Re : "L'Acte Inconnu", Valère Novarina
|
|
Oui, bien entendu, je ne renie pas l'existence de lieu d'exception, d'ailleurs, font-ils vraiment exception, car il y en a beaucoup.
On a abordé de nombreuses fois ce problème de théâtre populaire ou non, on objecte depuis des années au festival d'Avignon l'esprit populaire de Vilar, Titof cette année dans le off, c'etait le theatre populaire de vilar, et pas Novarina qui est de la branlette intelectuelle. Voilà où est une partie de la crise de la culture au niveau du spectacle vivant : à ne pas se poser les bonnes questions, on en est, aujourd'hui, pour une majorité des gens, à mettre sur le même pied d'égalité Vilar et Titof. C'est quoi le theatre populaire aujourd'hui? Titof, Palmade, et plein d'autres, et celui d'hier, Vilar etc...Je ne me prononce pas en terme de qualité, chacun aime ce qu'il veut, là n'est pas le pb. Le pb qu'on definit en tant que "crise", c'est la masse, la majorité : j'ose espérer que certains, s'ils arrivent à suivre mon pietre raisonnement tiré de multiples lectures, sont d'accord avec moi : c'est une énorme absurdité de dire que Vilar et Titof c'est la meme chose : du theatre populaire. Mais nous sommes une minorité, faut pas se leurrer... Pour la majorité, qd on voit du Novarinna, on se demande ou est passé l'esprit du theatre populaire de Vilar. Aujourd'hui, le populaire, c'est le one man show. La minorité peut elle vaincre la majorité? je ne le pense guère. Ce n'est d'ailleurs pas un combat. Ni une resistance ou une lutte. Il faut juste tenter de faire passer un message, essayer de communiquer : chacun est libre d'aimer ce qu'il veut, d'aller où il le désire, il n'y a pas de degrés de valeur dans tout ça. Il faut juste tenter de réfléchir un peu, juste un petit peu, avant de parler et de sortir des énormités. L'esprit de Vilar est tjs là, mais pas où on le croit stupidement. La culture et le loisir ne sont pas la même chose. Si on arrive a accepter ça, alors on a une chance de s'en sortir. Sinon, effectivement, la culture ne sera plus qu'un bien de consommation. On est presque arrivé au bout de ce processus d'anéantissement. Mais il n'est pas trop tard tant que nous aurons encore la capacité de communiquer.
Et là, on en arrive à un paradoxe énorme, à savoir que la communication aujourd'hui, c'est internet. C'est surement le plus grand exemple de la société de consommation qui nous offre pourtant un des moyens d'expression libre le plus grand...
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance.
|