Re : Théâtre de l'absurde
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Quelques autres petits textes qui pourront peut-être alimenter la discussion...
Beckett pessimiste
Le vide du sens, l’absence de réponse et la vanité de toute action sont des thèmes récurrents dans l’œuvre du dramaturge et romancier. L’auteur, en effet, confronte ses personnages à des situations où aucun progrès n’est possible. Au contraire, quand progression il y a, c’est toujours vers la décrépitude ou vers la fin. Dans Oh les beaux jours, le visage de Winnie ne cesse de se crisper et de s’immobiliser de plus en plus. Dans le premier des Actes sans paroles, toutes les actions du personnage, qui pourtant tente tout ce qui est en son pouvoir, ne tendent que vers un échec constant. Les protagonistes, d’ailleurs, se tournent de manière presque obsessionnelle vers le passé, qui pourtant, le plus souvent, apparait flou, incertain, imaginé. Ainsi, la seule réalité acceptable pour eux est une réalité réinventée. L’espoir chez Beckett n’est qu’un argument du supportable. Il est feint ou absent. Si dans En attendant Godot, il est le seul motif de l’action (de la non-action), dans Fin de partie (voir encadré), c’est en revanche son absence qui est la cause d’un spectacle, qui, lui aussi, s’enlise. La mort, chez Beckett, apparait comme une interrogation, qu’il questionne d’ailleurs dans sa trilogie romanesque Molloy/Malone meurt/L’innomable où l’auteur opère une progression dans la déchéance et dans les situations, qui au fur et à mesure, finissent par se résumer à des « consciences de vie » plutôt qu’à une vie réellement vécue dans sa plénitude. La mort, en outre, semble un non-évènement. Estragon et Vladimir voient même avec excitation la possibilité s’offrir à eux de se pendre. Puisque la vie n’a pas de sens, la mort n’a pas de raison d’en avoir plus. Il est, en cela, très influencé par la pensée philosophique de Schopenhauer, qui conçoit l’existence comme dictée uniquement par un vouloir-vivre, thèse profondément déterministe, sans qu’elle ait de sens. Beckett réinvente une forme nouvelle de tragédie, tout comme Ionesco, qui dans Le roi se meurt, tente l’essai d’un apprentissage de la mort. Mais, contrairement à ce dernier, pour Beckett, la tragédie n’est pas de mourir mais de vivre.
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