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Donc au nom de quoi, dans cette situation générale, le budget culturel serait il sanctuarisé ? Il faudrait quand même que le sujet ne soit pas tabou...
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Au nom de la nécessité d'une expression libre, de plus en plus rare de nos jours. Dés lors où il faut composer avec des sources de financements intéressés, l'expression prend risque d'être aliénée, et on ne peut plus se permettre n'importe quoi : il faut composer avec les sources de financements. Car le public à des attentes : peut-être pas les personnes qui vont au théâtre pour se cultiver, jouir d'une contemplation artistique (c'est à dire l'élite, n'est-ce pas

), mais une majorité de gens qui attendent du théâtre un simple divertissement, de quoi passer un bon moment (au passage : le problème est le même pour le cinéma, mais j'ai l'impression qu'on en parle encore moins). Non pas que ces gens sont bêtes, mais nous sommes dans une société de consommation, où le plaisir doit être le plus direct et le plus fort possible, et où l'effort est connoté comme systématiquement néfaste. Bien sûr, on comprends que demander à l'Etat de quoi pouvoir s'exprimer comme on l'entend, et éventuellement s'exprimer contre lui, est une requête des plus délicates à formuler
(Je ne me mets pas du tout en opposition à ton message, Guy, qui est tout à fait pertinent, je tente simplement une argumentation possible pour justifier ces subventions)
J'écoutais justement il y a quelques heures sur France Inter une émission où il était question de la dette de la France, sujet qui me fait déprimer à chaque fois au point que je préfère (et je sais que ce n'est pas très intelligent) l'éviter. Mais d'un autre côté... Au XVIIIème siècle aussi on était sérieusement endetté, ça n'empêchait pas le gouvernement de financer l'opéra ainsi que les théâtres royaux. Peut-être parce que la population tenait à ses théâtres, que les salles étaient souvent pleines à craquer, que même des gens sans le sou parvenait à ruser pour y entrer, que l'excellence culturelle d'un pays comptait davantage qu'aujourd'hui dans sa fierté... Le travail à faire est sur le public, sur les mentalités, pas sur la qualité des spectacles, je pense. Et la volonté de rabaisser le théâtre vient aussi, à mon avis, davantage de son image cradochée que de ses véritables conséquences sur l'économie - un peu comme les fonctionnaires, sans doutes. L'armée n'a pas une image aussi laide, du coup on en parle jamais... Pourtant, où est la rentabilité ?