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Vieux 08/01/2007, 12h45   #186
Vanille
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Post Re : Le jeu des citations théâtrales

Bravo!
Push Up de Roland Schimmelpfenig (auteur contemporain allemand) est une pièce construite en miroir, où les scènes s'encadrent les unes les autres. L'écriture en elle-même n'est pas forcément novatrice (en tout cas dans sa traduction française), mais la structure de la pièce est extrêmement signifiante.
Le décor est une grande entreprise où les hauts employés se déchirent pour une promotion. Sous les problèmes strictement professionnels, c'est un peu le mal-être actuel qui affleure.
Il y a trois actes (si l'on peut dire) composé de deux personnages chacun. Le premier acte est composé de Sabine et Angelika, deux femmes dont l'une (Angelika) refuse la promotion à Delhi à l'autre. Le deuxième acte nous montre Patricia et Robert, deux employés qui auraient ou s'aimer si leur histoire n'avait pas été avorté par une bête absence de coup de téléphone ; Robert refuse également à Patricia sa proposition de spot publicitaire. Enfin, le dernier acte est une confrontation entre Hans et Franck, deux cadres supérieurs qui s'imaginent tous deux avoir eu la promotion à Delhi refusée à Sabine. Ces trois actes sont encadrés par deux monologues des agents de surveillance (Heinrich à l'ouverture, Marie à la fermeture).
Les actes eux-mêmes ne sont pas que du dialogue, et l'action s'interrompt souvent pour laisser la place à des monologues adressés au public. La coupure est assez nette dans le premier acte mais elle devient de plus en plus floue au fil de la pièce, à tel point qu'on ne sait plus vraiment à qui s'adressent les monologues. J'en avais vu une très belle mise en scène à Choisy le Roi par la Compagnie La Rumeur qui travaillait beaucoup sur cette ambiguïté d'ailleurs.
Le thème majeur de la pièce reste, pour moi, l'écrasement des personnages sur les contraintes sociales et le monde du travail. Broyés et seuls, les personnages ne s'expriment que dans une sorte de logorrhée où le paraître règne, pour laisser affleurer le vide de leur vie dans les parties monologuées. L'encadrement de la pièce par les agents de surveillance est loin d'être anodin : en plus de donner un autre éclairage à l'action qui se déroule dans les étages de la direction, il montre bien le côté Big Brother de l'entreprise.
Tout ça pour dire que je vous conseille de le lire...
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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