Re : Le Norvégien Arne Lygre, nouvelle conquête d'un Claude Régy sans compromis
|
|
Bonjour Denys,
Et merci pour votre réponse. Je suis justement en train d'écouter une émission sur France Inter où Claude Régy est invité et essaie de me plonger dans son univers...
En fait, pour vous raconter mon expérience de Claude Régy, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler en cours lorsque j'étais en fac de théâtre avec une prof qui était allée jusqu'à se rendre une douzaine de fois au même spectacle de Claude Régy!
C'est à cette occasion que je l'avais rencontré, et c'est vrai que je l'avais trouvé un peu désagréable, réagissant très vivement si on lui posait des questions un peu rebrousse-poil...
En fait, tout ce que vous expliquez, je l'entends bien et ai eu l'occasion de me le dire lors des deux représentations que j'ai vues.
Je reconnais le travail, le caractère inédit de la démarche et des atmosphères créées...
Mais en fait, ce qui me dérange profondément, c'est que j'ai l'impression que ses spectacles se ressemblent et qu'il colle la même recette à chacun d'entre eux (encore une fois, juste pour les deux que j'ai vu).
Dans Melancholia Theatre et Comme un chant de David, il m'a semblé que la diction était la même d'une représentation à l'autre, comme si on appliquait exactement la même mise en scène à deux textes différents...
Oui, c'est vraiment cela qui m'ennuie, je trouve que sous couvert de mettre le texte en valeur, Régy l'aplatit considérablement.
Alors certes, il veut faire travailler le spectateur, mais je trouve qu'il le fait travailler de manière limitée : ok, me concentrer sur un texte débité avec lenteur pendant deux heures, je sais faire. Mais je n'en retire rien...
Entendons-nous bien, je ne suis pas énervée par les cérémonies de Claude Régy (j'emploie ce mot sans critique, car je trouve qu'il y a du rituel dans ses spectacles), mais je n'ai pas l'impression d'en ressortir grandie ni chamboulée ni rien.
Pour Un Chant de David, je n'ai rien ressenti à part beaucoup de fascination pour les cinq minutes qui précédaient le spectacle quand, alors que les lumières étaient éteintes, les spectateurs chuchotaient. La disposition de la salle en quadri-frontal rendait les chuchotements complètement irréels et je me suis sentie transportée ailleurs. Mais après, j'étais bien clouée sur ma chaise à me concentrer pour écouter un texte qui me passait un peu au-dessus.
Mon expérience de Melancholia Theatre est différente : j'avais 15 ans, je ne savais pas ce que j'allais voir et, si j'avais beaucoup aimé les 30 premières minutes, j'avais fini par faire une sorte de crise d'angoisse, ou de claustrophobie, je ne sais pas.
En gros j'avais eu l'impression que j'allais mourir dans cette salle et que je n'en sortirai jamais!...
Très étonnante cette sensation, je n'ai jamais été aussi soulagée en quittant une salle de spectacle. Rien que pour cela, je me dis que oui, Claude Régy a quelque chose de spécial, mais j'ai tellement l'impression de passer à côté... Je connais bien la démarche, j'aime bien le travail, mais ça ne me touche absolument pas...
__________________
Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
|