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un opéra romain du XVIIe siècle retrouve son éclat baroque originel
A Caen, un opéra romain du XVIIe siècle retrouve son éclat baroque originel
CAEN, 17 oct 2007 (AFP)
Eclairage à la bougie, chanteurs masculins même pour les rôles de femmes, costumes historiques, gestuelle étudiée: l'opéra sacré "Il Sant'Alessio" de Stefano Landi, compositeur romain du XVIIe siècle, a retrouvé mardi soir à Caen un éclat baroque digne de ses origines.
Cette nouvelle production sera donnée à nouveau jeudi et samedi au Théâtre de Caen sous la direction musicale du Franco-Américain William Christie, à la tête de son ensemble baroque Les Arts Florissants, et dans une mise en scène du jeune Benjamin Lazar.
Ce spectacle-événement est promis à un bel avenir: donné en version de concert à Londres (24 octobre) et New York (28 et 29), il retrouvera la scène les 21, 23 et 24 novembre au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, en 2008 à Nancy (24-30 janvier) puis Luxembourg (14 et 16 février) et à Genève en 2011.
La représentation programmée jeudi soir (20H00) à Caen sera même retransmise en direct sur internet (normandie.france3.fr), une première en France et un heureux paradoxe puisque l'innovation concerne ici un spectacle esthétiquement proche de ce qu'était l'oeuvre à sa création.
C'était en 1632: la puissante famille Barberini, dont un des membres était devenu pape neuf ans plus tôt sous le nom d'Urbain VIII, accueillait dans le théâtre de son palais la première représentation d'"Il Sant'Alessio" de Stefano Landi (1587-1639) sur un livret de Giulio Rospigliosi, futur Clément IX.
En pleine Contre-Réforme, ce drame sacré mettait logiquement à l'honneur un saint, Alexis, fils de sénateur au Ve siècle qui préféra renoncer aux plaisirs du monde terrestre pour vouer son âme au ciel, laissant une famille accablée de chagrin.
Devenu le petit prince de la scène baroque depuis son "Bourgeois gentilhomme" en 2004, Benjamin Lazar, 30 ans, réunit tous les ingrédients nécessaires pour faire de ce "grand sermon animé", selon ses mots, un captivant moment de théâtre lyrique.
La Rome monumentale chère au Bernin est évoquée dans ces pans de maisons ou palais qui se plient et se déplient au gré de l'action. Les costumes, colorés, sont variés pour habiller le patricien, le mendiant ou deux pages très bouffe tout droit issus de la commedia dell'arte. Même le carnaval qui animait Rome à l'heure de la création s'invite sans faute de goût sur ce plateau pour lequel l'éclairage partiel à la bougie, au sol, en fond de scène (brasier diabolique) ou en hauteur, fait office de superbe liant visuel.
Christie dirige en fosse de ses claviers (clavecin, orgue et régale) une partition nourrie d'un style récitatif éloquent -- mais aussi de choeurs solides et de poignants passages a cappella -- et qu'il connaît sur le bout des doigts, pour l'avoir déjà jouée il y a 25 ans et l'avoir enregistrée en 1995 (Erato/Warner).
La distribution mixte du disque a laissé place à un plateau conforme à celui de la création (castrats exceptés), c'est-à-dire sans femmes (elles n'avaient pas le droit de monter sur scène à Rome en 1632).
D'où un nombre exceptionnel de (neuf) contre-ténors, travestis (l'épouse ardente et pure du Croate Max Emanuel Cencic, la Mère façon Mamma de l'Espagnol Xavier Sabata) ou non (Philippe Jaroussky, tout en finesse dans le rôle-titre), et portant l'ambiguïté d'un opéra où le sacré n'étouffe pas toute sensualité.
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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