Bien susceptibles, en effet...
Je trouve curieux cette forme de contradiction interne permanente chez les deux loulous de Rictus (j'ai failli dire incohérence, mais on va rester soft).
J'avais déjà trouvé que Fées reposait sur un discours contradictoire (je suis un rebelle potentiel qui veut changer le monde / mais en fait, le monde est trop dur, du coup je suis nul et mou). De la même manière, sur ce site, Rictus accepte de se montrer au milieu de la place du village (un air de théâtre, donc) sur invitation du Maire (Hello Arcadyan) en disant bien fort "c'est nous que v'là". Et nous avons donc pu juger sur pièce, via le journal de création, de la démarche de l'auteur (jai dit ce que j'en pensais, mais ça n'engage que moi).
Rien de mal en soi, mais pourquoi alors s'offusquer ensuite aussi bruyamment que certains d'entre nous (dont je suis) expriment une opinion qui revient à quelque chose comme : "C'est pas beaucoup de bruit pour rien tout ça ?"
Qui ne veut pas se soumettre à la critique ne s'y expose pas. Si ces messieurs ne veulent pas courir le risque de se sentir incompris, qu'ils s'embastillent volontairement dans la tour tour d'ivoire du réseau national, entourés seulement par un premier cercle de journalistes, de collègues et d'amis complaisants; cela n'empêche nullement de feindre la proximité avec le public. Bien des artistes du théâtre public l'ont fait avant eux, qui ont pu créer de longues années, dans un tranquille hiatus entre discours officiel (je suis engagé et révolté) et réalité (je suis un artiste mort).
Mais dans ce cas, Un air de théâtre n'est peut-être plus un bon endroit pour messieurs Bobbée et Chéneau, en tous les cas tant qu'y subsistera un débat ouvert et argumenté.
P.S : Attention les gars, quand on (di)gère mal sa jeunesse rebelle, on commence par se croire Che guevara, et on se réveille un beau jour avec la gueule de Glucksmann (c'est un peu comme la gueule de bois, sauf que ça dure)...