Encore un spectacle qui m'a chamboulée, et donc oui il FAUT que j'en parle. (Vanille, c'est pas sûr que ça te plaise...

)
Sous-sols, c'est une variation, une création autour des
Bas-fonds de Gorki... Du texte, le Théâtre de la Licorne n'a même pas gardé les mots. Juste cette impression de "sous-sol", de "bas-fond", d'"underground", de "terrier d'Alice". Sous la terre vit une communauté d'hommes, de silhouettes plutôt, d'ombres qui se cachent, chuchotent, grouillent. Ils fuient le monde d'en haut.
Leurs visages sont dissimulés, tantôt par des cagoules, tantôt par de l'argile blanche, de la poussière.
Ils portent des masques/têtes de marionnettes sur le ventre, ou sur la tête, faisant naître des personnages voûtés, bossus, ou déguingandés.
La frontière entre l'homme, l'animal, le végétal, et la caricature est très floue.
Tout se mêle, on ne sait plus très bien s'ils sont des réfugiés, des racines, des chauve-souris ou des papillons...
Sous-sols, c'est un univers d'ombres, d'humidité, de dissimulation, de chuchotement, mais c'est aussi un univers surréaliste, où les détecteurs de métaux deviennent des scarabées géants.
Sur scène, des planches pourries, des coups de pinceaux, de la terre, des vieilles barres en métal, des machines incongrues. Une esthétique pauvre, sale, vieillie; un monde usé dans lequel évolue une société d'hommes qui fuit, est exploitée, se révolte, prospère, s'approprie, puis fuit à nouveau...
Et puis surtout, on rit. Ca n'a pas l'air, comme ça, mais on rit. On rit des images, des trouvailles scéniques qui fonctionnent à merveille, du faux russe sous-titré par une machine à sous-titrer, ou de la femme qui caresse un chat dessiné à plat sur une feuille de papier...
C'est une vaine tentative que de vouloir décrire ce spectacle, tellement il est riche...
Mais je voudrais quand même ajouter quelque chose. Ce que j'ai ressenti, personnellement, tout au long de la réprésentation.
Pas une fois je me suis affalée dans mon fauteuil. Tout mon corps était en avant. Les bras ballants. La bouche grande ouverte. Un sourire bien accroché aux oreilles. Une vraie gamine. Complètement dedans.
Et quand les acteurs sont venus saluer, j'ai applaudi de toutes mes forces, comme jamais. Puis là je ne sais pas ce qui s'est passé. Comme si toute cette émotion, de bonheur, de joie, de plaisir du spectateur était trop forte pour moi; j'ai fondu en larmes.
C'est la première fois que ça m'arrive.
Aujourd'hui encore je suis toute tourneboulée. J'me suis plantée de correspondance dans le métro ce matin, j'ai laissé tomber des trucs que je venais d'acheter pour la fac sans même m'en apercevoir...
Et je suis encore au bord de ces larmes de joie à l'heure où j'écris ce sujet.
Le spectacle est en tournée, les dates sont
là.
C'est dommage, quand je l'ai vu hier, c'était l'avant-dernière sur Paris... Du coup pas eu l'occase de la conseiller à des gens.
Cela dit pour les parisiens, il repasse à Colombes (92) à l'Avant-Seine le 4 et le 5 avril.
Comme il en est au tout début de sa tournée, j'pense qu'il devrait y avoir beaucoup d'autres dates par la suite, et ailleurs... Faut guetter quoi.