Et voilà le petit dernier

!! Sur le spectacle Road to nowhere au TNS à Strasbourg...
Merci encore pour ce chouette site regroupant des passionnés de théâtre !!
Le vendredi 7 décembre 2007, les habitués du TNS, dont je fais partie, ont pris place dans le bus, place des Dragons à Saverne, direction Strasbourg. Sans savoir qu'ils assisteraient à un spectacle étonnant et détonant. Car le « Youg@Heart Chorus » dans« Road to nowhere », présenté par le « No Theater » et mis en scène par Bob Cilman et Roy Faudree est tout simplement époustouflant.
Avoir l'occasion de voir (et d'écouter...) sur une scène un choeur de vingt chanteurs qui ont entre 73 et 92 ans, habillés dans des couleurs vives et variées, entonner des tubes rock et pop des années 70 aux années 90, n'arrive pas tous les jours... On admire le courage, l'enthousiasme,la performance vocale et scénique de ces personnes qui, dès le départ, nous clouent à nos sièges. Avant tout c'est l'énergie qui s'en dégage qui est impressionnante. Que dire en effet quand on voit comment ces personnes arrivent à occuper l'espace scénique qui comporte juste les éléments nécessaires à leur spectacle, comme un écran qui permet au spectateur de lire quelques traductions des chansons mais aussi de voir certains montages vidéos... Un est d'ailleurs très prenant, celui où l'on observe le chanteur du choeur jeune qui vieillit et que l'on reconnaît enfin... La vieillesse transformant le visage sur la photo nous rappelle à nous qui sommes encore jeunes que cela nous arrivera aussi un jour et cela fait une impression étonnante... Je me rappelle m'être posé la question « Et moi comment ma photo se transformera? »
Accompagnés d'un vrai groupe de rock ,dont les membres ont pour la plupart l'âge des petits enfants du choeur, composé d'un piano, d'un accordéon, d'une guitare, d'une batterie ( et c'est une membre du chorus qui joue au violon !! ), le young@heart chante des tubes dont les paroles prennent alors une toute autre signification.
En interprétant « Jealous guy » des Beatles, ils nous démontrent que l'amour ne connaît pas d'âge. Alors qu'en entonnant « Fake plastic tree » de Radiohead, ils énoncent une critique de la consommation de masse et révèlent ainsi les limites du système américain... Ils nous souhaitent de rester jeunes dans le c(h)oeur en chantant « What a drag it is getting old » des Rolling Stones et « Forever young » de Bob Dylan. Ils encouragent aussi le respect de la différence avec « Walk on the Wild side » de Lou Reed. Ils sont étonnants quand ils chantent et dansent le « Hey ya » du groupe Outkast. Enfin, ils apportent une belle touche d'humour en entonnant à la fin du spectacle: « Should I stay or should I go » de The Clash, qui à ce moment là peut s'interpréter de plusieurs façons différentes. Tout d'abord, dois-je rester et continuer à chanter ce soir pour vous? Mais aussi, dois-je continuer de vivre ou suis-je inutile dans cette société? Ainsi l'ensemble des chansons qui ont été choisies dans ce spectacle ( je n'en ai cité que quelques exemples) prenaient une toute autre dimension... C'est comme si on leur découvrait un nouveau sens, une belle et profonde signification... La mise en scène de ces chansons nous permettait encore un meilleur accès, comme lorsque tout le choeur est assis sur des chaises et qu'ils bougent comme s'ils étaient aspirés de part et d'autre pendant la chanson « Paint it black » des Rolling Stones.
Passant de sujets sérieux (ils ont notamment évoqué la guerre) à des sujets où ils mettent plein d'humour (comme la choriste qui se remue, pleine d'entrain en chantant «Hey ya »), le heart@chorus a su subjuguer ses spectateurs, les toucher en profondeur et surtout apporter une formidable leçon de vie...