Après petit réflexion : méfions-nous de ce que nous appelons communément
inconscient, et qui n’est généralement en fin de compte que du
subconscient. L’inconscient, c’est quand même le domaine des choses refoulées, censurées, un monde de désirs jugés honteux, malsains, pervers, par le
surmoi inquisiteur…

tandis que le subconscient, c’est simplement ce qui est pré-conscient, comme les souvenirs d’événements que nous pensions avoir oubliés et qui nous reviennent 20 ans plus tard. Par exemple, on peut voir une scène de Novarina sans sourciller, et que ce souvenir nous revienne deux mois plus tard avec insistance, alors que nous n’avions pas broncher la première fois : nous n’en avions jusque là qu’une pré-conscience, une sub-conscience, qui n’était pas nécessairement honteuse, mais pas une inconscience, car cela voudrait dire que nous avons « refoulé » cette scène ou du moins, certains de ses événements, une part de son contenu. Mais je ne suis pas non plus certain de ce que j’avance...
Mais à mon avis, presque tout créateur joue avec le sub-conscient, bien plus qu'avec l'inconscient (si vraiment il fait avec...). Analyser une oeuvre, n'est-ce pas en partie déceler et expliquer ce dont nous n'avions qu'une subconscience lors de notre première perception ? Ce qui expliquerait aussi le "j'aime bien, mais je ne sais pas pourquoi". Le pourquoi n'est pas inconscient, sans quoi on ne pourrait aimé... il est au bord de la conscience.
En fait, c’est une question encore plus intéressante que je ne le pensais au début… l’artiste peut-il « manipuler », « jouer » ou « parler » volontairement à l’inconscient du spectateur ? J’ai un peu de mal à y croire, s’il le fait il doit s’attendre à ne pas savoir du tout ce qu’il va provoquer dans l’inconscient, et alors… quel intérêt ?

Je pense par contre qu’il peut amener à la conscience des choses inconscientes, en montrant par exemple que l’homme à nécessairement en lui un désir inconscient de meurtre (le film de Cronenberg
History of Violence est le seul exemple qui me vient, encore une fois je peine à trouver des exemples théâtraux), ou que sais-je encore… mais provoquer volontairement quelque chose dans l'inconscient, je ne vois pas comment, ni le but (pour l'instant).