Arcadyan a bien essayé de me décourager en me disant que Maria Donata d'Urso s'apparentait à Rambert (je ne sais pas où il est allé chercher ça d'ailleurs), cela n'a pas réussi à me faire fuir.
Pezzo 0 (due)
1er Décembre 2006 dans le Petit Théâtre de la MC2 de Grenoble
Danse:
Maria Donata d'Urso
Lumières:
Yves Godin
Durée 30 min.
A mes yeux il s'agit là d'une performance, autant sur la forme que sur la maîtrise physique.
Noir complet dans la salle, hormis la faible lumière provenant de la régie. Quelquepart devant nos yeux, une forme orangée/jaunâtre qu'on arrive à peine à distinguer. Puis la Chôse se met à bouger. On SAIT que c'est une danseuse mais nos yeux nous disent le contraire. Cette forme semble plus proche d'une créature tout droit sortie de Star Wars que d'un corps humain. La tentation est grande pendant ces 30 min de chercher vainement à différencier le bas du haut, le dos du ventre, les bras des jambes. Cela est quasi impossible! Sauf à quelques instants où une jambe se déplie pour mieux rejoindre le corps déformé.
Pour vous donner une idée, c'est un peu comme si vous mettiez un poulet cru déplumé dans le noir, seulement éclairé par une faible lumière chaude, et qu'il se torde dans tous les sens.
Nous ne voyons pas la tête de Maria Donata d'Urso. Elle "danse" nue sur une plateforme légèrement surélévée par rapport à la hauteur de la scène.
Au final ce que j'ai ressenti, ce que j'ai vu, ne correspond pas vraiment à la note d'intention de Maria Donata d'Urso, mais j'y ai tout de même trouvé satisfaction, c'est l'essentiel. L'impression en sortant est: ouf de la lumière! Les ténèbres de la salle, la concentration dont il faut faire preuve pour apercevoir la forme corporelle, l'attention à ses mouvements minimales, la bande-son oppressante (souffles+bruits de glissements, de craquements où j'imaginais entendre ses os) font que c'est du malaise que l'on ressent devant ce corps qui n'a plus rien d'humain. J'avais aussi en tête des images d'enfants africains maigrelets, le ventre gonflé par le riz, ou encore des prisonniers des camps de concentration.
Lors du salut, on peut enfin se relâcher, Maria Donata d'Urso semble elle aussi épuiser, vider de son énergie.
Autant pour elle que pour nous, il a été judicieux de n'offrir que 30 min de présence au lieu des 40 annoncées: bien le temps d'en profiter et pas le temps de s'impatienter.
Date:
- 13/01/06 à l'Atheneum de Dijon
Pour plus d'infos sur
Maria Donata d'Urso et
Pezzo 0 (due)