Bonjour.
J'arrive avec un peu de retard sur votre site... et je voudrais reprendre la discussion, si cela intéresse certains, qui a commencé à l'occasion de l'Affaire Handke.
Ou plutôt, je voulais vous informer que l'Affaire Handke n'est qu'un symptôme d'une situation qui est loin d'être terminée, et qui conserve toute son actualité.
Tout d'abord, sur le fond, ceux qui sont intéressés par la question peuvent lire, sur
www.inventaire-invention.com, "Le cas Handke". Le texte a été publié en 2003, soit trois ans avant "L'affaire". Ils peuvent lire aussi la suite, s'ils veulent comprendre ce qui s'est passé en ex-Yougoslavie, et comprendre par conséquent la position de Bozonnet et de ceux qui l'ont soutenu. Pour ma part, je l'ai soutenu. Handke n'est pas "proserbe", il s'est comporté comme un pronationaliste serbe, un protchtenik, et il s'est entêté dans cette position jusqu'à rendre hommage à Milosevic.
Mais cette cause-là est entendue.
Ce qui est intéressant, c'est la suite. L'interprétation.
Handke est remarquable symptôme de ce qui s'est passé là-bas... et ici, en France.
Notez que les critiques de Handke, qui se sont donné le mal de lire son oeuvre pour comprendre ses positions, n'ont pas eu droit à la parole dans la presse française. Notez que cela continue. Notez que ces travaux, publiés à Zagreb et à Sarajevo, recueillent l'intérêt et l'assentiment des activistes serbes, anti-Milosevic. Notez qu'aujourd'hui, Florence Hartmann est dans toute la presse, et qu'elle n'aborde toujours pas les points importants, qui permettent de comprendre ce qui s'est passé.
La séparation entre l'homme et l'oeuvre est un artifice qui permet au lecteur de conserver son confort de lecture, et de ne pas savoir de quoi il est question. Ainsi peut-il se regarder dans le miroir de l'oeuvre, sans s'interroger sur l'homme. Mais l'oeuvre est révélatrice, aussi, quand on sait lire et quand on ne se contente pas de se regarder dedans. Ce qui est extraordinaire, c'est quand on lit vraiment Handke, on comprend parfaitement la logique historique de sa position. Et on comprend, du coup, toute la guerre de Yougoslavie. C'est cela qui était intéressant à montrer. Pourquoi cette question est-elle, en France, inabordable, quinze ans après le début de cette guerre ?