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Vieux 19/12/2007, 21h34   #7
Guy
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Re : Faut-il encore financer le théâtre public?

Il y a en frontispice de cet article de Ghislain de Montalembert dans le Figaro une photo de la pièce de Rodrigo Garcia au Rond Point qualifiée de pitrerie subventionnée... On dirait du Julliard (voir le topic: les asssassins du théatre) Cela pose le débat de manière plus engagée que le reste de l'article plutôt bien équilibré entre les points de vue.
Le titre lui même est insensé: "Faut il encore financer le théatre public?" A votre avis? Par définition un théatre public non financé par des subventions ne serait plus public, et d'ailleurs n'existerait plus du tout. Et le théatre dans son ensemble aurait du mal à s'en remettre. C'est tellement une évidence (Loi de Baumol, précédents au U.S.A., etc...) que ce n'est pas trop la peine de developper ici. Bref on sent le chef de rubrique qui a récrit les titres derrière le journaliste...

Cela posé il faut quand même rappeller qu'il y a un serieux problème de finances publiques dans ce pays. Ce n'est pas que les caisses soient vides, c'est plutôt que l'Etat est endetté pour plusieurs décennies. Consacre de plus en plus des impots à financer les intérêts de la dette. Et il y a quelques sujets un peu flippants devant nous: developpement durable, solidarité, retraites, recherche,coopération, etc..., qui vont consommer de plus en plus de ressources, sans parler des missions régaliennes (justices, éducation, santé,etc...) qui ne sont pas assurées décemment, allez aux urgences ou au tribunal, on en reparlera. On est beaucoup plus confortablement installé à la MC93 de Bobigny qu'au tribunal de Prud'hommes de Bobigny. Je ne dis evidemment pas par là que l'argent coule à flots dans le monde culturel, c'est l'inverse pour la grande majorité des artistes, de tout temps prolétarisés (Cf Barthes), je dis simplement que des choix peuvent,doivent être faits. Nos directeurs de théatres subventionnés, si ouverts sur le social et la citoyenneté, devraient quand même avoir une toute petite idée de cette situation. Donc au nom de quoi, dans cette situation générale, le budget culturel serait il sanctuarisé ? Il faudrait quand même que le sujet ne soit pas tabou...

C'est là que le Syndeac aurait peut être une parole à prendre, au lieu de rester dans une relation style syndicat/patronat face au ministère. S'il faut reflechir aux moyens de mieux utiliser l'argent public, ce n'est pas dans l'inepte lettre de Sarkosy à Albanel (reproduite alors sur le forum) qu'on trouvera le début d'une réponse. Démocratisation culturelle ? Un voeu pieu. Répondre aux attentes du public? Celà ne veut rien dire. L'offre crée la demande pour grande partie. Et à contrario on peut remarquer que le machin de Rodrigo Garcia faisait salle comble, avec des procédés en dernière analyses plus racoleurs que ceux utilisé dans beaucoup de spectacles de théatres privés. Rodrigo Garcia indirectement financé par la TVA sur la baguette de pain de l'ouvrier, si je peux me permettre cette image un peu démago. La fréquentation n'est pas un critère trés valable, vous êtes tous d'accord là dessus je suppose. Quant à juger sur des critères esthétiques, c'est se rapporter à des critères esthétiques dominants: le propre des créations les plus remarquables est sans doute d'avoir besoin de temps pour se faire reconnaitre dans toutes leurs dimensions, celà pose la mesure du poblême.
Je rêve donc que les acteurs du marché (!) culturel comme le Syndeac se risquent à des propositions, remettent en question leurs choix et leurs méthodes et déja commencent par communiquer sur ces sujets, au lieu de se replier sur leurs prés carrés, et pour certains leurs baronnies, et de tenir des discours outragés quant aux logiques comptables.
Bon je vais casser ma tirelire (les caisses sont vides...) et aller voir Puzzle de Woody Allen au Palais Royal dans l'autre monde, celui du privé, cela va me changer les idées!
Guy est déconnecté   Réponse avec citation