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Vieux 22/11/2007, 13h28   #31
Amandine
Spect'acteur
 
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Re : Et balancez mes cendres sur Mickey de Rodrigo Garcia.

Bon, effectivement je suis beaucoup moins critique que Vanille sur ce coup ; même si, comme je l'ai dit plus haut, le spectacle ne m'a pas non plus bouleversée et il ne fait de loin pas partie des meilleurs spectacles contemporains que j'ai vus ces derniers temps... j'ai donc été déçue moi aussi quelque part.
Toutefois là où j'apporterai une nuance, c'est qu'en effet j'apprécie l'écriture de cet auteur, dans ce qu'elle a de plus brut et vulgaire même.
Certes il n'y a rien de nouveau à déoncer la société de consommation ou l'éloignement de la nature par l'homme, mais je trouve que la manière dont Rodrigo Garcia en parle est intéressante. Il soulève d'autres coins du tapis, en quelque sorte...
Je pense aussi qu'il est difficile d'évaluer la poésie du texte dans la mesure où nous passons par une traduction, par des sous-titres, à moins d'être bilingue espagnol.... Je ne le suis pas du tout, mais pourtant j'ai quand même apprécié les jeux de répétitions, de sonorités, et de tonalités employéés par les comédiens pour dire ce texte. Par exemple : sur le monologue concernant la pollution du lac, la comédienne finaissait toutes ses phrases par le mot "lago" dit d'une manière un peu traînante, tombante, un peu désabusée, et ça créait un étrange effet d'écho et de surenchère à tout ce qu'elle était en train de dire... C'est une des raisons pour lesquelles j'ai aimé ce monologue par exemple. Il était agréable à écouter, quand bien même on était obligé de lire pour comprendre...

J'ai trouvé également très belles les images de ce comédien et de cette comédienne imbibés de miel, tout ambrés, tout dégoulinants, entre la statue de cire fondante et la fontaine de marbre....Je ne sais pas de quoi ça m'a parlé, mais ça m'a parlé. Du rapport à la matière sans doute, puisqu'il en est question dès le départ. Du contact, tout simplement, entre un corps et une matière aussi étrange que le miel....De ce que cela peut évoquer de revenir à des choses aussi simpls...

Comme dit j'ai juste trouvé ça dommage que l'ensemble n'ait pas plus de construction pour que cela puisse nous transporter d'avantage, nous amener plus loin. Mais pour moi je ne dirais pas que c'était un moment d'ennui, loin de là...
Et avec les jours qui passent, je me demande même si cette absence de construction ne tient pas précisément à une volonté de Rodrigo Garcia de nous ramener à des éléments simples, unitaires, sans artifice et sans collage... ça marche ou ça ne marche pas, mais la démarche n'est pas si absurde que ça...
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina
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