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Vieux 24/05/2008, 23h59   #17 (permalink)
Sylvain
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Re : La musique dans le théâtre

Bon, je ne sais pas si cela va t'être utile, mais comme je recopis les livrets des disques que j'emprunte et qu'il y a cela sur mon ordinateur, cela ne mange pas de pain que de te donner quelques extraits qui causent un peu de théâtre.
Ces propos sont de James Webster et concernent des symphonies de Haydn :

"Dans ce volume, les Symphonies no 50 et 60 (« Il distratto ») témoignent toutes deux de cette influence de la musique dramatique. La première est associée à l’opéra de marionnettes Philemon und Baucis, la seconde vit le jour comme musique de scène d’une pièce, Le Distrait (Der Zerstreute), montée à Eszterhaza en juin 1774. "

(...)

Cette symphonie (la no 50) trahit ses origines en tant qu’ouverture de Die Gotterrat de plusieurs manières. L’introduction lente – élément rare avant les années 1780 – baigne dans une ambiance majestueuse convenant bien à des dieux et des déesses qui, dans ce prologue, doivent bientôt apparaître sur scène. L’Allegro di molto qui suit est plus concis que le mouvement initial des no 54-57 : les modulations sont soudaines, et le rythme de croches est ininterrompu, y compris dans les six mesures qui servent de prétexte à un « second thème » vers la fin de l’exposition. Tout pousse vers l’avant, en direction du drame à venir – si ce n’est que dans la forme symphonique c’est cette énergie elle-même qui devient le drame.

(...)

Cette œuvre (la symphonie no 60, "Il distretto") vit le jour en tant que musique de scène d’une pièce comique en cinq actes centrée sur Léandre, le héros « distrait » qui lui donne son titre. En dépit des hypothèses contraires, c’est la seule symphonie de Haydn dont on puisse affirmer qu’elle était à l’origine une musique de scène. Ce statut unique explique à la fois ses bizarreries de style et le fait qu’il s’agit d’une symphonie en six mouvements – anomalies générique dans la musique autrichienne du XVIIIe siècle qu’on ne rencontre que dans les œuvres franchement programmatiques. Le premier mouvement servait d’ouverture, les mouvements deux à cinq d’entractes, et le dernier d’espèce de « finale », une fois la pièce achevée.
La musique de Haydn, en tant qu’illustration dramatique, suscita des commentaires nombreux et enthousiastes. Dans le présent contexte, on ne peut donner qu’une idée très rapide de ce traitement brillant. Pour l’action, je citerai des extraits du résume de Robert A. Green : « La plupart des personnages (…) sont associés à la commedia dell’arte et, en tant que personnages types, étaient immédiatement compréhensibles comme tels pour Haydn et les auditeurs de son temps. Clarice et Isabelle sont deux jeunes dames bien élevées. Le chevalier, le frère de Clarice, est l’un de ces membres de la noblesse d’épée qui festoie, courtise les femmes et est bien versé dans les arts galants. Mme Grognac est la mère autoritaire qui cherche un parti fortuné pour Isabelle, sans tenir compte des souhaits de sa fille. L’avarice de Mme Lisette et est largement exploitée (…). Lisette et Carlin sont les domestiques qui, par leur force, contrebalancent la faiblesse de leurs maîtres (…). Léandre, le distrait, est un type de personnage rendu célèbre par la description qu’en donne Jean de La Bruyère dans Les Caractères, publié en 1688 (…)"
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«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie
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