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Re : Le Norvégien Arne Lygre, nouvelle conquête d'un Claude Régy sans compromis
Je ne sais pas si je suis très énervante en tout cas une chose est sûre : vous êtes très blessant.
Qui suis-je pour juger une oeuvre, me demandez-vous? Personne, juste une spectatrice assidue qui pratique la mise en scène en amateur, et j'estime que c'est bien assez. N'avons-nous pas le droit de parler de ce que nous aimons, à savoir le spectacle? Faut-il forcément être artiste soi-même pour donner son avis sur les spectacles que nous voyons?
Le spectateur serait donc là pour recevoir passivement ce qu'on lui sert, et bien non. J'ai des préférences, des démarches que j'admire, d'autres que je trouve moins intéressantes, et on en parle, c'est d'ailleurs la raison d'être de ce forum. Et Monsieur Régy ne m'a jamais remise en place de quelle manière que ce soit, donc je n'ai pas bien compris votre remarque?
D'autre part, je ne crois vraiment pas n'être centrée que sur l'émotion, même si les oeuvres d'art qui m'ont le plus marquée sont celles qui m'ont touchée. La réception de l'art est, à mon avis, un savant mélange entre intelligence et émotion, voilà tout. Si vous n'y voyez que l'intelligence, je comprends effectivement que nous ne nous comprenions pas justement.
Je pense que beaucoup de spectacles que je vois ont de grandes qualités objectives que je mets souvent en avant dans les critiques que je poste, mais après, ce qui fait la différence dans les spectacles que je retiens, c'est ce que ça m'a fait, à moi. Je reconnais ainsi que des spectacles médiocres m'ont touchée, que d'autres très bons ne m'ont rien fait, et je ne vois pas bien en quoi cela vous pose un problème.
De toutes façons, j'ai dès le début lancé cette discussion sur le mode du ressenti car, comme je l'ai dit dès le début, je reconnais les qualités de la démarche et des spectacles de Claude Régy mais quelque chose me gêne, quelque chose que je n'arrive pas à définir, quelque chose qui m'empêche de vraiment l'aimer.
Et c'est pour éclaircir cette question de mon désamour pour Claude Régy que j'ai lancé cette discussion! Je ne vois donc pas en quelle mesure vous pouvez être surpris...
Au vu de l'émotion que dégage votre post, énervé que vous êtes que je n'aime pas Claude Régy (et je comprends que vous le soyez), je ne suis pas sûre que vous soyez vous-même si objectif.
Je n'ai jamais dit que mon jeune âge constitue un avantage, et si j'ai lancé cette discussion c'est bien parce que j'espérais qu'on me propose un discours autre que celui que j'attendais.
C'est ce que vous avez fait et je vous en remercie. Maintenant, si vous estimez que je ne sais que porter des jugements péremptoires et que je mérite qu'on me donne des leçons, mieux vaut s'arrêter là.
Je suis là pour discuter d'égal à égal et suis vraiment déçue que cette discussion tourne au champ de bataille : me diriez-vous tout ce que vous me dites si j'étais en face de vous? De grâce, essayons de rester aimable, je suis là pour essayer d'apprécier Claude Régy, je vous l'ai dit...
Si j'étais aussi péremptoire que vous le dites, vous croyez vraiment que j'essaierai? Ne croyez-vous pas que je serai partie en plein milieu de Melancholia Theatre en faisant du bruit pour ensuite conspuer Claude Régy dans tous les endroits où l'on parle théâtre? En tout cas, si notre discussion initiale me donnait envie d'en découvrir davantage sur la démarche de cet artiste, j'ai maintenant plutôt envie de m'arrêter là : car le théâtre, quoique vous en disiez, est aussi une question d'envie, de désir, de subjectivité.
Effectivement, puisque je n'ai pas le droit selon vous de parler d'art, mieux vaut éviter de continuer. Peut-être faut-il mieux que nous parlions d'Homme sans but et non de l'oeuvre de Claude Régy dans son entier, nous pourrons ainsi fonder cette discussion sur quelque chose de plus concret.
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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