Gallotta renoue avec ce "Cher Ulysse"
|
|
A Chaillot puis en tournée, Gallotta renoue avec ce "Cher Ulysse"
PARIS, 17 oct 2007 (AFP)
Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta renoue avec son thème obsessionnel d'Ulysse pour une quatrième version, "Cher Ulysse", à la fois fidèle et renouvelée et qui se veut moins optimiste, au Théâtre national de Chaillot à Paris puis en tournée.
Ce ballet à l'unique couleur blanche -- tenues des danseurs, immenses voiles pliées entourant la scène, lumière crue -- a été présenté en 1981 comme l'une des premières oeuvres de la "nouvelle danse" française.
"D'un art qui était réservé aux mémères, j'ai fait un rêve éveillé, une suite d'émotions", disait à l'époque le jeune chorégraphe grenoblois.
Qu'en est-il vingt-six ans après? Peut-être moins d'émotions et une impression de déjà vu, mais une danse qui transmet toujours au public le plaisir, l'énergie des danseurs, dont le nombre est passé de huit à quatorze, joyeux mélange de tailles, gabarits et générations.
La doyenne de la compagnie, Françoise Bal-Goetz, est là, et Gallotta lui-même intervient, un petit tabouret à la main pour s'asseoir et regarder ses danseurs, et un haut parleur pour déclamer son message: "la mélancolie ne passera pas".
C'est la quatrième fois que le chorégraphe met en scène son Ulysse depuis 1981. Il y a eu 1993 et 1995 avec le Ballet de l'Opéra de Paris.
La pièce initiale était conçue en référence mais aussi en rupture avec le modèle américain que Gallotta avait connu dans son long séjour à New York, qui lui avait fait découvrir Merce Cunningham et Alwin Nikolais.
De retour à Grenoble avec sa compagnie, il avait monté des spectacles "underground" dans la rue et les usines désaffectées, puis le ludique "Ulysse", tout de sauts et courses.
Aujourd'hui, la musique de Strigall est plus stridente, violente, la lumière "s'est grisée", Gallotta dit de son personnage qu'il s'est "urbanisé".
L'Odyssée est peut-être achevée.
Le spectacle devait être donné une dernière fois mercredi soir à Chaillot, puis à la MC2 à Grenoble (23-26 octobre), à la Comédie de Clermont-Ferrand (26 mars), à la Maison de la culture d'Amiens (6 mai) et au Bateau feu à Dunkerque (3 juin).
En outre, la Cinémathèque de la danse à Paris consacrera jeudi soir une "carte blanche" à Gallotta, invité à "montrer les images qui lui tiennent à coeur".
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
|