Re : "Cannibales" de David Bobée
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Effectivement Arcadyan,
il y aurait matière à un post réservé à cette question. Aussi je ne t'en voudrai pas si le présent message se téléporte à une place plus adaptée. Cela dit, je réponds juste sur ce point de ton message :
"Moi ce qui me choque un peu, c'est l'aspect reducteur...Pourquoi l'avenir serait à une forme plutôt qu'à tout?"
En fait, il ne s'agit pas de privilégier une "forme", dans la mesure où ce qui rentre dans cette catégorie que je décris (si c'en est une) est extrêmement éclectique : comment rapprocher en terme de formes Castellucci, Enrique Diaz, Jan Fabre, Cyril Teste, Rabi Mroueh... (liste interminable) ?
Ce que je voulais dire, c'est pointer la nécessité d'une évolution qui tient à la transformation de notre rapport aux histoires, à la vie, au temps.
Toutes nos perceptions sont chamboulées par la mondialisation en général, mais surtout par l'essor et la diversification des moyens de communications. Et le théâtre est obligé à une transformation radicale : comme disait Mac Luhan "each new media reconfigures the previous one". Ca a déjà eu lieu avec l'apparition du cinéma, puis de la télé, et maintenant à l'ère d'Internet et du jeu vidéo.
Si ce processus n'avait pas toujours eu lieu, le théâtre serait devenu un musée; or, un rapide survol de l'histoire du théâtre suffit à montrer que tout s'est toujours transformé, et que la permanence du rituel théâtral n'est qu'un leurre.
C'est en tout cas le discours que je tiens à mes étudiants en fac arts du spectacle, et je crois à titre personnel (je répète ce que j'ai dit dans un précédent post) que le maintien du théâtre en tant que spectacle (plus ou moins) démocratique(*) est au prix de ce questionnement. Se raccrocher au texte en tant qu'objet sacré est le plus court chemin vers un élitisme pire encore que l'expérimentation : l'élitisme bourgeois, celui qui se rend au théâtre pour "entendre" et se délecter de textes sacrés.
Voilà, c'est forcément trop court, alors faisons péter un post sur le sujet !!!
Joyeuses Paques.
(*) +/- démocratique parce que 7% seulement de la population va au théâtre (théâtre de boulevard inclus)
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