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Vieux 14/12/2007, 15h48   #8
Vanille
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Re : [AFP] L'Opéra-Comique rouvre sous une nouvelle "Etoile"

L'Opéra-Comique lève son rideau sur une brillante "Etoile" de Chabrier

PARIS, 14 déc 2007 (AFP)

L'Opéra-Comique à Paris a lancé jeudi soir sa saison 2007-2008 avec une nouvelle production de "L'Etoile" d'Emmanuel Chabrier vocalement et musicalement brillante, et prometteuse pour l'avenir d'une maison qui ambitionne de redevenir le temple de l'art lyrique français.

Cet opéra bouffe était confié aux bons soins du chef britannique John Eliot Gardiner, pour beaucoup dans le succès d'une soirée à laquelle s'étaient donné rendez-vous de nombreuses personnalités, dont la ministre de la Culture Christine Albanel et ses prédécesseurs Jack Lang et Jacques Toubon.

Créée en 1877 aux Bouffes-Parisiens, "L'Etoile" repose sur un livret délirant: le roi Ouf Ier veut fêter comme chaque année son anniversaire par un empalement mais apprend de son astrologue Siroco que la mort de celui qu'il veut supplicier, le colporteur Lazuli, entraînerait son propre trépas.

Du coup, Ouf veille sur la santé du jeune homme, qui a des vues sur la princesse Laoula, en fait promise au souverain...

Pour le lancement de sa première saison à la tête de l'Opéra-Comique, Jérôme Deschamps signe une mise en scène sans effets bouffe trop appuyés avec sa compagne Macha Makeïeff, qui a conçu des décors et costumes faisant la part belle à l'imaginaire (toiles peintes) et volontiers instables (murs mobiles).

Le nouveau directeur s'est bien gardé de faire du "Deschiens", et même le quadrupède canin qui traverse la scène à l'acte II est invisible, quoique bien imité. Le spectacle aurait cependant pu illustrer de manière moins sage le propos loufoque des librettistes Leterrier et Vanloo.

La proposition du tandem Deschamps-Makeïeff a au moins le mérite de laisser vivre la musique de "L'Etoile", dont le compositeur Reynaldo Hahn disait à raison qu'elle était une "perle fine de l'opérette française".

Féru de musique française et pas seulement baroque, John Eliot Gardiner retrouve un ouvrage qu'il a abordé dès 1984 à l'Opéra de Lyon puis -- déjà -- à Favart, et dont il a enregistré à cette époque une version de référence (EMI).

Sous sa direction, dans une fosse agrandie désormais adaptée au répertoire de l'Opéra-Comique, l'Orchestre révolutionnaire et romantique pétille et offre ses couleurs claires à une partition dont l'inventivité et la subtilité déstabilisèrent les amateurs d'opérette à sa création.

Sur scène, une autre formation créée par Gardiner, le luxueux Monteverdi Choir, montre dans un excellent français, à peine relevé d'une exquise pointe d'accent anglais, qu'il est toujours l'un des meilleurs choeurs au monde, même à l'opéra.

Le ténor Jean-Luc Viala est un Ouf complet, tandis que la mezzo Stéphanie d'Oustrac traduit, quoique dans un chant perfectible, la sensibilité et la mélancolie de Lazuli (rôle travesti). La Belge Anne-Catherine Gillet prête quant à elle son soprano gracieux à la princesse Laoula.

Ce spectacle sera donné sept autres fois à Favart jusqu'au 23 décembre, retransmis en direct le 22 (20H00) par France Musique, enregistré par France 2 et repris les 10 et 11 janvier au Théâtre de Nîmes.

A Favart, comme ce sera désormais la cas pour chaque production à l'affiche, "L'Etoile" suscite aussi des "rumeurs" autour de Chabrier et de ses contemporains avec une exposition, un récital, des concerts et un conte musical ("la Boîte à joujoux" de Debussy) avec Natalie Dessay (23 et 25 décembre).

© La Scène © Agence France-Presse
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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