Re : Et balancez mes cendres sur Mickey de Rodrigo Garcia.
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Je suis donc allée voir le spectacle de Rodrigo Garcia avec Amandine et Pidji et nous sommes plus ou moins tombés d'accord même si je serai plus critique qu'eux, sans doute....
Commençons par le fond, puisque c'est cela qui a beaucoup fait débat : dans un texte qui m'a paru assez pauvre du point de vue littéraire (même si Amandine ne sera pas d'accord), Garcia se lance dans une plaidoierie anti-magasins, anti-société de consommation, anti-cabanon qui vend des crêpes au bord des lacs : whaou, ça c'est de la provoc'! Il y a des gens qui achètent pour exister et en plus on pollue? Quelle révélation, depuis j'ai dû mal à m'en remettre, merci Rodrigo de m'avoir ouvert les yeux, je te kiffe.
Donc bref, sur le fond, à mon avis, rien à part une pseudo-provocation très démago qui ne vole pas tellement plus haut que du Frédéric Beigbeder, le tout exprimé dans une forme littéraire assez inintéressante de mon point de vue.
Sur la forme maintenant, on voit des sortes de saynètes juxtaposées, censées présenter des images fortes : une famille modèle dans une voiture (dont la marque est vantée sur une pleine page du programme en couleurs et avec photos, pour quelqu'un qui se positionne contre la société de consommation avouez que cela prête à rire), une petite nana qui se fait raser la tête (avec un petit scandale à la clé qui finalement va exactement dans le sens de ce que souhaitait Rodrigo Garcia : un spectateur se lève pour hurler : "Pour ceux qui ne le saurait pas, cette jeune femme a été payée 200 euros pour se faire raser la tête!", une femme répond "est-ce que Monsieur a été payé aussi?", et lui "si c'est d'une société comme ça que vous voulez..." et sort), un acteur qui se fait tartiner de miel (avec des gens que ça fait rire, ça j'ai pas compris pourquoi), des hamsters qui se font noyer, etc.
Bon voilà, je regarde ça, et je me dis "Et alors?". Rien ne me choque, rien ne me touche, rien ne m'évoque quoi que ce soit.
Les images sont creuses, vides et ne m'évoquent rien. Les hamsters qui se noient pourraient me faire penser à la survie, les corps tartinés de miel à des gens qui bouffent trop ou la femme tondue aux camps de concentration, mais non vraiment rien : je regarde ça et je m'en fiche. Ni choquée, ni en colère, ni triste, ni émue, ni même intéressée. Voilà ce que je retiendrai de Rodrigo Garcia : beaucoup d'ennui.
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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