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Une pièce peu explorée de Marivaux, "Les Sincères", par la Comédie-Française
La Comédie-Française rouvre en ce début de saison sa troisième salle, le Studio-Théâtre, avec une pièce peu explorée de Marivaux sur l'utopie de la sincérité, "Les Sincères" (jusqu'au 18 novembre). Un jeune metteur en scène, Jean Liermier, a monté cette comédie avec laquelle, explique-t-il, ce dramaturge du XVIIIe siècle "pose en poète un regard intemporel, non daté, sur les travers de la nature humaine". Avec la complicité du scénographe Philippe Miesch, il a transposé l'action en dehors de la ville: "Les personnages sont en vacances et les conventions sociales ne sont plus les mêmes", dit-il. Le décor unique est une salle de séjour dépouillée d'une villégiature de bord de mer inondée de lumière: "Le rapprochement vers une époque proche de la nôtre, ajoute Jean Liermier, permet au spectateur de s'identifier à une situation atemporelle". La transposition fonctionne sans problème: le décor, un vrai huis clos, mais aussi les costumes ne détournent à aucun moment l'attention de la joute verbale des trois couples en scène (deux couples de maîtres et un tandem de domestiques concernés). Cette pièce des "Sincères", créée en 1739 avec succès, appartenait aux oeuvres de Marivaux "sur la métaphysique du coeur" jouée par les Comédiens-Italiens. Elle n'est entrée au répertoire de la Comédie-Française qu'en 1950 et y a été présentée déjà dans trois mises en scène. Cécile Brune et Alexandre Pavloff - ce dernier davantage tourmenté - composent le couple central qui se croit sincère, mais qui n'ira pas au bout de sa liaison, par orgueil. Sylvia Bergé et Christian Cloarec, plus en retrait, interprètent le second couple de cette pièce cruelle où tous les sentiments sont mis à nu. Julie Sicard et Pierre Louis-Calixte, deux jeunes pensionnaires, jouent les deux domestiques manipulateurs.
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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