Afficher un message
Vieux 17/11/2007, 21h18   #3 (permalink)
Vanille
Administratrice
 
Avatar de Vanille
 
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Dijon
Messages: 2 623
Envoyer un message via MSN à Vanille
Re : Des directeurs d'opéras en région redoutent un désengagement de l'Etat

Voici un article paru dans Le Monde :

Citation:
Querelle de chiffres entre la Ministre et les Opéras régionaux

Le chef d'orchestre Jean-Yves Ossonce, directeur de l'Opéra de Tours, est alarmiste. D'après lui, une directive ministérielle tendrait à affecter gravement l'avenir des Opéras français en région, notamment ceux de Tours, Avignon et Metz.

"Le ministère de la culture s'apprêterait à sucrer la subvention ministérielle des Opéras d'Avignon et Metz, dit-il, tandis que celle de Tours serait divisée par deux en 2008 puis supprimée en 2009." Parallèlement, Raymond Duffaut, conseiller artistique de l'Opéra-Théâtre d'Avignon, constatait qu'une telle décision signerait "l'arrêt de mort de nos maisons, car nous devrions supprimer plusieurs productions chaque saison". Pourtant Eric Chevallier, responsable de l'Opéra de Metz, faisait valoir que "l'activité de notre établissement lyrique correspond à la demande du ministère : nous défendons à la fois le patrimoine et la création contemporaine".

Jean de Saint-Guilhem, directeur de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS) au ministère de la culture, a réagi en assurant à l'AFP qu'"aucune directive nationale" n'était en gestation Rue de Valois et que "les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) étaient relativement autonomes dans la définition de leurs budgets".

Pourtant cette "rumeur" persistante continue de provoquer des réactions. Pierre Médecin, président de la chambre professionnelle des directeurs d'Opéra, a jugé, dans Le Figaro, la décision de couper les subventions de l'Etat "choquante, inopportune et inepte".


"GEL "DE PRÉCAUTION""


Laurent Hénart, président de la réunion des Opéras de France, par ailleurs député UMP de Meurthe-et-Moselle et maire adjoint à la culture de Nancy, a fait paraître un communiqué dans lequel il s'inquiète de "l'évolution de la politique lyrique en région" et appelle de ses voeux "une politique contractuelle de l'Etat avec les collectivités territoriales pour réduire les déséquilibres financiers dans le domaine lyrique". Et ce d'autant plus que le ministère de la culture et de la communication, a rappelé M. Hénart, consacre déjà "plus de 50 % de son budget aux établissements nationaux parisiens".

La ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, a bien été obligée de réagir. Le 13 novembre, elle a fait part de son "étonnement" devant les propos de Jean-Yves Ossonce et ceux de Pierre Médecin. Elle a précisé que "le soutien que l'Etat apporte aux Opéras en région représente depuis plusieurs années environ 10 % de leur budget" et que les crédits prévus en 2008 pour les institutions du spectacle vivant se situeront exactement au même niveau qu'en 2007, soit "265,8 millions d'euros en fonctionnement".

Sur ce total, ajoute la ministre, "25,1 millions d'euros sont destinés aux Opéras en région, soit une légère baisse à hauteur de 0,4 million, soit 1,6 % par rapport à la dotation 2007 (25,5 millions d'euros)". La ministre a reconnu que, comme tous les ministères, "celui de la culture sera soumis, en 2008, à un gel de crédits dit "de précaution" fixé à 6 % (...) qui explique les inquiétudes exprimées. Pour 2008, à ce stade, il est impossible de donner des indications budgétaires plus précises".

Pour M. Ossonce, joint au téléphone par Le Monde à Montréal, au Canada, où il dirige actuellement, il s'agit "d'un gros mensonge diplomatique. Je prends le pari que le gel des 6 % sera confirmé et s'ajoutera à la baisse de 1,6 % annoncée. Il est bien que l'Opéra-Comique, à Paris, triple son budget et soit le lieu de productions de prestige. Mais il ne faut pas oublier l'importance de notre action en régions, notamment au profit d'oeuvres rares, et cesser d'agiter le reproche du prétendu poids de nos charges fixes. Nous sommes budgétairement déjà à l'os. A Tours, l'orchestre n'est pas permanent, nous n'avons que douze choristes et payons les artistes trois fois moins qu'à l'Opéra de Lyon. Il serait bon qu'on entende vraiment notre témoignage sur la réalité de nos maisons".

La répartition du budget de l'Etat affecté aux établissements lyriques sera détaillée à la mi-décembre après discussion entre l'administration centrale et les DRAC.

Renaud Machart
Article paru dans l'édition du 18.11.07.




Vingt-sept établissements lyriques, quatre statuts
La France compte 27 établissements lyriques bénéficiant de subventions publiques (si l'on exclut le Théâtre des Champs-Elysées, considéré comme un théâtre privé quoique financé par la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique).

Ces structures - dotées ou non du label "Opéra national" (comme les Opéras de Paris, du Rhin, de Lorraine, de Lyon, de Bordeaux et de Montpellier) - se répartissent en quatre types statutaires : Opéra en régie municipale (statut de la plupart des Opéras de région comme le Théâtre du Capitole de Toulouse, les Opéras de Tours, Avignon et Metz) ; association loi 1901 (Théâtre du Châtelet à Paris, Péniche-Opéra, Théâtre impérial de Compiègne) ; établissement public de coopération culturelle (EPCC), qui réunit plusieurs entités, comme les Opéras d'Angers et de Nantes ; établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), comme l'Opéra de Vichy et l'Opéra-Comique, à Paris.
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
Vanille est déconnecté   Réponse avec citation