Et bien Fetasalanis ,voici des textes avec plusieurs émotions ... Qui pourrait servir à quelques autres bacheliers ... Classique ? Contemporain ?

En tout cas , bon courage
Extraits de journaux et philosophies de salons de Marivaux 1789
Voici ceux que j’ai
préféré jouer :
1) … (Embarras)
Figurez vous un homme dont les yeux regardaient tout sans rien voir, dont les bras se remuaient toujours sans avoir de geste, qui ne savait quelle attitude donner à son corps qu’il avait de trop, ni que faire de son visage qu’il ne savait pas sous quel air
présenter pour empêcher qu’on ne vit son désordre qui allait s’y peindre.
M. de Climal était amoureux de moi ; comprenez donc combien il fut jaloux. Amoureux et jaloux ! Voilà déjà de quoi être bien agité ; et puis M. de Climal était un faux dévot qui ne pouvait avec honneur laisser transpirer ni jalousie, ni amour. Ils transpiraient pourtant, malgré qu’il en eût : il le sentait bien, il en était honteux, il avait peur qu’on n’aperçût sa honte ; et tout cela ensemble lui donnait je ne sais quelle incertitude de mouvements, sotte, ridicule, qu’on voit bien mieux qu’on ne l’explique. Et ce n’est pas là tout : son trouble avait encore un grand motif que j’ignorais ; le voici :
C’est que Valville, en se levant, s’écria à demi-bas : eh ! c’est mon oncle !
Nouvelle augmentation de singularité dans ce coup du hasard. Je n’avais fait que rougir en le voyant cet oncle ! Mais sa parenté que j’apprenais, me déconcerta davantage ; et la manière dont je le regardais, s’il y fit attention, m’accusait bien nettement d’avoir pris plaisir au discours de Valville. J’avais tout à fait l’air d’être sa complice ; cela n’était pas douteux à ma contenance.
De sorte que nous étions trois figures très interdites !!!
D’un autre coté, ne sachant aussi quel accueil je devais lui faire, j’observais le sien pour m’y conformer ; et comme son air souriant ne réglait rien là-dessus, la manière dont je le saluai ne fut pas plus décisive et se sentit de l’équivoque ou il me laissait.
En un mot, j’en fis trop et pas assez. Dans la moitié de mon salut, il semblait que je le connaissais ; dans l’autre moitié, je ne le connaissais plus.
C’était ouiiiii, c’était noooooon, et… tous les deux manqués.
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2) (humiliation)
Les bienfaits des hommes sont accompagnés d’une maladresse si humiliante pour les personnes qui les reçoivent ! Imaginez vous qu’on avait épluché ma misère pendant une heure , qu’il n’avait été question que de la compassion que j’inspirais , du grand mérite qu’il y aurait à me faire du bien ; et puis c’était enflure de sentiments dévots .
Jamais la charité n’étala ses tristes devoirs avec tant d’appareil ; j’avais le cœur noyé dans la honte ; et puisque j’y suis, je vous dirais que c’est quelque chose de bien cruel que d’être abandonné au secours de certaines gens :
Car, qu’est-ce qu’une charité qui n’a point de pudeur avec le misérable, et qui, avant que de le soulager, commence par écraser son amour-propre ?
La belle chose qu’une vertu qui fait le désespoir de celui sur qui elle tombe !
Est-ce qu’on est charitable à cause qu’on fait des œuvres de charité ? Il s’en faut bien quand vous venez vous appesantir sur le détail de mes maux, dirais-je à ces gens là, quand vous venez me confronter avec toute ma misère, et que le cérémonial de vos questions, ou plutôt de l’interrogatoire, dont vous m’accablez, marche devant les secours que vous me donnez. Voilà ce que vous appelez faire une œuvre de charité … Et moi, je dis que c’est une œuvre brutale et haïssable, œuvre de métier et non de sentiment….
Palam !!!!! Voici mon texte
préféré :
3)… (Bon sens.)
On ne saurait dire en entier ce que sont les personnes ; du moins cela ne me serait pas possible. Je connais bien mieux les gens avec qui je vis que je ne les définirais. Il y a des choses en eux que je ne saisis point assez pour les dire et que je n’aperçois que pour moi , et non pas pour les autres ; ou si je les disais , je les dirais mal.
Ce sont des objets de sentiments si compliqués et d’une netteté si délicate qu’ils se brouillent dés que ma réflexion s’en mêle. Je ne sais plus par ou les prendre pour les exprimer : de sorte qu’ils sont en moi et non pas en moi. N’etes vous pas de même ?
Il me semble que mon âme en mille occasions, en sait plus qu’elle n’en peut dire, et qu’elle a un esprit à part qui est bien supérieur à l’esprit que j’ai d’ordinaire. Je crois aussi que les hommes sont bien au-dessus de tous les livres qu’ils font…
Voili voilà !!!!!!
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