Ah non!!! O rage ô désespoir! Pourquoi comparer Pommerat à Mnouchkine!!!?
Les Ephémères ne redigèrent rien et nous livrent tout tel quel dans un réalisme effrayant où la seule distance qu'on ait bien voulu mettre est l'utilisation des panneaux roulants. On tombe dans des clichés (pourquoi les hommes sont tous des salauds dans cette pièce?!) et jusque bout on n'en sortira pas.
Joël Pommerat se sert lui de toutes les possibilités du théâtre pour passer de la banalité, des histoires des "petites gens" à une dimension sociale universelle. L'orchestre en fond, le jeu extrêmement codifié des acteurs, l'utilisation des micros, ou encore le fait de faire jouer l'ado rebelle par un comédien qui a plus vraisemblablement la quarantaine que la quinzaine. On est au théâtre et le théâtre se fait reflet de la société, et ne louche pas sur les médias de masse comme c'est le cas pour les Ephémères.
D'autre part la recherche de ce qu'est fondamentalement le théâtre, et quelles en sont ses limites, est un des aspects les plus passionnants chez Pommerat.