Texte pour Amnesty International...
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CAPTIFS
De cellules en cellules, j'ai été malmené, torturé et je crevais de faim. Mes voisins de chambre ne me supportaient plus.
Je n'ai rien fait et pourtant, je suis captif dans un puit sans fond qui s'appelle solitude. Solitude de la parole. Parole muette mais oreilles aux aguets.
Je ne demandais qu'un peu d?amour, mais, noir est ma couleur de peau. Peau dure et malléable.
Mais cet homme là ! Oui cet homme, regardez le. Il m'a prit dans ses bras, me disant cette phrase que jamais je n'avais entendu :
- Bienvenue mon frère !
Et j'ai sentit dans la paume de sa main, l'inextinguible chaleur d?une amitié éternelle, recouvrant ma carapace d'amour inexpliqué. Inexplicable tendresse d'un baiser qui fait peur .Et de cette odeur qui me vint en naissant, je ne vis pas sur son visage, et le rebut, et la terreur des autres locataires.
Je sus dés l'instant, qu'il ne me ferait pas de mal et quand ses colères deviennent accès violents, je me fais tout petit. Je me mets dans un coin de la piaule et ma bouche reste aphone car c'est mon ami. Alors, par respect, par pudeur, je reste là, comme statue pétrifiée.
Quand le noir des ses cauchemars envahit la surface de son coeur, il tend la main vers moi . Je m'assieds
Et lui de me raconter de ses jours de malheurs, sur le bord du grabat, j'entends ses confessions. Je sais ses instants de faiblesses, ses instants de bonheur et nous les partageons.
Compagnons d'infortune, mon ami, mon frère, les condamnés, à remâcher sans cesse nos rêves, nos désespoirs. Désespoirs de misère, nous sommes si différents et pourtant si proche. Je me présente :
... Je suis le cafard...
Transmis le ?02-12-2006
à Amnesty-International-Paris Ile de France
Article en bénévolat (droit à la liberté)
Dernière modification par PANTHERE ; 10/02/2007 à 19h26.
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