Re : "Sauve qui peut" pas mal comme titre - Thomas Bernhard / tg STAN
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J'ai moi aussi vu ce spectacle au Théâtre de la Bastille, à Paris, en décembre dernier.
J'avais vu un spectacle incroyable de Tg Stan dans ce même théâtre il y a trois ans, une adaptation du Paradoxe sur le comédien de Diderot rebaptisé Du Serment de l'écrivain, du Roi et de Diderot.
J'avais été saisie par la maîtrise des comédiens, l'humour absurde à hurler de rire ainsi que l'intelligence de la mise en scène bourrée de références littéraires, philosophiques, historiques et artistiques.
C'était d'une virtuosité incroyable sans que les comédiens se prennent cependant au sérieux, n'hésitant pas à courir après les spectateurs qui partaient en plein milieu, à interrompre la pièce le temps que quelqu'un aille aux toilettes ou à balancer des poissons dans le public. Interrogeant autant le rapport des spectateurs au théâtre que la méthode de l'acteur ou le rôle de l'artiste dans un joyeux bordel, Du Serment de l'écrivain, du roi et de Diderot jouait de la mise en abyme en mettant en danger aussi bien les comédiens que le public.
Après cet exercice de maître, j'avoue que j'ai été déçue par Sauve qui peut (pas mal comme titre). C'est toujours aussi drôle, mais peut-être moins intelligent - le texte de Thomas Bernhard me semble lui-même un peu pauvre. On sent moins la maîtrise, on entend peu le texte, on a l'impression d'une petite auto-censure autant que d'un manque de confiance en soi.... Il reste toujours cet humour cynique et complètement absurde, cette exploitation à outrance des ressorts du théâtre, cette tendance à faire croire que rien n'est sous contrôle autant qu'une provocation politique très saine (la première phrase du spectacle étant "La Belgique n'existe pas")... mais... mais quoi? On ne sent pas cette même mise en danger de soi, on sent que les comédiens ne se jettent jamais dans le vide, peut-être trop aggripés au texte -très daté et un peu creux à mon goût- de Bernhard autant qu'à, peut-être, leurs recettes qui marchent.
En définitive, un spectacle frais et joyeux, mais que l'on aurait peut-être aimé plus provocateur et risqué : SORTEZ DES CLOUS !
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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