Souvenirs de Paris et autres petits plaisirs
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Souvenirs de Paris et autres petits plaisirs
Compagnie Rime en scène.
J'ai vu ce spectacle mardi dernier à la Péniche Antipode amarrée Quai de Seine, dans le 19e arrondissement de Paris. J'y avais été conviée par Amandine qui est comédienne et co-conceptrice du spectacle.
J'y allais un peu reculons : contente de voir Amandine pour la première fois d'autant qu'elle nous avait parlé de son travail, mais un peu apeurée par le concept du spectacle.
La poésie au théâtre est en effet un exercice de style qui me semble difficile à réaliser et j'ai souvent été déçue de ces spectacles où on écoute le premier poème puis... plus rien.
Rien de tout ça avec Rime en scène : le spectacle dure plus d'1h30 et l'on ne voit rien passer. La sélection de poèmes autour de Paris et des petits plaisirs de la vie (surtout la nourriture, en fait!) est très cohérente et semble couler de source. Les poésies sont mises en scène avec beaucoup d'inventivité et tout semble s'enchaîner naturellement.
On écoute les textes avec beaucoup d'attention (c'est tellement rare!) car les deux comédiennes ne se sont pas laissées impressionner par ces très beaux textes.
Elles s'en sont en effet emparées comme d'un matériau sujet au jeu mais jamais prétexte à leur propos pour autant.
On redécouvre ainsi certains textes, bien loin du ton docte de nos professeurs de français... Ceux qui ont déjà entendu des poèmes lus par leurs auteurs eux-mêmes ou des profs de français me comprendront aisément : honnêtement il n'y a rien de plus ennuyeux et ces lecteurs finissent par aplatir et enlaidir les textes à force de trop de respect.
Les comédiennes de Rime en Scène jouent vraiment avec ces textes et, comme me le disait Amandine après le spectacle, certains ne doivent pas apprécier ce jeu en le prenant pour un manque de considération pour l'oeuvre. Moi j'ai trouvé ça au contraire extrêmement respectueux de ces textes qui ne m'ont, pour certains, jamais paru aussi beaux.
Après, j'aurais peut-être une petite critique si je peux me permettre, Amandine : certaines choses sont parfois un peu trop systématiques et l'on sent un peu que vous réutilisez quelquefois quelques recettes.
On sent que vous avez beaucoup travaillé pour des enfants et l'on aimerait parfois moins de sourire l'une vers l'autre, plus de gravité, plus de dissonnance peut-être...
Par exemple, si vos chansons sont très agréables à entendre, peut-être serait-il intéressant que vous ne chantiez pas ensemble mais en décalé (une en alto et une en soprano par exemple) pour éviter qqch de systématique pour ces tours de chant que vous concevez souvent de la même manière, face public en vous regardant l'une et l'autre régulièrement en souriant.
Mais il ne s'agit que d'une petite critique destinée à peut-être vous aider dans votre travail à venir car, d'après ce que j'ai pu comprendre, vous avez beaucoup de succès!
C'est même la première fois que j'entends parler d'une commande d'un tiers dans le spectacle vivant, je trouve ça génial.
Bon vent pour la suite, et je tiens encore à féliciter Amandine pour son interprétation du Pont Mirabeau d'Apollinaire, magnifique malgré le caractère périlleux de l'interprétation d'un poème rebattu...
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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