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Vieux 18/12/2007, 14h19   #5
Bigorzazou
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Re : Gaff aff- Zimmermann et de Perrot

Voilà la critique que j'ai écrite pour mon cours de critique (le seul qui continue encore à avoir lieu malgré le blocage... dommage, c'est celui que j'aimais le moins).
J'aime pas trop écrire des critiques, j'trouve que ça a vite fait d'être superficiel... Mais bon ça a le mérite de parler d'un spectacle de façon succinte.


"Gaff Aff, c'est d'abord un spectacle sur une matière. Une matière a priori inintéressante, une matière que l'on voit tous les jours, que l'on néglige. Une matière pauvre, sans aucune valeur. Qui s'abîme vite qui plus est. Une matière qu'on utilise pour emballer, qu'on jette ensuite : au mieux, on la recycle.
Cette matière, c'est le carton. Oui, un spectacle sur le carton, rien que sur le carton.
Martin Zimmermann, auteur, metteur en scène et interprète de Gaff Aff, est un ancien élève du Centre National des Arts du Cirque, connu pour ses spectacles qui sont de véritables objets théâtraux non identifiés, mélangeant subtilement danse, cirque et musique. Avec son acolyte musicien de Perrot, il ne déroge pas à la règle, et nous offre un spectacle hybride qui ne tombe jamais dans la vulgarité du spectaculaire ni dans un intellectualisme forcené.

Sur scène, tout est en carton. La scénographie. Les objets. Même les prises techniques sont emballées dans du carton. Mais l’utilisation de cette matière ne se borne heureusement pas à son unique aspect.
Car le carton, c’est aussi du bruit. Le bruit du cutter qui le caresse. Le bruit du carton qu’on arrache, le bruit du carton qu’on découpe, le bruit d’un 45 tours en carton que l’on pose sur une platine. Le disc-jockey de Perrot, présent sur scène, explore la musique du carton, et donne à la partie sonore du spectacle un rôle considérable, loin de la fonction illustrative qu’on lui attribue bien trop souvent dans le théâtre régulier. La musique est un personnage à part entière, une impulsion qui motive la danse de Zimmermann, jusqu’à manipuler son corps. La scénographie ? Une gigantesque platine, dont le bras de lecture sert de table de régie au musicien.
Et sur cette platine, une boîte. En carton, bien sûr. Elle se déplace. Danse : figure marionnettique grotesque.
Une main sort. Puis un pied. On devine le corps qui se tord derrière. Après le jeu de la marionnette, le jeu de l’apparition théâtrale : une entrée en scène pour le moins originale, depuis un rideau-boîte en carton.
Un homme apparaît alors, costard cravate, attaché-case à la main, et nous entraîne dans une chorégraphie effrénée du quotidien. Description banale d'une journée banale, par le corps et la musique: la réalité devient grotesque, surréaliste, comme si cet homme d'affaire insipide revivait ses journées infernales dans ses rêves... Ou comme si ses journées insipides l’aliénaient totalement. La platine gigantesque qui ne cesse de tourner dans tous les sens devient le lieu du mouvement perpétuel de la boucle, où tout se répète à l’infini, à l’image de ses journées qui se succèdent.
On rit des innombrables clins d’œil nous renvoyant à notre propre routine, on s’émerveille des multiples trouvailles visuelles et sonores. Au point qu’on n’arrive plus à décrocher ce sourire tenace, pendu à nos oreilles, alors même qu’on a quitté la salle.
Gaff aff fait partie de ces rares spectacles qu’on aimerait revoir encore et encore, et qu’on ferait connaître au monde entier si on le pouvait. "
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"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez." André Durupt, peut-être.
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