Par le Boudu - Bonaventure Gacon
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Je vais faire bref mais je voulais signaler que ce soir JE ME SUIS RECONCILIEE AVEC LES CLOWNS!
Ce jeudi 15 mai 2008 à la Chapelle Saint Louis à Rouen j'ai vu débarqué sur scène cet énergumène qu'est le personnage inventé par Bonaventure Gacon.
L'être humain disparaît sous la couche de maquillage, les yeux sont avalés par de larges cercles blancs, le nez...rouge, barbe abondant et cheveux hirsutes sous calotte grisâtre, imperméable crasseux sur surperposition de fripes disloquées et chaussons rouges de travers. Plus proche de l'épouvantail, tu meurs. Les sens sont brouillés par l'image de cet homme qui dépasse notre conception du corps humain. Le bras droit est quasiment retourné, en tension et l'épaule haussée. Il y a une table en bois de fabricaion "maison" et une chaise en fer à la peinture rouge écaillée. Un monde décrépit, fragile et pourtant sentimental.
Et puis cet homme en piteux état prend la parole et partage les petites touches de réjouissance ou de frayeur qui constituent sa misérable vie. Parmi les différentes séquences, chacunes centrées sur un objet ou une sensation, la première est une belle entrée en matière pour situer le personnage. Il nous décrit amoureusement une petite fille qui descend de la montagne avec sa robe où l'ourlet est brodé de canards qui se suivent à la "queue leu leu", de cette petite fille qui approche et qu'il préfère fuire en se cachant derrière un arbuste, et de cette petite fille sur laquelle il se jette pour la zigouiller...
Voilà, Par le Boudu c'est ce soupçon d'inattendu: la naïveté du clown, associée aux obsessions d'un dégénéré mental.
On rit beaucoup (ça a été mon cas, je n'en pouvais plus!) ou pas... car Bonaventure Gacon est entre le clown pouet pouet et le clown triste, si profondément triste qu'il ne sert à rien de lui dessiner des larmes sur la joue, son charme vient d'ailleurs.
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