un Air de Théâtre - Réseau Spect-acteur  


Précédent   un Air de Théâtre - Réseau Spect-acteur > Les coulisses > Discussions generales
S'inscrire FAQ Membres Calendrier Recherche Messages du jour Marquer les forums comme lus

Discussions generales De l'actualité, des infos à partager sur le spectacle vivant, ou bien l'envie de nous présenter un artiste que vous aimez, les discussions diverses et variées sur le monde du spectacle se passent ici.

Réponse
 
LinkBack Outils de la discussion Rechercher
Vieux 15/09/2007, 15h06   #1
Administratrice
 
Avatar de Vanille
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Dijon
Messages: 2 685
Envoyer un message via MSN à Vanille
Les assassins du théâtre

Voici un article lu dans Le Nouvel Observateur n°1232 qui me laisse pantoise. Quand je lis ça, je me dis que les assassins du théâtre ne sont pas vraiment ceux désignés par l'article... En tout cas le populisme et l'obsurantisme ont encore de beaux jours devant eux.

Citation:
La chronique de Jacques Julliard

Les assassins du théâtre

Il est temps de dénoncer le travail obstiné pour expulser le texte de la scène et lui substituer la dictature de ce démiurge mégalomaniaque que l'on nomme metteur en scène.

Il faut bien, à la fin, donner libre cours à une juste colère et dénoncer publiquement cette entreprise inqualifiable qui, depuis une vingtaine d'années, ne tend à rien de moins, sous prétexte de les distraire, qu'à déposséder les Français de leur théâtre. Ce que je vise ici, c'est un travail obstiné, obscurantiste, pour expulser le texte de la scène et lui substituer la dictature arbitraire de ce démiurge autoproclamé et mégalomaniaque que l'on nomme metteur en scène.
Comme toujours, c'est la lâcheté qui est à l'origine de la tyrannie. Une telle opération n'a pu en effet réussir qu'à la faveur de la connivence servile d'une partie de la critique, de la complicité financière de l'Etat et du silence intimidé du public. Tétanisé à l'idée de ne pas être à la hauteur des sommets culturels auxquels on le convie, résigné à feindre de comprendre là où il n'y a rien à comprendre, honteux par avance de son indignité congénitale, le public accepte tout, applaudit tout, même quand il n'a rien entendu. Où est le public frondeur du passé, qui ne s'en laissait pas conter et qui balayait par ses rires et ses sifflets l'imposture de pédants de collège ?
Pour éliminer le texte, le meilleur moyen est encore de le rendre inaudible. On a mis à l'affiche Molière, Shakespeare ou Tchékhov, qui conservent un certain pouvoir d'attraction sur le public. On ne va pas, en plus, réciter leur texte ! Dès lors, tout est bon pour que le spectateur n'entende rien. On parle dos au public pour bien montrer que, celui-là, on s'en préoccupe comme d'une guigne. On se roule par terre en faisant un raffut du diable. A voir les représentations contemporaines des classiques, un spectateur mal informé ressort convaincu qu'à l'époque élisabéthaine ou au Grand Siècle, nobles, bourgeois et valets passaient leur temps à se rouler dans la poussière pour dire les choses les plus anodines. A cet égard, je vous recommande - c'est façon de parler - le «Misanthrope» qu'on a donné au printemps à la Comédie-Française. Les petits marquis ignorent la station verticale. Philinte murmure de façon à ne pas être entendu au-delà du sixième rang. Bien entendu, on articule le plus mal possible. Où serait la contribution du public s'il allait entendre le texte commodément ?


J'en suis au point de mieux comprendre les comédiens anglais ou russes, que Françoise Letellier invite régulièrement en son excellent Théâtre des Gémeaux, à Sceaux, que les comédiens français quand ils s'expriment dans la langue qui m'est le plus familière. Désormais, je n'irai plus voir que des spectacles étrangers sous-titrés. J'en veux encore pour preuve le remarquable «Mephisto for Ever», d'après Klaus Mann, donné en flamand au récent Festival d'Avignon. J'en suis ressorti ravi et convaincu de mieux comprendre, désormais, le flamand que le français.
Dernier procédé : on couvre la voix des acteurs grâce à des «installations sonores», comme lors de «l'Echange» de Claudel, pourtant de qualité, donné par Julie Brochen à ce même festival. Car le metteur en scène, cet hypocondriaque jaloux, ne se contente pas d'en vouloir à l'auteur et au public. Il n'a de cesse qu'il ne prive les comédiens de leur talent. Un comédien doué est une concurrence à éliminer sans faiblesse. Résultat : les acteurs français, longtemps parmi les meilleurs du monde, sont désormais transformés en marionnettes décérébrées et convulsives, afin de mieux faire ressortir l'unique génie du Big Brother de la coulisse.
On l'a compris : tout est bon au metteur en scène pour empêcher l'auteur de lui faire une concurrence déloyale en détournant le spectateur de ses pitreries préférées. Outre le sabotage du texte, l'autre moyen d'en finir avec Shakespeare, Molière ou Tchékhov, c'est de défigurer la pièce pour la rendre méconnaissable et, si possible, aux antipodes des intentions de l'auteur. Tenez, toujours à Avignon, en juillet. On a bien rigolé dans la Cour d'Honneur. On donnait «le Roi Lear», alors, vous pensez ! Mes voisines gloussaient de plaisir aux saillies des acteurs. Mes voisins se tenaient les côtes. Tout le monde admirait sans réserve les numéros de trapèze volant exécutés par les acteurs, les galopades effrénées d'un roi Lear en forme olympique dans son steeple-chase au milieu des spectateurs.
J'ai bien étonné l'un de mes amis mathématiciens en lui soutenant que «le Roi Lear» était au départ une pièce tragique, le drame du pouvoir et de la paternité trahie. Il n'a pas voulu me croire. «Je crois ce que mes yeux ont vu», a-t-il ajouté. De ce mémorable «Misanthrope» dont je vous ai déjà parlé, où l'on voit et où l'on entend - pour une fois - Arsinoé développer un interminable orgasme, renversée sur les genoux d'Alceste, la jeunesse des écoles sortira persuadée que misanthropie est un vieux mot du XVIIe siècle pour désigner la partouze.
Maintenant, je redeviens sérieux. Il y a trois choses qui sont devenues insupportables dans ce formalisme décadent orchestré par ce parvenu tapageur qui prend son ignorance pour de l'originalité et son arbitraire pour du génie. La première, je l'ai dit, c'est de priver un peuple de son théâtre, qui est, selon Giraudoux, la première forme d'éducation esthétique et morale d'une nation. La deuxième, c'est le primat généralisé de la dérision, à l'image d'une époque qui voit dans l'avilissement des êtres et l'abaissement de l'aventure humaine le dernier mot de la lucidité.
La troisième enfin, et la plus grave, c'est l'idée que l'on a le droit de faire dire à un texte n'importe quoi, y compris ce qu'il ne contient nullement. Lors des procès de Moscou, le procureur Vichynski en usait ainsi. Vous donnez par lettre des nouvelles de votre santé à votre cousine ? Cela signifie, bien entendu, qu'elle fait partie de l'Intelligence Service et que vous lui donnez l'ordre d'assassiner le camarade Staline... Vous protestez ? Mais vous n'avez nul droit d'interprétation sur votre propre texte. Comme Alice, c'est moi qui fixe le sens des mots ! Appliqué au théâtre, ce «vichynskisme» littéraire, c'est la porte ouverte à la manipulation de la pensée et à la destruction du langage.
Je m'aperçois que je viens de mettre en oeuvre une véritable loi de Gresham de la dramaturgie : les mauvais spectacles chassent les bons. Je ne veux pourtant pas conclure sans dire que spectateurs et téléspectateurs ont vu cet été un magnifique «Trouvère» aux Chorégies d'Orange. Roberto Alagna, Susan Neves et Seng-Hyoun Ko, envoûtants. Pas de mise en scène, ou très peu, mais de superbes projections lumineuses sur le plus beau mur du monde. Rien que Verdi, les chanteurs et 8 000 personnes à l'unisson. Au fait, Jean Vilar refusait dans son humilité d'être nommé metteur en scène. Il se contentait, comme les plus grands, comme après lui Vitez, Mnouchkine, Brook, de servir au mieux Corneille, Kleist ou Tchékhov. Il se faisait appeler régisseur.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
Vanille est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 15/09/2007, 16h04   #2
Spectateur assidu
 
Avatar de Sylvain
 
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
Re : Les assassins du théâtre

Je ne dirais qu'une chose : sophisme, démagogie. Le public dressé en victime contre l'artiste tyran.
__________________
«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie
Sylvain est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 15/09/2007, 16h46   #3
Rem
Adhérent
 
Avatar de Rem
 
Date d'inscription: septembre 2007
Messages: 131
Re : Les assassins du théâtre

Je dirai qu'il n'y a pas que du faux et qu'il n'y a pas que du bon... Tout d'abord la forme est affreuse ( la référence finale à Vilar est plus qu'énervante ) et le fond est beaucoup trop exagéré.

Arrêtons de peindre une situation du Théâtre contemporain français des plus misérabiliste jour après jour ! Il y a de très bons spectacles et des choses moins bonnes... c'est certain ! On trouve de très bons spectacles de Théâtre avec un texte etc... On trouve aussi du n'importe quoi avec une mise en scène qui zappe le texte. On trouve également de très beaux spectacles théâtraux, qui font appel à la théâtralité sans être uniquement du Théâtre car ces formes sont aux croisements de plusieurs arts. On trouve aussi dans cette catégorie des spectacles qui relève de la fumisterie pure et dure. Je pense de plus en plus cette distinction entre Théâtre ( au sens un peu classique ) et théâtral ( au sens plus contemporain de l'art scénique, où l'expression ne passe pas que par le texte )

Là où l'auteur de cet article passe totalement à coté de son sujet, c'est qu'il mélange tout. Il reste ancré dans ses certitudes théoriques du Théâtre avec un texte mis en scène avant tout. Le Théâtre ce n'est plus ça... ou du moins ce n'est plus que ça... Allons de l'avant et cherchons la nouveauté !

Quand aux références des spectacles étrangers, certes il y a de très bonnes productions présentées en France mais pour dire que tel pays est mieux... encore faut-il pouvoir comparé ce qui est comparable. Ce n'est pas parce qu'un spectacle étranger est formidable que toute la production théâtrale de ce pays l'est !
Rem est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 15/09/2007, 17h25   #4
Spectateur assidu
 
Avatar de Sylvain
 
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Angers & Paris, pas très loin de la Belgique.
Messages: 679
Re : Les assassins du théâtre

C'est sa réthorique qui m'énerve, cette façon d'exploiter des cas particuliers pour généraliser...
__________________
«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie
Sylvain est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 15/09/2007, 21h09   #5
Administratrice
 
Avatar de Vanille
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Dijon
Messages: 2 685
Envoyer un message via MSN à Vanille
Re : Les assassins du théâtre

Oui, voilà, clairement Monsieur Julliard parle de ce qu'il ne connaît pas dans une rhétorique facile qui confine à l'anti-intellectualisme mêlé de démagogie.

Il se permet de dresser un panorama complet du théâtre français en se fondant sur seulement deux pièces tout en mythifiant Jean Vilar (à force d'en entendre parler, je vais d'ailleurs finir par le détester, ce pauvre homme).

Ce qui m'énerve enfin, c'est la théorie du complot que l'on trouve en filigrane, du type "spectateurs, on vous méprise! Des montagnes d'argent public -votre argent!!!- passent dans des caprices d'enfants gâtés qui se foutent de vous!!!!"

Cela pourrait être une critique intelligente et esthétique d'une certaine forme de théâtre (c'est vrai que le coup de l'orgasme d'Arsinoé....), c'est au final un pamphlet ridicule, démagogique et dogmatique de quelqu'un qui ne va pas assez au théâtre (ou en tout cas ne sait pas l'apprécier), et qui surtout emploie des critères de jugement inopérants en ne considérant comme valable que le théâtre de texte.

Rien à en tirer.
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
Vanille est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 16/09/2007, 00h24   #6
Rem
Adhérent
 
Avatar de Rem
 
Date d'inscription: septembre 2007
Messages: 131
Re : Les assassins du théâtre

C'est formidable... en te lisant j'ai trouvé absolument ce que je voulais dire mais avec les bons mots !
Rem est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 16/09/2007, 01h19   #7
Spect'acteur
 
Avatar de Amandine
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 516
Re : Les assassins du théâtre

Ca fait souvent ça avec Vanille...
__________________
Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina
Amandine est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 16/09/2007, 01h51   #8
Administratrice
 
Avatar de Vanille
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Dijon
Messages: 2 685
Envoyer un message via MSN à Vanille
Re : Les assassins du théâtre

Merchi
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
Vanille est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 16/09/2007, 13h22   #9
Adhérent
 
Avatar de choupinax
 
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: pres de rouen
Messages: 292
Envoyer un message via MSN à choupinax
Re : Les assassins du théâtre

et puis c'est inssuportable de voir toutes les contre-vérité qu'il raconte sans s'arréter dessus. Combien de personne, parce qu'elles n'auront pas la culture theatrale suffisante, vont s'alarmer sur le sort du theatre contemporain? Le spectateur ne comprends rien, ne comprends pas qu'il n'y a rien a comprendre, et tétanisé de se sentir inférieur n'oser gronder? merci ça va je me sens bien. et puis je suis pas sur qu'on soit vraiment dans une periode ou le public n'ose pas gronder; ou alors j'ai rien compris a la polemique d'Avignon 2005.
J'ai vu Le Misanthrpoe dont il parle, ainsi que mephisto for ever et Le roi Lear. Certes ce misantrope était un peu un grand nimporte quoi, et n'avait qu'un seul but selon moi, c'était de provoqué le genre de réaction dont fait preuve Julliard. Mais est ce une raison pour penser que tout le theatre contemporain porte atetinte aux classique intouchable?
Pardon pour l'ami de Julliard, mais quelqu'un qui déclare en voyant le roi lear de Silvadier que cette piece est une grande comédie ne doit pas avoir fait preuve d'attention plus de 30 secondes, le texte était là, et pour ma par j'ai vu une tragédie, avec une forme burlseque. Mais c'est ça qu'en réalité Julliard n'admet pas.Il faudrait selon lui que la mise en scene ne soit là que pour servir un texte. Mais alors a quoi sert la mise en scene. Personne n'empeche qui que se soit de le lire, ce Lear...
Mais le pire est quand meme de dire, comme un argument d'autorité, que Vilar se faisait appeler régisseur. La vérité, c'est qu la définition de régisseur a changée, ça signifit plus metteur en scene depuis 70 ans, c'est un autre metier.
quoi qu'il en soit, je pense que valérie dreville commédienne associée a Avignon 2008, et tous les autres commédiens français seront ravis d'apprndre qu'ils ne sont que des"marionnettes décérébrés et convculsives"
__________________
je te vomirais de ma bouche car tu n'es ni chaud ni froid tu es tiede
choupinax est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 20/09/2007, 18h55   #10
Spectateur assidu
 
Avatar de luna
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Lyon
Messages: 899
Re : Les assassins du théâtre

C'est quand même hallucinant de trouver un article comme ça dans le Nouvel Observateur!

D'accord certaines mises en scène atteingnent des extrêmes, mais ce n'est pas une raison pour stigmatiser tous les metteurs en scène contemporains et pour donner l'image d'un théâtre dégradé et irrespectueux!
__________________
C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière...
luna est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 20/09/2007, 19h52   #11
Spect'acteur
 
Avatar de Amandine
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 516
Re : Les assassins du théâtre

ben c'est justement par ce genre de magasine que la culture ne passe plus en "famille" !!! (pour faire le lien avec d'autres topics..)
__________________
Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina
Amandine est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 25/09/2007, 00h31   #12
Public invité
 
Date d'inscription: septembre 2007
Localisation: LONDRES PARIS
Messages: 14
Re : Les assassins du théâtre

idem

Dernière modification par darbon ; 28/10/2007 à 23h57.
darbon est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 25/09/2007, 11h19   #13
Administratrice
 
Avatar de Vanille
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Dijon
Messages: 2 685
Envoyer un message via MSN à Vanille
Re : Les assassins du théâtre

Non, non et non : ce n'est pas parce qu'une personne est brillante qu'elle est habilitée à parler de sujets qu'elle ne maîtrise pas. Régis Debray est intelligent, et ce n'est pas pour autant qu'il sait parler de théâtre.

Je ne critique pas les qualités de Julliard mais juste la légitimité qu'il se donne à critiquer le théâtre français en général sur un mode pamphlétaire qui le dessert.

Darbon, vous semblez prendre un malin plaisir à la contradiction : je ne vous en blâmerai pas, encore faut-il que la contradiction soit fondée. Je suis d'accord moi aussi pour critiquer certaines mises en scène qui se servent du texte comme prétexte : encore que cela peut être un travail très intéressant lorsque c'est bien fait.

Partant de ce postulat, Monsieur Julliard aurait peut-être pu mener une analyse intelligente sur quelques spectacles précis.
Au lieu de cela, il se pose en dénonciateur salvateur d'un complot censé viser le public : d'une analyse esthétique qui pourrait être intelligente, il passe au pamphlet pseudo-politique (sous couvert d'être esthétique) qui généralise le théâtre français à partir de deux pièces.

Autant votre post pose des questions qui méritent d'être discutées en étirant le propos de Julliard vers une intelligence que je ne trouve décidément pas dans cet article, autant je trouve ce dernier démagogique et sans aucun intérêt, montrant le peu de connaissance de son auteur pour le milieu théâtral.

Bien sûr donc que l'on peut parler du formatage de l'acteur et du caractère mauvais dans certaines mises en scène, mais en aucun cas je ne trouve ces éléments dans l'article de Julliard : vous êtes bien trop bon pour lui...

Cet article m'énerve d'autant plus qu'il a été publié dans un hebdommadaire généraliste et que beaucoup de gens qui ne connaissent pas le théâtre lisent : plusieurs personnes de ma famille qui ne sont jamais allées au théâtre de leur vie tiennent ce genre de propos condamnant toute mise en scène qui soit un tant soit peu recherchée en critiquant "ces gens-là" (=les artistes) "qui gâchent l'argent public pour leurs caprices", et de voir qu'un homme aussi brillant confirme ce genre d'opinions toutes faites me dégoûte un peu.
Un éditorialiste me semble être là pour faire réfléchir et partager son savoir, pas pour souscrire aux opinions les plus répandues quoique pas toujours très bien fondées.

Ainsi, je veux bien parler de tous les sujets que vous soulevez dans votre post, mais pas dans cette discussion sur Julliard qui n'a en aucun cas évoqué ces questions, ou alors de très loin et d'une manière peu pertinente, me semble-t-il.

De toutes façons, parler du théâtre français (ou anglais ou russe) actuel et en général me semble biaisé dès le départ : avons-nous le recul nécessaire pour détecter de grandes tendances? Je n'en suis pas sûre...
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
Vanille est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 06/01/2008, 20h08   #14
Abonné
 
Avatar de Casimir
 
Date d'inscription: janvier 2008
Localisation: Laon (02)
Messages: 54
Re : Les assassins du théâtre

Ce thème est très intéressant et aurait pu servir de base à un travail sur le bien-fondé d'une certaine dénaturation sémantique que l'on peut parfois rencontrer chez certains metteurs en scène. C'est une réflexion sur les dérives qu'il eut fallu mener plutôt qu'un constat alarmiste et infondé! Va-t-on dire qu'un pays est extrêmiste parce que les partis extrêmistes en question représentent 10% des votes? Le pays du théâtre est en danger non à cause de la dictature de l'extrême décriée ici par M. Julliard, mais par l'attaque extérieure à celle-ci d'une poignée de démagogues qui préfèrent dire au spectateur qu'on lui enlève son théâtre plutôt que de lui monter à quel point il faut en jouir pleinement!
A bon entendeur!
__________________
-Qu'est-ce qu'on fait maintenant?
-On attend.
-Oui, mais en attendant.
Merci M. Beckett!
Casimir est déconnecté   Réponse avec citation
Réponse

Liens sociaux

Tags
assassins, théâtre

Outils de la discussion Rechercher
Rechercher:

Recherche avancée

Règles de messages
Vous pouvez créer de nouvelles discussions
Vous pouvez envoyer des réponses
Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
Vous ne pouvez pas modifier vos messages

Les balises BB sont activées : oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : non
Trackbacks are oui
Pingbacks are oui
Refbacks are oui
Navigation rapide

Discussions similaires
Discussion Auteur Forum Réponses Dernier message
Le Quartz, scène nationale de Brest. Saison 2006/2007 Le Cantateur Chevelu Programmation 21 16/09/2006 00h06


Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 00h59.


Powered by vBulletin® Version 3.7.3
Copyright ©2000 - 2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
Search Engine Optimization by vBSEO 3.2.0
Version française #18 par l'association vBulletin francophone
Template-Modifications by TMS
Copyright © Un Air De Théâtre 2005-2009
Réseau Spect-Acteur :: Le Tadorne :: Un Air De Théâtre :: Clochettes :: Images de danse :: Un soir ou un autre
Infos du réseau  


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31