scèn de Cyrano.. Mais quelle mise en scène pouvait-il bien vous emmener voir à l'époque?? Cette pièce a été boudée pendant des années et n'a été justement jouée que d'une manière kitch par des troupes mineures, jusqu'à ce qu'elle ressorte à la Comedie Française il y a deux ans, et que la "mode Cyrano" ne revienne à la suface.. Donc le prof qui vous a montré le film avec Depardieu (qui est une très bonne adaptation cinématographique !) et une mise en scène filmée qu'il aura fait l'effort de trouver (pas évident il y a quelques années !) est déjà un prof qui se donne bien du mal pour vous faire voir d'autres choses qu'un texte écrit !! Enfin dernier petit point pour répondre à Arcadyan et éviter de tomber trop dans le cliché : oui il y a des profs très "littéraires" qui ne maîtrisent pas toujours les enjeux d'un mise en scène etc.. (il ya des profs spécialisés en théâtre, d'autres en poésie, d'autres en roman, on ne peut pas tout leur demander non plus !) mais dans l'ensemble, ce ne sont pas des imbéciles (enfin j'ose espérer !!) ils ne vont pas au théâtre juste pour entendre un texte !!!... car en ce cas je te promets, ils ne se donnent même pas la peine d'y aller ou d'emmener leurs élèves (démarche bien trop compliquée pour ceux qui ne s'intéressent pas au théâtre !!)
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#12 (permalink) |
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C'est qui l'chef???
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Non mais je ne fais pas de généralité. Mais je m'insurge (si si, c'est vrai je te jure) contre ton dernier point : Il y en a qui ne s'interessent pas au théâtre et qui prennent la peine d'organiser une sortie...tout simplement parce que ca fait bien de dire "j'emmene les élèves au théâtre"...on pourrait en revenir au debat sur "theatre populaire et crise de la culture"...Ca fait bien de dire qu'on se cultive, et qu'on aide les élèves à se cultiver...ca fait bien...encore une fois, les moyens et non les fins...
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#13 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Je ne critique pas les professeurs ! Pourquoi est-ce que tu dis ça et dépense autant d’énergie pour défendre des gens que je n’ai pas attaqué ? Evidemment qu’il y a des passeurs de culture ! Or, tous les professeurs devraient être des passeurs de culture ! Et ce n’est pas une question d’humeur et de goûts, mais de moyens, de programme, de structure !
L’éducation doit être le moins possible une affaire de hasard. Un élève doit arriver au bac en ayant goûté à l’art contemporain dans sa polyvalence, et surtout en comprenant l'intérêt que peut trouver un être humain à se cultiver. Il n’est pas juste que cela dépende de l’énergie des professeurs et de leurs propres goûts, le professeur doit être un passeur de culture, ce n’est pas une option ! Il est un être humain, mais c’est un métier qu’il exerce, et il devrait avoir les moyens de l’exercer. Ce ne devrait pas être une dépense d’énergie supplémentaire que d’emmener ses élèves au théâtre, à l’opéra, au cinéma, au musée, car c’est une dépense nécessaire ! L’élève à le droit d’avoir des goûts et aspirations variées, mais le professeur doit lui permettre de goûter au maximum de choses ! Combien de vocations se sont créées simplement parce qu’un professeur était passionné et à fait découvrir à sa classe ce que d’autres classes ne découvriront jamais ? Et combien de vocations ainsi se sont ainsi perdues, sans même avoir le temps de se révéler ? Les programmes officiels sont trop chargés, mais ils sont aussi mal chargés. Pourquoi le sport occupe t’il au moins deux heures du programme de la sixième à la terminale quand l’art n’en occupe que deux au collège (et encore, il faut voir les cours de musique, très subjective la notion d'art dans l'éducation apparemment...), puis aucune au lycée, à moins de suivre une option ? Comment se fait-il que les S soient statistiquement mieux partis passé leur bac pour réussir dans les écoles et universitaires littéraires que les L ? Pourquoi n’as t’on plus de maths en terminale L ? Mais en dehors de ce débat, qui pourrait être un autre sujet, soyons de bonne foi : ajouter dans l’année un film d’art et d’essai, un spectacle de théâtre, un concert, une visite, une conférence, est-ce tant que ça ? Mais je suis de toutes façons en décalé de ce que tu avances, puisque tu t’emportes en pensant que je parle des profs. Bien sûr qu’ils font ce qu’on leur demande, mais c’est ce qu’on leur demande que je critique. Et oui, ce sont les occasions et les moyens qui manquent, mais c’est ce que je souligne. Relis moi bien, nous n’avons pas été voir Cyrano de Bergerac, mais juste un extrait de mise en scène très kitsch. Vraiment, c’était impossible alors de trouver mieux ? Bah, je veux bien te croire, je te crois même. Mais nous sommes toujours en décalé, tu veux me montrer qu’elle à fait des efforts, ce que je ne nie en rien. Mais si les profs doivent forcer, c’est qu’il y a un problème, non ? Vraiment, tu penses que les choses sont bien ainsi, et que c’est très bien qu’il dépende de la volonté, de la passion et des humeurs des professeurs qu’un élève soit initié ou non à certains pans de la culture ?
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#14 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Arcadyan : d'expérience pour avoir facilité à des collègues profs des possibilités de sorties au théâtre intéressantes pour leurs élèves et tenté de mettre en place des abonnements pour avoir des tarfis attractifs, ... je peux te dire que pas un de mes collègues n'a emmené ses élèves au théâtre pour autant ! Parce que ça ne les intéressait pas, voilà tout... Donc quelque part le prof qui sort ses élèves, même mal, a déjà du mérite !!
Et la suite de mon raisonnement dans la réponse à Sylvain... Sylvain : je ne m'emporte nullement (en tout cas pas contre toi !), et je ne pense certainement pas que les choses sont bien comme ça !! (sinon je serais peut-être restée prof En effet organiser une sortie demande, hélas, une grande énergie, oui, et qui est rarement récompensée ou reconnue, et cela pour plein de raisons : - certains établissements scolaires ne sont pas favorables aux sorties parce que Plan Vigipirate, peur des parents, autorisation de la prefecture, problème de sous, etc....et mettent bien souvent des batons dans les roues des professeurs qui tentent d'organiser les événements qu'ils jugent intéressants ! Un proviseur a tout à fait le droit d'interdire une sortie s'il le souhaite... - certains élèves (ou certains parents !!) ralent dès qu'il faut donner 3 euros pour aller voir une pièce de théâtre (oui oui !!) or les fonds n'existent pas toujours non plus pour financer les sorties (et je trouve ça normal que les élèves participent financièrement à la sortie) et parfois un proviseur refusera qu'une sortie se fasse en dessous d'un certain nombre d'élèves volontaires...ça n'aide pas à mettre en place certaines actions ! - avec toutes ces complications, le prof doit, une fois qu'il a réservé le théâtre (et s'il a eu la chance de tomber sur un théâtre sympa, car les rp de la Comédie Française par exemple sont terriblement désagréables -quand ils daignent répondre au téléphone), signer tous les papiers nécessaires pour les autorisations de sortie, attendre les accords de chacun (parents, élèves, administration...) courir après l'argent des élèves entre deux cours (parce que les élèves oublient à répétition), parfois réserver un car en plus, etc..comptabiliser sans arrêt cette gestion, et je peux te dire que ça constitue un sacré boulot quand tu es seul à le faire et que tout le monde s'en fiche autour de toi.... - donc tout ça prend du temps et du stress (pourquoi me manque-t-il 10€ ? le proviseur va-t-il enfin signer cette demande d'autorisation pour que je confirme la resevation auprès du théâtre ? etc...) surtout si on organise plusieurs sorties par mois ! Mais à côté de ça si on est inspecté dans son travail l'inspecteur regardera avant tout si le prof n'est pas en retard dans son "programme", peu importe s'il a sorti trois fois ses élèves dans l'année ou non (c'est bien de les sortir, mais avez-vous abordé la séquence sur les romans autobiographiques ?); les collègues des autres matières vont venir te gueuler dessus parce que ta sortie reporte un contrôle de maths, une évaluation de sport, ou autre échéance importante (il y en a toujours) ;on t'annonce à la dernière minute qu'il n'y a plus de cars disponibles et qu'il faut emmener tes élèves en RER, et des parents téléphonent au lycée parce qu'ils ne sont pas d'accord pour que leur petit prennent le RER; si tu sors le soir certains élèves ne seront pas là au rdv et et tu essaieras en vain de les appeler, de savoir ce qu'il se passe, et ils viendront tout gaillardement t'annoncer le lundi suivant qu'ils avaient "oublié" la sortie...) ; , etc etc.... En 6 ans d'Education Nationale, j'ai toujours sorti mes élèves. J'en ai même fait un point d'honneur dans chacune de mes classes (j'ai fait mon mémoire IUFM sur les sorties pédagogiques culturelles ; de nombreux dossiers de demandes de subventions pour des sorties et partenariats avec des grands théâtres ; je gérais les abonnements de tout le lycée, quitte à courir après les places jusqu'à la dernière minute...) Je n'ai jamais regretté de le faire parce que ça m'a toujours paru essentiel et riche pour les élèves, et qu'il y a eu de grands moments. Donc j'étais prête à fournir ce travail supplémentaire et à dépasser les ennuis. Mais j'ai aussi compris pourquoi si peu de profs (surtout quand ils n'ont pas en charge une option théatre) se fatiguent à entreprendre de telles sorties qui leur apportera plus de critiques et de soucis que d'"avantages"... Donc peut-être qu'il n'y a pas que les programmes et l'organisation des établissements qu'il faudrait changer: il y a aussi une mentalité générale (celle dont on parlait à propos de la société dans un autre topic....) pour que ce travail (supplémentaire, facultatif et bénévole !) soit reconnu et favorisé !... Et je passe sur le fait que dans certains lycées on n'a pas même une télé ou un lecteur dvd à disposition !.... c'est très triste... Et pour conclure : dans ce système si imparfait, oui les études finissent par être une affaire de "rencontre" avec des bons (ou des "mauvais") profs.... Et l'université ne fait d'ailleurs que confirmer cela, non, puisqu'on "choisit" ses profs en fonction de leur spécialité et leur renommée ? Mais je pense qu'on a tous, au moins une fois dans notre vie, rencontré un prof qui nous a ouvert de grandes perspectives...
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina Dernière modification par Amandine ; 17/09/2007 à 00h48. |
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#15 (permalink) |
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Administratrice
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Nous sommes en train de refaire le vieux débat sur l'éducation artistique à l'école, et je crois que nous sommes tous d'accord pour constater qu'il y a de grosses lacunes malgré les divergences d'Amandine et Sylvain qui sont finalement très mineures.
Pour ma part, je reste convaincue que l'éducation artistique a des enjeux sociaux et humains prépondérants tant pour donner le goût à l'art que pour redonner confiance en l'école, donner une image plus positive de soi (l'exemple de l'élève mauvais en maths et en français mais excellent en théâtre) ou encore apprendre par d'autres moyens (pratiquer le théâtre est ainsi une manière détournée de faire du français). Il a été frappant de constater dans TOUS les programmes présidentiels que le chapitre sur la culture se résumait souvent à deux tartes à la crème : la démocratisation culturelle et l'éducation artistique dont on suppose que la première ne va pas sans la seconde. La nécessité de l'éducation artistique semblait même affirmée comme une priorité essentielle et urgente. Un tel consensus mêlé à un volontarisme pressé peut faire plaisir à voir même si il est très nettement suspect : si tout le monde est d'acccord pour dire qu'il faut plus d'art à l'école, pourquoi diable ne fait-on RIEN pour cela?
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#16 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
C'est la bonne question en effet !!
Et c'est ce que j'essaie de montrer par mes exemples concrets : que "le mal vient de plus loin" que la simple question des volontés individuelles (souvent mises à mal, hélas)... Il faudrait de vrais moyens, de vraies actions, mais aussi une vraie acceptation de l'éducation artistique (et des sorties) comme faisant partie de l'enseignement...ce qui est loin d'être le cas (manque de considération de la part des collègues, des parents, de certains chefs d'établissement, et parfois des élèves eux-mêmes !)
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Citation:
Je peine à comprendre pourquoi le sport est bien plus valorisé dans l’éducation que l’art. De la sixième au bac, c’est minimum deux heures de sport par semaine, et la palette de disciplines me semble assez large : en 7 ans, on a le temps de découvrir les disciplines sportives et de se découvrir dans ses facultés corporelles. Par contre, sur le plan artistique, c'est catastrophique. Au collège, c’est une heure de musique par semaine, heure qui peut passer à la trappe en cas d’option latin ou autre. Et je ne parle pas du contenu, qui dépend largement des goûts du professeur, goûts qui ne vont pas forcément à la musique artistique (étudier Céline Dion et Lara Fabian bon...). J’ai l’impression que l’heure d’arts plastique craint un peu moins, dans la mesure où les professeurs sont souvent des artistes qui poussent les élèves à développer leur créativité et leurs moyens d’expression et dépassant les conventions habituelles... mais je ne me fonde que sur mon expérience, je me trompe peut-être. Au lycée, le sport et le français persistent. Pourquoi l’art disparaît t’il totalement ? Peut-être parce que l’éducation considère que le français est une discipline plus utile pragmatiquement que la musique ou autres, et plus polyvalente puisque s’ouvrant généralement sur les autres domaines artistiques. En effet, difficilement d’étudier un livre sans faire le moindre rapprochement avec des tableaux ou autres… Ca reste très légers, les professeurs étant plus souvent calés en peinture / sculpture qu’en théâtre ou en musique (en première notre professeur faisait des comparaisons Baudelaire / Kurt Cobain… ). Dans ma classe de terminale L, nous avons presque tous eu le bac, mais l'immense majorité n'a des connaissances qu'en littérature et en théâtre, grâce à l'option ; et beaucoup considère que finallement la filière L, ce n'est que du triturage de cerveau, et surtout la philosophie. Des gens qui se cultivent, les L ? Non, où bien peu. Dans ma classe, ils se comptaient sur les doigts de la main.
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«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie Dernière modification par Sylvain ; 17/09/2007 à 02h06. |
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#18 (permalink) |
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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 478
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
idem (pour la première phrase, car depuis le contenu du précédent message a évolué) !
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina Dernière modification par Amandine ; 17/09/2007 à 20h20. |
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#19 (permalink) |
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Adhérent
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Sylvain, pourquoi tu tape comme ça sur le fait qu'on ai 2 heures de sport chaque année. Mens sana in corpore sano, c'est aussi un des buts de l'éducation. Ces 2 heures me semble nécéssaires, pas moins que ne le seraient 2 heures consacrées a la créativité et/ou a la culture artistique.
J'ai parfois l'impression que les artistes et les sportifs se méprisent également.
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#20 (permalink) |
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Spectateur assidu
Date d'inscription: décembre 2006
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Re : Mme Albanel attend des "engagements" des scènes subventionnées
Si tu m’avais lu en entier, tu verrais que je ne méprise pas le sport. Au risque de me répéter : oui le sport c’est important, mais l’art aussi, or le sport on y a droit jusqu’au bac alors que l’art s’arrête à la fin du collège, voire même avant à cause des options dans certains établissements. Et la qualité de l’enseignement n’est pas non plus le même : en sport on fait vraiment du sport, en musique, les cours laissent parfois à désirer.
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«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie |
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