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Vieux 13/12/2007, 14h02   #2
Eric Beauvillain
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Re : Monsieur Kolpert au Rond-Point

Personne n'étant passé, je développe le thème.

Or donc, dans une première partie, nous avons un couple qui s'ennuie et qui a décidé d'inviter une collègue de madame et son mari pour leur faire croire qu'ils venaient d'assassiner ce fameux monsieur Kolpert qui est censé être dans un coffre, là, juste sur scène.

(tout rapport avec La Corde d'Hitchckock doit pas être loin...)

On y croit, on y croit pas, on s'interroge...

Toute cette partie de tension, de jeu du chat et la souris, de l'interrogation, du j'y crois pas mais je me demande, du j'y crois mais je fais comme si non... est très sympa.

On est à fond dedans, on se demande, c'est bien joué et saupoudré de situation amusante comme la commande des pizzas fort drôle.

Puis, ça bascule.

On ouvre le coffre et on sait.

De là... L'auteur semble bien embêté parce que mine de rien, il faut finir cette pièce après ses quarante minutes ou à peu près...

Du coup, on passe à carrément autre chose. De l'émergence de ses sentiments bestiaux ou je laisse sortir le mauvais de moi...

C'est, pour moi, une toute autre pièce collée à la première sous prétexte que le thème est identique...

Bien sûr, on reparle de monsieur Kolpert dans la seconde partie mais ce n'est plus du tout ni le même sujet ni le même traitement.

Foin de la psychologie de la première partie, sombrons dans les effets spéciaux de la seconde et ses extrêmes !

Là, ça y va : on s'arrache une oreille à coup de dents, bouche ensanglantée à l'appui, on se frappe, on explose la tête d'un type à coup de porte de frigidaire, on s'éventre dans une jolie mare de sang, on pisse sur le cadavre... Y'a que le vomi sur scène que je n'ai pas vu, occupé que j'étais à regarder je ne sais plus quelle cascade ailleurs...

Tout ça pour, d'après le programme lu après, dénoncer la banalisation de la violence...

Soit...

Mais les scènes sont loin d'être banales, même pour les protagonistes qui sont ébranlés... Alors ??? Où est la banalisation ?

Dans "Elephant", oui, elle est là. Mais ici ?

Pourquoi, si c'est si banal, les survivants finissent en pleurs ????????

Et surtout, pourquoi finissent-ils à poil ???? Quel intérêt ? Tiens, je me mettrais bien nu... Ouais, moi aussi... Pas toi ? Bon, si, d'accord. Tadaaaaaaaaa...

Si toute la première partie m'a embalé, je reste circonspect face à la seconde, cette débauche Tarantinesque et cette fin nue à laquelle je ne vois qu'une justification : "eh ! t'as vu ? On peut le faire, nous ! Même pas peur ! ça te choque, hein ?".

Mitigé, donc.

Ce qui n'enlève rien à la prestation de qualité des comédiens, très juste et très au point.
Eric Beauvillain est déconnecté   Réponse avec citation