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Re : Opéra de Paris: un régime très spécial au nom de l'excellence artistique
Spectacles, finances: l'Opéra de Paris fragilisé par la grève
PARIS, 23 nov 2007 (AFP) Par Benoît FAUCHET
Déjà quatorze représentations annulées et quatre spectacles donnés en "version réduite": depuis octobre, la grève à l'Opéra de Paris contre la réforme de son régime spécial de retraite perturbe sa programmation et pourrait lui coûter cher.
Le personnel de la maison (1.680 salariés permanents) a montré son attachement à son régime spécial, l'un des plus anciens en vigueur, créé en 1698 par Louis XIV afin de préserver l'excellence artistique de la compagnie en assurant le renouvellement de ses troupes.
Le 18 octobre, date du premier jour de grève, la direction faisait état d'un mouvement "très suivi", notamment chez les artistes et les techniciens, qui peuvent partir à la retraite à 40 ans (danseurs), 50 ans (choristes) ou 55 ans (machinistes, éclairagistes...).
Entre le 26 et le 31 octobre, une nouvelle grève entraînait la suppression de dix représentations, un paradoxe pour une action suivie par seulement 5 à 10% du personnel selon la direction et boudée par les artistes, rassurés par la perspective d'une baisse modérée de leurs pensions à l'horizon 2012.
Mais l'appel du syndicat Sud au retrait pur et simple de la réforme a été bien suivi parmi les machinistes et électriciens de l'Opéra Bastille, bastion "sudiste" historique.
Sud et l'ultra-minoritaire FSU ont déposé un nouveau préavis de grève particulièrement long, courant sur 17 jours du 14 au 30 novembre.
Résultat: depuis le 18 octobre, 14 représentations ont été annulées, à une époque de l'année où la programmation de spectacles populaires (l'opéra "Tosca" de Puccini, le ballet "Casse-Noisette" de Noureev) est précisément destinée à remplir les caisses de la maison. En conséquence, la direction estime avoir perdu plus de 2,6 millions d'euros.
"Je souhaite que l'ensemble des organisations syndicales poursuivent la négociation et que les syndicats Sud et FSU réfléchissent aux conséquences d'une grève du personnel technique exclusivement sur l'avenir de la maison", déclare à l'AFP le directeur des ressources humaines de l'Opéra, Dominique Legrand.
Le personnel non gréviste ne cache pas non plus son inquiétude voire sa colère.
"Ce qui est en jeu, c'est l'équilibre financier de la maison, qui relève non de la fonction publique mais du droit privé", estime le choriste et délégué CFDT Gilles André, qui "n'exclut pas" la perspective d'une "cessation de paiements avec soit une fermeture temporaire soit des licenciements économiques".
Pour limiter les risques financiers, sachant que l'Etat n'a pas prévu d'augmenter sa subvention en 2008 (environ 110 millions d'euros sur un budget de 170 millions d'euros), la direction tente depuis quelques jours de maintenir les représentations mais dans des versions de concert ou avec des décors, costumes et éclairages "réduits".
"La direction a la volonté de sortir les spectacles coûte que coûte. Moi je trouve que donner +Casse-Noisette+ en jogging dans un décor unique, c'est proposer un spectacle dégradé et manquer de respect envers le public", estime Matthias Bergmann, délégué Sud à l'Opéra.
Des soirées a priori moroses qui peuvent cependant entrer dans l'histoire de la maison: faisant contre mauvaise fortune bon coeur, la direction de l'Opéra a nommé lundi soir une nouvelle danseuse étoile, Dorothée Gilbert, pour la récompenser de sa performance dans un "Casse-Noisette" allégé.
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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