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Spect'acteur
Date d'inscription: avril 2006
Localisation: Paris
Messages: 1 516
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Re : Saison 2007-2008 Ferme du Buisson
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Alors mon petit compte rendu du Fetsival Temps d'Images 2007, puisque j'ai vu quasiment tous les spectacles, et que peut-être vous serez amenés à revoir certains d'entre eux à d'autres endroits de France ou de Navarre :
- Seagull-play (La Mouette) par Enrique Diaz
Comme vous l'aurez compris, c'était selon moi le temps fort de ce festival ; un spectacle qui est vraiment impressionnant et prenant... mais je ne vais pas y revenir puisqu'il y a tout un topic ouvert à ce sujet.
- Julian Rosenfeld (une installation/ performance -théâtre -vidéo-musique) C'est un "chantier" (donc travail non achevé)
Pendant 1h20, trois acteurs-danseurs-musiciens sont couchés dans la paille qui envahit tout le plateau jusqu'aux gradins des spectateurs (physiquement et olfactivement !), à la manière des personnages de la Sieste de Van Gogh, et regardent avec nous des vidéos diffusées sur trois grands écrans en triptique au fond de la scène, qui montrent ces mêmes acteurs-danseurs en train d'effectuer des travaux agricoles dans une belle ferme à l'ancienne, tout en lenteur et en répétitions ; y surgissent des mouvements inattendus de danse, de chorégraphies : un numéro de claquettes dans la bouse de vache, la performance d'une actrice qui voit son bras "absorbé" par la terre et qui tente de l'en sortir; ou encore celle d'un danseur qui monte sur d'immenses échelles en bois brandies dans le vide, et bien d'autres.... mais sur scène, peu de mouvements : parfois un chant très agréable de la danseuse, accompagné de guitarre, dans un style country, vient accompagner en direct les vidéos ; à un moment, les acteurs nous distribuent à tous des verres de lait....L'un d'entre eux fait une sieste pendant les trois quarts du spectacle (celui qui justement danse si bien dans la vidéo).
Un spectacle surprenant donc, audacieux. J'ai adoré ce déroulement où le rythme qu'on nous donne à vivre est différent de celui, habituel, des spectacles de théâtre. Une provocation dans le fait d'être là à ne rien faire sur scène, qui m'a beaucoup séduite. Une sorte de Straight Story de la danse, qui prend le contrepied des habitudes et où l'on est obligé d'accepter cette lenteur et cette situation de contemplation...
Certains spectateurs s'impatientaient d'ailleurs ; moi je savourais cet étirement du temps...
Les artistes auraient même aimé que les spectateurs se trouvent eux aussi couchés dans la paille pour vivre ce moment ; ça ne s'est pas fait pour des raisons techniques sans doute, mais l'idée est bien là....
- L'instrument à Pression - par Véronique Bellegarde, avec Jacques Bonnaffé
Théâtre-musique-vidéo
L'histoire de l'ascension d'un trompettiste de jazz vers le progrès, le succès, puis la folie (à travers l'obsession de vouloir souffler dans sa trompette) ; des moments de jazz avec de très bons musiciens ; un univers très "boîte de jazz"; une utilisation de la vidéo un peu décorative...
J'ai trouvé ça bien, mais sans être complétement emballée.
-Electronic City par le collectif Mxm Théâtre-vidéo
Un autre moment clé de ce festival : la dernière création de Cyril Teste et du collecif mxm, à partir d'un texte de l'allemand Falk Richter. Après F(lux), le collectif poursuit sa réflexion sur notre monde moderne où l'individu se perd et perd ses repères au milieu de tous les signaux et tous les codes que la société lui envoie... Cette fois, c'est le monde des hommes et femmes d'affaire qui est interrogé. A force de passer de grande ville en grande ville dans le monde entier, cumulant les hotels imprersonnels qui se ressemblent et les indiscernables aéroports, Tom ne sait plus où ils est, qui il est, quelle est sa vie, où se trouve la femme qu'il aime, Joy... qui est elle-même perdue au fin fond d'une cafétaria d'un aéroport indéterminé, terrorisée devant une panne informatique qui l'empêche de servir des clients....Et quel film peut-on faire de ces vies ?....
La mise en scène de Cyril Teste traduit extrêmement bien l'angoisse de cet univers sans fond, une fois de plus. La réalisation technique est épatante.
J'ai vu le spectacle à sa première est ce soir-là on pouvait sentir les acteurs encore un peu "coincés" face au carcan très lourd de la tecnhique, elle-même encore fragile, même si l'ensemble était déjà très bon. Mais je sais, pour connaître un peu l'équipe, que le spectacle a déjà évolué depuis, qu'ils ont gagné un quart d'heure sur le spectacle rien qu'en resserant le rythme de jeu ; que ls spectacle a enfin pleinement pris son envol hier soir, pour la dernière du festival, alors même qu'il y a eu quelques bugs techniques....
Je retournerai le voir dans un an puisqu'ils seront programmés au théâtre Gérard Philippe de St Denis, pour constater l'évolution.
En attendant, ils seront à la fin de la semaine à Nantes (avis au gens de l'ouest !), puis au printemps près de Bordeaux.
J'avais ouvert un topic au sujet de ce spectacle, où se trouve notamment le visuel de comm'.
- Violences Commerciales, par Art Point M.
Performance théâtre-vidéo.
Un triptique là aussi. Trois grands écrans devant lesquels évoluent trois jeunes femmes, pendant qu'une quatrième, enfermée dans une petite cage transparente sur le côté, fait en boucle la lecture du conte de Cendrillon : Une jolie baby doll qui converse en slip et en débardeur blancs de choses futiles sur msn et par webcam avec une amie, et sa conversation est retransmise sur un écran derrière elle, ponctuée parfois par des photos d'adolescents et de fêtes entre amis ; une jeune fille au type "garçon manquée", elle aussi en slip, écrit sans relâche les dernières phrases du conte de Cendrillon sur un grand tableau blanc qui lui sert de sol, et dont elle tâche soigneusement d'éviter les mots déjà écrits, quitte à se tordre ; derrière elle, des images crues tirées de l'actualité mondiale ; une troisième jeune femme à la plastique de mannequin, s'habille et se déshabille sans cesse, nous présentant chaque fois ses accoutrements à la manière d'un défilé - derrière elle, des images de stars ou de modes qui défilent.
L'ensemble évolue un peu, sans réelle interconnexion d'un univers à l'autre : la jolie babydoll lâche msn pour faire quelques pas de danse, puis s'habille en tailleur noir sexy et se maquille pour devenir une sorte de vamp ou de femme fatale, qui finira par ouvrir un livre de contes.... ; l'acharnée de l'écriture finira par effacer frénétiquement tout ce qu'elle a écrit et par coller des bandes "je t"aime je t'aime" un peu partout ; la mannequin au défilé mettra des habits de plus en plus ridicules, allant jusqu'au masque de minnie, puis s'endormira en boule dans ses vêtements comme une enfant....
Un maniements de clichés, donc, sur la question du paraître, de la mode, de l'exploitation du corps de la femme, du rapport à l'enfance, et autres sujets de ce genre... mais le propos n'était pas très bien construit finalement, et c'est ce qui fait que ce spectacle ne touche peut-être pas autant qu'il pourrait. Ca n'évolue guère, ça ne "pète" pas, rien ne surprend, rien ne se construit vraiment comme réseau d'images.... Il ya juste de beaux moments plastiques et un certain savoir-faire visible.
La provocation et les revendications me semblaientt facile scette fois. D'ailleurs les jeunes femmes ne sont pas venues saluer (elles ne sont pas des potiches, quoi !!)
- Singularités Ordinaires par le Gdra Théâtre-cirque-musique-vidéo
Trois reportages sur des personnalités différentes : un vieux paysan musicien dans le sud ouest de la France, une célèbre danseuse étoile maintenant âgée qui a dévié volontairement son parcours des institutions académiques ; une jeune femme noire à la vie difficile serveuse dans un bar à Marseille...
Sur ces trois vidéos, du théâtre, de la danse, de la musique des acrobaties très impessionnante se superposent aux propos pour les enrichir, les compléter, les mettre en perspective....
J'ai bien aimé la démarche. Certains moments étaient très réussis, avec une belle intensité; l'ensemble manquait peut-être un peu de "dramaturgie", et aurait pu aller plus loin dans la construction...
Je souligne aussi les interpètes très dous : l'acrobate-danseur, le comédien-chanteur-danseur, le musicien-comédien, tous très forts.
- Comment Nancy aurait souhaité que tout ceci ne fût qu'un poisson d'avril, de Rabih Mrouhé.
Spectacle libanais - théâtre-vidéo (mais au fond je ne saurais pas bien définir à quoi correspond cette forme)
Pendant 1h30, quatre personnages assis trop étroitement sur un même canapé, nous racontent leurs quatre vie qui s'"entrcroisent dans la guerre, mais qui ont toutes la particularité d'être des vies ponctuées de multiples morts et rennaissances. Des récits absurdes, donc, sur un contexte très sérieux, qui nous font voir l'absurdité de la situation au liban, des différentes factions, des différentes religions, qui s'opposent, changent, s'entrecroisent, font mourir en masse...
Un spectacle exigeant pour nous autres européens qui connaissons (trop) mal l'état des lieux de ces pays, qui devons lire ces récits en langue arabe surtitrés, sans qu'il ya ait la moindre action ; et pourtant un spectacle plein de sens, qui dit beaucoup par cette forme simple, qui nous emmène là où il doit nous emmené : vers une grande perplexité sur les guerres humaines...
Un spectacle intelligent et très bien interprété.
- K.O.D (Kiss of Death) par Isabella Soupart - théâtre -danse -musique -vidéo
Je n'ai pas terminé le festival par le meilleur spectacle selon moi....
Ce spectacle se voulait une revisitation d'Hamlet... oueche.... à part un fils qui en veut à sa mère de s'être remarié avec le frère de son père mort et une jeune fille qui s'appelle (par moments) Ophélie, on ne voit pas trop le rapport avec la choucroute...La musique et certains dialogues de Mullholland Drive et d'autres films dans le genre thriller ou films mafieux occupent une place importante, sans autre raison que le fait, dirait-on, de vouloir s'amuser à les refaire sur scène...
De beaux moment dansés, une écriture chorégraphique intéressante certes, mais au service d'un ensemble complétement creux selon moi, et inintéressant.
Ce spectacle a donné des avis très tranchés : certains ont adoré, les autres ont détesté.... comme quoi...
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Chaque soir l'acteur vient nous redonner sa vie, qui est une maladie propre à la chair. Valère Novarina
Dernière modification par Amandine ; 22/10/2007 à 23h50.
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