Tout d'abord, pour ce qui est de Schopenhauer, il est vrai que je me suis peut-être exprimé de manière un peu floue. Beckett et lui partagent l'idée d'un humain sans espoir (Schpoenhauer déloppe la thèse d'une existence dictée uniquement par un vouloir-vivre) et, si Schopenhauer voit la seule délivrance possible dans un - je résume - recul par rapport au monde, une contemplation presque, Beckett, lui, ne voit pas de délivrance, mais qu'une manière de rendre supportable ce qu'on pourrait nommer l'absence de sens. Bien sûr, pour l'un comme pour l'autre, les réalités sont plus fines et plus complexes encore.
Pour ce qui est de Godot, l'élément le plus marquant est bien sûr que, pour la première fois dans l'histoire du théâtre, il s'agit d'une pièce où l'anecdote est absente. Il n'y a finalement rien d'autre qu'une idée étalée durant deux heures. Contrairement à ce que dit Vanille, c'est effectivement très drôle. Cependant, il est vrai que, selon les mises en scène, cela peut vite devenir assez glauque. Pour ma part, mon parti pris était de rendre clownesque (maquillage, costumes, ...) pour créer une émotion et une tendresse, tout en laissant le sens paraître.
Ps: J'ajouterai que Beckett ne doit pas être ramené qu'à son théâtre (même s'il est d'excellente qualité) car il s'agit également d'un romancier, certes très difficile, mais avec des thèmes et un langage très forts.
Pss: je tâcherai d'en dire plus dès que possible...
