[AFP] A Gennevilliers, la vie et le théâtre selon Pascal Rambert
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GENNEVILLIERS (Hauts-de-Seine), 2 déc 2007 (AFP)
Nouveau directeur du Centre dramatique national (CDN) de Gennevilliers, Pascal Rambert imprime au lieu son esthétique branchée et sans frontières (vidéo, performance...) jusqu'à la mi-décembre avec deux créations, "Toute la vie" et "L'art du théâtre".
Dirigée pendant 43 ans par Bernard Sobel sous le signe des textes, l'institution a radicalement changé avec l'arrivée de cet avant-gardiste de 45 ans qui a relooké l'endroit (à présent mi-"bobo" mi-populaire) et l'a rebaptisé "théâtre2gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine".
Le nom de Pascal Rambert restera associé à la controverse qui s'est abattue sur le Festival d'Avignon 2005. Sa création post 11-Septembre "After/Before" lui avait valu de l'hostilité et suscité dans le public une réaction restée célèbre: "Qu'est-ce qu'on vous a fait ? Pourquoi vous nous faites subir ça ?"
Rien de tel à Gennevilliers avec "Toute la vie", spectacle qui ne manque pas de générosité et d'humour en racontant la vie d'un homme dénommé Ah!, au carrefour du théâtre parlé et chanté, de la danse, de la musique et de la vidéo.
Le spectateur assiste à une pièce de théâtre d'anticipation condensée en moins de deux heures: Ah! naît en 2010 dans une France bientôt "rachetée par des fonds de pension étrangers" et meurt en 2085 après avoir tracé sa route entre ses clones et ses avatars, au gré d'aventures d'un intérêt inégal.
Pascal Rambert adopte un regard de plasticien high-tech: son récit se déroule dans une immense boîte d'un blanc immaculé où les différents protagonistes -- tour à tour porteurs de micro, de caméras ou dans la peau de Ah! -- tirent de longs fils noirs, sous des lumières très étudiées.
Le récit est mené de manière plutôt virtuose, et s'accélère ou revient en arrière comme si Pascal Rambert -- par ailleurs réalisateur -- était devant son banc de montage.
Mais tout cela paraîtrait d'une artificialité vaine s'il n'y avait ce supplément d'âme qu'apportent les amateurs (les musiciens en herbe d'un quatuor et quatre jeunes danseuses parmi les 21 "performers") et le rire suscité par certains choix décalés (la belle prosodie du ténor anglais Michael Bennett, une brebis bêlant contre une musique trop connue, etc.).
"Toute la vie" sera donné au théâtre2gennevilliers jusqu'au 16 décembre (20H30, 16H00 le dimanche), puis les 9 et 10 avril 2008 à la scène nationale d'Annecy à Bonlieu.
A Gennevilliers, le spectacle peut être vu dans la foulée de "L'art du théâtre" (jusqu'au 15 décembre à 19H30, le dimanche à 15H00)... expliqué à un chien.
Une sorte de "petit Dogma" (40 minutes) de "Toute la vie" selon Pascal Rambert, porté par deux présences remarquables: l'acteur colombien Lou Castel, voix basse mais captivante, et le cocker qui l'écoute et danse un slow avec lui sans broncher.
© La Scène © Agence France-Presse
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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