Bonjour Denys,
Je n'aime pas qu'on me crie dessus, même quand c'est par écrit

, alors je propose que nous reprenions notre conversation sur le ton initial qui me convenait beaucoup mieux....
J'ai dû mal m'exprimer concernant le renouvellement que j'attends d'un artiste.
Evidemment que je n'attends pas qu'Ariane Mnouchkine monte du boulevard et que Marthaler se mette à la sculpture....
Je suis tout simplement peu sensible à certaines démarches d'artistes qui semblent suivre une trajectoire linéaire voire semblent faire du surplace. J'ai ainsi une sensation de facilité autant que l'impression qu'ils se sont enfermés dans quelque chose... J'attends aussi d'un spectacle qu'il me surprenne, et si je citais Olivier Py c'était justement parce qu'après avoir vu 7 ou 8 spectacles de lui j'ai l'impression que beaucoup se ressemblent et qu'au dernier (
Hommage à Jean Vilar) je suis sortie en me disant "bon ben c'était du Py".
Pour prendre un autre exemple, je ne sais pas si vous connaissez Claude Viallat, cet artiste peintre qui peint le même motif depuis une trentaine d'années et dont je vous mets deux images :

(Désolée c'est un timbre mais bon...)

Sa démarche touche beaucoup de gens dans le sens où elle a quelque chose de presque ascétique et d'obstiné, mais pour ma part, cela ne me touche pas du tout, j'ai vraiment une sensation de facilité et de routine.
Je ne sais pas si Claude Régy a cette même démarche car je n'ai vu que deux de ces spectacles : c'est très peu, je sais, mais je suis encore bien jeune.
Ce que je voulais dire, c'est que ces deux spectacles semblaient appartenir à une sorte de dyptique.
Vous semblez faire partie des personnes, enfin je crois, qui aiment suivre le cheminement d'un artiste qui approfondit sa démarche d'oeuvre en oeuvre ; je pense que je préfère ceux qui vont davantage dans l'inconnu.
C'est par exemple ce qui m'avait frappée dans les quatre spectacles que j'avais vus de François VERRET et qui ne semblaient pas avoir été fait par la même personne, même si l'on y retrouvait quelques images communes. Je crois que ce sont tout simplement deux positionnements différents (parmi un tas d'autres postulats possibles) et que l'on peut être moins sensible à l'un ou à l'autre.
Vous dites qu'aimer un artiste c'est le suivre sur la durée. J'ai aussi le sentiment de ne pouvoir apprécier Claude Régy que sur le long terme, après avoir vu plusieurs de ses spectacles. C'est bien parce que j'ai le sentiment d'être passée à côté de son art que je lançais cette discussion et que j'irai voir
Homme sans but... Mais justement, ce que j'ai vu jusqu'a présent de Claude Régy ne m'a pas donné envie de l'aimer. Je n'ai pas aimé les deux spectacles que j'ai vus de lui, et pourtant je ne désespère pas et irai en revoir d'autres : ne m'accusez donc pas de consommation...